• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Futurol, le carburant de demain se recherche aujourd’hui

Après une année de travaux, le pilote de production d’éthanol de deuxième génération a été inauguré le 11 octobre 2011 sur le site de Pomacle-Bazancourt, près de Reims, dans le cadre du projet Futurol. Le projet prévoit la construction d'un prototype en 2015, avant le passage à l'échelle industrielle à l'horizon 2020.

Vue d'ensemble du pilote Futurol, destiné à la production d'éthanol de deuxième génération. Site de Pomacle-Bazancourt, près de Reims.. © © Procethol 2G
Mis à jour le 03/10/2014
Publié le 15/10/2011

Le pilote est la première étape du projet Futurol qui vise la production industrielle d’éthanol de deuxième génération. Il sera suivi par la construction en 2015 d’un prototype (échelle x 20) avant la phase d’industrialisation (échelle x 1 000), le tout en huit ans. A terme, on estime qu’une unité de taille standard pourra produire 180 millions de litres d’éthanol/an. L’objectif est de développer un procédé commercial de production d’éthanol pour le marché mondial. Cela positionne la barre assez haut en termes de performances économiques et environnementales, nécessaires pour conquérir un avantage concurrentiel. Le projet comporte d’ailleurs plusieurs thèses consacrées uniquement aux performances environnementales du système.

"Ce projet d’ampleur nationale et à vocation internationale, est l’occasion pour l’Inra d’apporter des réponses aux enjeux du changement climatique, en participant dans son domaine, celui de la recherche finalisée, à des études apportant des réponses opérationnelles. C’est un projet de grande taille et de moyen terme qui permet à des équipes de différents organismes de travailler ensemble pour trouver des solutions à l’interface entre les disciplines, explique Jean Tayeb, responsable du projet Futurol à l'Inra.

L'action conjuguée de bactéries, champignons et levures

Schéma de principe de la production de biocarburants de deuxième génération.. © inra, Patricia Perrot
Schéma de principe de la production de biocarburants de deuxième génération. © inra, Patricia Perrot

Les biocarburants dits de « deuxième génération » valorisent les parties non alimentaires des plantes, alors que les biocarburants de première génération sont produits à partir des réserves des végétaux (sucre de canne, grains de blé ou de maïs etc.). Le projet Futurol permet d’obtenir de l’éthanol à partir d’une grande diversité de matières premières : plantes dédiées (miscanthus, switchgrass, sorgho fibre), bois, coproduits agricoles (pailles, pulpe de betterave), résidus forestiers et déchets verts.

Ces matières premières sont transformées par voie biologique en utilisant des bactéries, des champignons et des levures. "L’Inra possède dans ce domaine un savoir-faire important, poursuit Jean Tayeb. Cependant, pour passer de l’échelle de « la paillasse » à l’échelle industrielle et produire du biocarburant au meilleur coût, nous avons identifié avec nos partenaires pas moins de 65 actions de recherche, dont une trentaine de thèses. Onze unités de recherche Inra sont impliquées dans le projet".

 Cuves d'hydrolyse et cuves de fermentation

Cuves d'hydrolyse et cuves de fermentation. © © Procethol 2G
Cuves d'hydrolyse et cuves de fermentation © © Procethol 2G

La cellulose et les hémicelluloses, deux des trois principaux polymères constitutifs de la matière végétale, sont transformées en sucres par des enzymes bactériennes et fongiques, sucres qui seront ensuite convertis en éthanol par les levures. Le troisième composant, la lignine, sera utilisé avant tout pour satisfaire aux besoins en énergie du procédé de conversion et/ou être valorisé sur les marchés de la chimie et des matériaux.

L’éthanol présente l’avantage d’être utilisable dès aujourd’hui dans nos moteurs puisque directement miscible à l’essence. De plus, les plantes utilisées comme matières premières captent une partie du gaz carbonique produit par les véhicules, ce qui optimise le bilan carbone du système par rapport aux carburants issus du pétrole.

 

Colonne de distillation

Colonne de distillation. © © Procethol 2G
Colonne de distillation © © Procethol 2G

Le « vin » produit lors de la fermentation par les levures, est ensuite distillé dans ces colonnes, puis rectifié pour fournir de l’éthanol.

 

Réacteur de production d'enzymes

Le pilote Futurol comprend une chaîne de réacteurs de production d’enzymes de 6 l, 60 l, 600 l et 6 000 l. Il peut traiter en continu environ une tonne de matière première végétale par jour.

Réacteur de production d'enzymes. © © Procethol 2G
© © Procethol 2G

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Jean Tayeb UMR0614 FARE Fractionnement des AgroRessources et Environnement
Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie, Caractérisation et élaboration des produits issus de l’agriculture
Centre(s) associé(s) :
Hauts-de-France

En savoir plus

Chiffres clés en 2011

• Déjà 2 brevets déposés dans le domaine des enzymes (IFP Energies ­nouvelles et Inra)

• 1 société dédiée, SAS Procethol 2G

• 2 ans de montage du projet, 8 ans de R&D

• 11 partenaires : R&D (ARD, IFP Energies Nouvelles, Lesaffre, Inra), industriels (Champagne Céréales, ONF, Téréos, Total) et financiers (CGB, ­Crédit Agricole, Unigrains)

• 15 sites et laboratoires

• 90 chercheurs et ingénieurs dont 50 à plein-temps

• 1 label pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources

• 76,4 millions d’euros dont 30 M€ financés par Oseo Innovation