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Lancement de l’IFMAS, Institut français des matériaux agrosourcés

Mercredi 18 décembre 2013, Paul Colonna a représenté l’Inra lors de la signature de la convention du projet IFMAS, un institut consacré à la valorisation de la biomasse végétale, sélectionné dans le cadre des Investissements d’avenir.

Mercredi 18 décembre 2013, signature de la convention du projet IFMAS, un institut consacré à la valorisation de la biomasse végétale, sélectionné dans le cadre des Investissements d’avenir.
Au micro : Louis Gallois, au premier rang : Pascale Briand, au fond à gauche : Paul Colonna.. © Inra, Christophe Maitre
Par Pascale Mollier
Mis à jour le 09/04/2014
Publié le 17/01/2014

Louis Gallois, Commissaire général à l’investissement (CGI) et Pascale Briand, Directrice générale de l’Agence nationale pour la recherche (ANR), ont signé ce mercredi  la convention de création de l’Institut français des matériaux agrosourcés (IFMAS), en présence des représentants des principaux porteurs du projet. L’IFMAS est un des douze « Instituts pour la transition énergétique » (ITE), anciennement dénommés « Instituts d’excellence en énergie décarbonée » (IEED), sélectionnés dans le cadre des Investissements d’avenir et financés par l’Etat via l’ANR.

 Le meilleur dispositif de collaboration public/privé

Dans son discours, Louis Gallois a souligné que ce type d’institut représente le meilleur dispositif structurel de coopération entre les industriels et la recherche publique. Avis partagé par Paul Colonna, qui y voit une réelle innovation, voire une révolution dans les pratiques collaboratives : « dans ce dispositif, les industriels et les chercheurs travaillent côte à côte dans les mêmes projets, voire dans les mêmes laboratoires. L’IFMAS réunit des partenaires de la chimie, des biotechnologies et de la physique des matériaux, ce qui est également original », indique le chercheur, Directeur scientifique adjoint « Alimentation » de l’Inra, en charge de la chimie verte et de la bioéconomie.

Des plastiques vert-ueux

L’IFMAS, basé sur le campus de Villeneuve-d’Ascq, près de Lille, sera plus particulièrement focalisé sur la transformation de l’amidon végétal en produits d’utilisation courante tels que matériaux d’emballages, peintures et revêtements. Il s’agit de remplacer progressivement les matériaux équivalents dérivés de la pétrochimie, dont plus de 300 millions de tonnes ont été produits à l’échelle mondiale en 2009. L’utilisation de la biomasse renouvelable en alternative au pétrole pour générer des molécules d’intérêt répond à des objectifs de durabilité environnementale, mais aussi à la nécessité de remplacer des composés à la toxicité reconnue, dans le cadre de la réglementation REACH (1), tels que les phtalates et le bisphénol A. Ces composés, dont la plupart sont ou seront bientôt interdits, pourraient être substitués par certains dérivés de l’amidon, par exemple en passant par la chimie du sorbitol dont la société Roquette est un leader historique.

Une vision systémique

« La bioraffinerie de l’amidon fait appel à une hybridation entre des voies biotechnologiques et des voies chimiques. Il y a des étapes que l’on sait réaliser en utilisant les propriétés enzymatiques des microorganismes  et  d’autres qui recourent à la chimie classique » explique Paul Colonna. L’IFMAS s’intéresse à la totalité de la chaîne, du champ jusqu’à l’obtention des produits finis : sélection des variétés végétales (blé, pomme de terre…), procédés de synthèse, polymérisation et formulation des plastiques et des revêtements, étude du cycle de vie et du recyclage de ces nouveaux matériaux biosourcés. 

« Cette stratégie s’inscrit complètement dans la logique de la bioéconomie, conclut Paul Colonna, puisqu’il s’agit de développer de manière équilibrée les potentialités de la biomasse végétale avec une approche systémique, attentive à tous les aspects de la durabilité ».  

Conclusion confortée par celle de Louis Gallois, qui s’est félicité du changement de dénomination de ces Instituts, la nouvelle appellation d’ « Institut pour la transition énergétique » reflétant les enjeux de manière très explicite.

(1) REACH (Registration, evaluation and authorization of chemicals) est le règlement de l’Union européenne sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques, en vigueur le 1er juin 2007, selon lequel les industriels doivent évaluer et gérer les risques posés par les produits chimiques qu’ils commercialisent et fournir des informations de sécurité adéquates à leurs utilisateurs.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Un partenariat solide et équilibré

L’IFMAS réunit à ce jour onze partenaires :

  • partenaires académiques : Université de Lille 1 Sciences et Technologies, Université d’Artois, Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Lille, CNRS, Ecole des Mines de Douai, Inra, Institut Chevreul
  • pôle de compétitivité : le Pôle Maud (Matériaux et Applications pour une Utilisation Durable)
  • partenaires industriels : Roquette frères, A&A Mäder, Crepib SA (Centre de Recherche et d’Essais de Plastiques Innovants et Biosourcés), Florimond Desprez.

Au total, ce sont plus de 150 scientifiques du public et du privé qui travailleront sur ce projet et qui bénéficieront des services proposés par  l’Institut, installé sur le campus de la cité universitaire de de Villeneuve-d’Ascq : plateformes technologiques, formations et hôtel à projets.

Le projet implique trois unités de l’Inra : l’unité « Processus aux Interfaces et Hygiène des Matériaux », présente sur place, et les unités « Biopolymères, Interactions et Assemblages » (pour la physicochimie de l’amidon) et « Génétique  des céréales » (pour l’aspect sélection végétale), basées respectivement à Nantes et à Clermont-Ferrand.

Modèles de compréhension de la structure, des interactions et des propriétés des assemblages naturels de macromolécules.. © Inra, INRA

Tous les constituants des plantes valorisés

L’IFMAS, centré sur la valorisation de l’amidon, complète la panoplie des dispositifs impliquant l’Inra dans le domaine de la chimie verte, à savoir :

  • pour les lipides, l’ITE Pivert (Picardie Innovations Végétales Enseignements et Recherches Technologiques) : transformation de la biomasse oléagineuse (colza, tournesol, etc…).
  • pour les lignocelluloses, le pilote Futurol co-financé par OSEO : production de carburant de deuxième génération à partir de bois, résidus forestiers, plantes ligneuses.
  • pour les protéines, la plateforme mutualisée d’Innovation Improve , co-financée par la Caisse des Dépôts et Consignations : valorisation des protéines végétales pour l’alimentation, les matériaux biosourcés et la cosmétique.