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Faire du blé avec moins d'intrants

Les efforts de création variétale de l’Inra et sa filiale Agri-Obtentions ont conduit à inscrire au cours de l’année 2010, quatre nouvelles variétés de blé tendre au catalogue officiel français, chiffre exceptionnel en regard du rythme moyen d’inscription (moins d’une variété par an). Ces variétés, qui cumulent rusticité et qualité, ont été obtenues grâce à un programme financé par l’Inra et sa filiale depuis huit ans.

Blé tendre d'hiver. © WEBER Jean
Par Odile Bernard
Mis à jour le 04/02/2013
Publié le 15/06/2011

L’un des objectifs des chercheurs du département Génétique et amélioration des plantes de l’Inra est de créer de nouvelles variétés sur des créneaux d’intérêt collectif, mais intéressant aussi le secteur privé. En octobre dernier, ils ont obtenu l’inscription au catalogue français (1) de trois variétés Inra (Flamenko, Folklor et Musik), et une variété Agri-Obtentions (2) (Karillon). Ces quatre lignées présentent chacune une ou plusieurs caractéristiques intéressantes pour les conduites à intrants réduits.

L'Inra conduit depuis longtemps des recherches sur la sélection du blé tendre pour répondre à l’enjeu de réduction des intrants. Le blé, première culture française avec 5 millions d’hectares, est en général produit dans des systèmes agricoles intensifs (3). Ces pratiques ont permis une augmentation spectaculaire de la production, faisant de la France le cinquième producteur mondial et le second exportateur en 2010, avec un rendement moyen de 71.3 q/ha, l’un des plus élevés au monde. Néanmoins, elles sont de plus en plus questionnées, du fait du coût énergétique des intrants, des pollutions engendrées (nitrates, gaz à effet de serre) et parfois des résidus dans les produits alimentaires. Elles sont en particulier remises en cause par les objectifs du plan Ecophyto 2018 (-50% de pesticides, si possible, en 10 ans), et par l’exigence européenne d’atteindre en 2015 ­« le bon état écologique des eaux ».

A l'objectif historique de création de génotypes multirésistants aux mala­dies, s’ajoute actuellement la problématique de la valorisation de l'azote et, progressivement, celle de l’adaptation au changement climatique.

Les quatre nouvelles variétés permettent une intéressante diversification de la gamme des variétés rustiques proposées aux agriculteurs (notamment en termes de précocité). Elles donneront plus de possibilités aux agriculteurs pour réduire l’utilisation des fongicides et de l’azote en maintenant ou en améliorant la marge brute des cultures de blé tendre. Les efforts ne s’arrêtent pas là. Les qualités de rusticité peuvent encore être améliorées, pour des systèmes de culture économes en intrants et résilients vis-à-vis des stress hydrique et climatique. C’est pourquoi les programmes de croisements et de sélection, désormais aidés par les marqueurs moléculaires, se poursuivront dans le nouveau projet 2011-2014 « Blé tendre HPEE » (hautes performances économiques et environ­nementales).

Plus de résistances, moins d'intrants

Les quatre lignées Inra ont passé avec succès les épreuves d’inscription au CTPS en 2009 et 2010 :

• Folklor : classée première en zone Nord, classée BPS (Blé Panifiable Supérieur), bonus pour sa résistance à la septoriose*.

• Karillon : classée BPS en zone Nord, bonus pour sa résistance au piétin-verse.

• Musik : classée BPS , deux bonus pour sa résistance au piétin-verse et au virus de la mosaïque.

• Flamenko : classée BP (Blé Panifiable) en zone Sud, bonus pour un faible écart de rendement entre conduites « traité » et « non traité ».

* Maladie contre laquelle il est difficile de lutter, car le champignon qui en est la cause est devenu résistant à plusieurs matières actives de fongicides.