• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
Coupe sagittale de cerveau de raton représentant la distribution d’un acide gras polyinsaturé, l’acide docosahexanoïque ou DHA dans les différentes zones cérébrales (rouge, très concentré ; bleu, peu concentré).  Les ratons sont nourris avec des préparations artificielles supplémentées en acides gras polyinsaturés. © Imabiotech

Préparations infantiles : impact de la composition lipidique sur l’activité cérébrale

Une préparation infantile est une source indispensable d’acides gras pour le nouveau-né et sa supplémentation en acides gras essentiels est aujourd’hui envisagée. Des chercheurs de l’Inra, d’Aix-Marseille Université et de Lactalis Recherche et Développement montrent que cette supplémentation est nécessaire pour amener l’activité cérébrale du rat nouveau-né au niveau de celle des rats allaités. Cela s’accompagne d’une modification de la composition et la répartition de certains lipides dans le cerveau. Publiés le 1er septembre 2018, dans la revue The Faseb Journal, ces résultats ouvrent des perspectives d’intérêt pour formuler des laits infantiles humains.

Mis à jour le 06/09/2018
Publié le 06/09/2018

Approprié pour répondre aux besoins du nourrisson en croissance, le lait maternel humain peut être remplacé par des préparations infantiles quand l’allaitement fait défaut. Laits maternel et préparations infantiles doivent apporter au nourrisson les acides gras qui lui permettent de fabriquer des lipides plus complexes, essentiels pour le développement de son cerveau et sa vision. Aujourd’hui il est recommandé que les préparations infantiles contiennent deux acides gras particuliers, l’acide docosahexanoïque (ou DHA) et l’acide arachidonique (ou ARA). Une supplémentation dont les chercheurs de l’Inra, d’Aix Marseille Université et de Lactalis Recherche et Développement ont analysé l’intérêt chez le rat, explorant la biochimie et le fonctionnement de son cerveau et de sa rétine à une échelle sans précédent.

De l’impact de la supplémentation en acides gras

Les scientifiques ont nourri artificiellement des ratons jusqu'au sevrage, leur proposant des préparations infantiles dont la matière grasse de type végétal pure ou mix laitier et végétal était supplémentée ou non en DHA et ARA, en proportions indiquées pour l’alimentation humaine.

Combinant techniques d’imagerie et analyses des lipides, ils ont mis en évidence que l’activité cérébrale des ratons est influencée par leur alimentation. Seule la supplémentation en DHA et ARA, mimant la composition du lait maternel, permet d’observer chez les ratons une activité du cerveau dont le niveau est comparable à celui des animaux nourris sous la mère. Cette normalisation va de pair avec celle de la concentration en DHA dans le cerveau, mais aussi dans la rétine, un autre tissu nerveux d’importance. Plus encore, en utilisant des nouvelles technologies de lipidomique, les chercheurs ont révélé que la supplémentation affecte le contenu en une sous-population de lipides complexes, notamment des phospholipides à sérine qui lient le DHA et jouent un rôle majeur dans le fonctionnement des neurones. Enfin et pour la première fois, en utilisant des technologies d’imagerie de pointe, ils sont parvenus à visualiser parfaitement la molécule de DHA dans toutes les zones du cerveau. Ils ont ainsi révélé que la répartition de cette molécule dans certaines zones cérébrales (cortex, diencéphale, noyaux cérébraux, mésencéphale) est affectée par l’origine des lipides des préparations infantiles (matière grasse végétale ou mix végétal et laitier). Il convient maintenant d’en évaluer toutes les conséquences fonctionnelles à court et moyen terme.

Ces travaux mettent en évidence l’intérêt, pour l’activité cérébrale des jeunes rats, d’ajouter deux acides gras oméga 3, l’acide docosahexanoïque (ou DHA) et oméga 6, l’acide arachidonique (ou ARA) aux préparations lactées. Toutefois, en même temps que l’ajout de ces deux acides gras polyinsaturés pour mimer le lait maternel, il convient également de prendre en compte l’origine de la matière grasse qui sert à fabriquer ces formules. Ces résultats ouvrent des perspectives intéressantes en matière de formulation des préparations infantiles humaines dont la composition est encadrée par la réglementation européenne.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Jean-Charles Martin (04 91 29 40 94) Centre cardiovasculaire et nutrition (Inra, Inserm, Aix Marseille Université)
Contact(s) presse :
Inra service de presse (01 42 75 91 86)
Département(s) associé(s) :
Alimentation humaine
Centre(s) associé(s) :
Provence-Alpes-Côte d'Azur

Reference

A combination of lipidomics, MS imaging, and PET scan imaging reveals differences in cerebral activity in rat pups according to the lipid quality of infant formulas

Nacima Aidoud, Bernadette Delplanque, Charlotte Baudry, Cyrielle Garcia, Anais Moyon, Laure Balasse, Benjamin Guillet, Claudine Antona, Dominique Darmaun, Karl Fraser, Sega Ndiaye, Pascale Leruyet, and Jean-Charles Martin.

The FASEB Journal 2018 32:9, 4776-4790.