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Trois hommes et une sphère végétalisée

Le Centre Inra de Versailles-Grignon abrite une œuvre architecturale originale : une sphère végétalisée née de la rencontre d’un président de centre, d’un artiste et d’un serriste expérimenté. Une réalisation à la fois symbolique et technique à découvrir.

Sphère végétalisée de l'Inra de Versailles. © inra, NICOLAS Bertrand
Mis à jour le 03/03/2014
Publié le 15/12/2012

Deux cents mètres de tuyaux spiralés, vingt espèces de plantes, mais seulement cinq litres d’eau et une demi-cuillère à soupe de solution nutritive par jour, telles sont quelques-unes des caractéristiques de cette sphère végétalisée.

Un rêve vert et fou de quatre mètres de diamètre installé depuis janvier 2012 au cœur du Centre Inra de Versailles-Grignon au sein d’un bâtiment dédié à l’appui administratif à la recherche. L’affirmation pour Pierre-Henri Duée, alors président du Centre (2008-2012), que l’imbrication de toutes les compétences et métiers de l’Inra constitue l’un des « tickets gagnants » en recherche. Ce globe végétal ne vient-il pas d’ailleurs au bon moment puisque l’Inra affirme, encore plus aujourd’hui, son ambition internationale pour relever des défis qui concernent la planète ?

 

Une collaboration fructueuse

C’est en 2010, comme le rappelle Jean-Philippe Poirée-Ville, architecte-paysagiste que débute ce projet d’intérieur, inspiré du Mysterium Cosmographicum de l’astronome allemand Johannes Kepler (1596) et de l’Univers chiffonné de Jean-Pierre Luminet, astrophysicien français contemporain.

Mais c’est dès 2004 que Jean-Philippe pousse la porte du Centre pour venir parler nutrition végétale. Il rencontre alors Jean-Pascal Meunier, ingénieur responsable des serres expérimentales de l’Institut Jean-Pierre Bourgin, une unité du Centre consacrée à la recherche sur le végétal. Celui-ci « accroche immédiatement » avec l’originalité des réalisations de Jean-Philippe. En 2005, ce sera un dispositif de quinze lianes végétalisées mettant déjà en œuvre un système de culture hydroponique (ou culture hors-sol) qui trouvera sa place sur les terres de l’Inra à l’ombre des tilleuls du Parc du Château de Versailles. Aujourd’hui, de nouvelles perspectives s’annoncent autour d’un végétal qui urbanise et humanise.

 

Un défi technique sans cesse renouvelé

A la croisée des recherches actuelles menées par les équipes du Centre sur le végétal - des travaux fondamentaux sur le fonctionnement des plantes, jusqu’à l’établissement de nouveaux systèmes et pratiques agricoles, à la fois productifs et durables - et de travaux plus anciens sur l’hydroponie, cette sphère n’est pas sans rappeler le lien entre la démarche de la création artistique et celle de la recherche.

D’ailleurs, Jean-Pascal Meunier y retrouve les défis techniques qu’il affectionne et auxquels il est confronté dans ses activités professionnelles : une grande liberté d’expression qui a pour contrepartie des contraintes techniques fortes (contrôle et gestion de l’éclairage, de l’apport de nutriments, cohabitation entre les végétaux).

Au quotidien, ce globe végétal est ­l’objet de toutes les attentions : un coup d’œil pour les plantes, un contrôle pour la solution nutritive qui circule, en circuit fermé, entre les tuyaux et le bac de rétention et une pincée de nourriture pour les trois poissons rouges qui s’y ébattent depuis peu.