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Reportage photographique pour l'ouvrage «L’art d’acclimater les plantes, le jardin de la Villa Thuret» de Catherine Ducatillion et Landy Blanc-Chabaud, aux Editions Quae. © INRA, SLAGMULDER Christian

La villa Thuret : un beau jardin au service de la science

Le jardin botanique de la Villa Thuret est un arboretum d’une richesse exceptionnelle qui joue un rôle de réservoir de biodiversité végétale. C’est aussi un laboratoire d’étude des mécanismes d’acclimatation des arbres, sujet de fort enjeu dans le contexte du changement climatique.

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 05/07/2017
Publié le 15/05/2014

Le jardin et la villa, situés près du Cap d'Antibes, (photo 1) ont été créés en 1857 par Gustave Thuret (1817-1875), algologue et botaniste reconnu. En 1877, le jardin est donné à l’Etat français, puis confié en 1927 à l’Institut qui deviendra l’Inra en 1947. Depuis le 1er janvier 2012, le jardin a le statut d’unité expérimentale de l’Inra.

 Les Myrtaceae (eucalyptus par exemple), Les Proteaceae (macadamia…) ou les Malvaceae (hibiscus…) sont quelques exemples de familles d’arbres rares que l’on peut admirer en arpentant les 3,5 hectares de l’arboretum Thuret (photos 2 et 3).

Ces arbres originaires de pays lointains et introduits à partir du 19e siècle servent de modèles pour acquérir des données sur l’acclimatation (photo 4).

La perte de l’écorce (photo 5) est l’un des traits qui caractérise l’état physiologique de l’arbre et peut permettre de mesurer les effets du changement climatique.

 Certaines essences sont étudiées pour trouver de nouveaux produits utiles. Par exemple, un arbousier originaire du Bassin méditerranéen oriental (photo 6) pourrait être utilisé dans les aménagements périurbains et les parcs forestiers car il combine des qualités ornementales, une résistance à la sécheresse et à la canicule, et la qualité de son bois.

 Au total, le jardin compte 1 250 espèces ligneuses réparties dans 150 familles botaniques (photo 7). Ici, les végétaux se développent librement, sans taille, sans arrosage et sans traitement chimique. Car l’objectif est de tester la capacité des plantes introduites à tolérer les conditions naturelles locales (climat, sol…).

 Aux côtés de ces collections vivantes, un herbier et une bibliothèque historiques (photo 8) ainsi qu’un ensemble d’archives (notes et correspondances sur les travaux d’acclimatation, fichiers, plans…) complètent ce patrimoine biologique.

 Le jardin botanique de la Villa Thuret est ouvert au public. Chaque plante porte une étiquette avec son nom latin et son nom commun, sa famille et son origine géographique (photo 9). En 2013, l’équipe de botanistes de l’Inra et leurs partenaires ont accueilli 12 000 visiteurs en visite libre ou organisée.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Le jardin, terrain d'expériences

L’Unité expérimentale, dirigée par Catherine Ducatillion, ingénieur à l’Inra, entretient, gère et valorise les collections du jardin botanique historique. « Nous étudions l’adaptation d’arbres ayant un intérêt pour la production de bois de qualité, de biomasse, de biomolécules ou le maintien d’un couvert forestier », explique Catherine Ducatillion. « La stratégie d’acclimatatiomn a changé avec l’évolution des connaissances, poursuit la chercheuse,  nous sommes en mesure de mieux choisir les espèces, voire les provenances à introduire, en tenant compte de la variabilité génétique. Nous allons aussi renforcer les observations du cycle végétatif des arbres en fonction des saisons, dans le cadre de l’étude du changement climatique. Ces dix dernières années, nous avons par exemple mis l’accent sur l’introduction de chênes venus du bassin méditerranéen oriental ou d’Amérique centrale ».

Voir aussi le reportage sur la villa Thuret avec Catherine Ducatillion.