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Des vaches laitières de race Montbéliarde sont traites par leur éleveur sur un quai de traite mobile en alpage (massif des Bauges, Savoie). © Inra, MEURET Michel

Avril 2015, suppression des quotas laitiers…et après ?

Lait vrai © C. SLAGMUDER

Fin des quotas : produire plus de lait? A quel prix?

Quel avenir pour le secteur laitier après la suppression des quotas laitiers? Reportage à l'unité expérimentale de Méjusseaume près de Rennes. Jean-Louis Peyraud et Vincent Chatellier analysent les apports de la recherche à la productivité du secteur laitier français et les marges de progrès pour l'avenir.

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 10/04/2015
Publié le 26/03/2015

La restructuration du secteur laitier a déjà eu lieu

Le secteur laitier s'est profondément restructuré depuis trente ans, en dépit de la mise en place des quotas laitiers : augmentation régulière des rendements laitiers, diminution du cheptel de vaches, exploitations moins nombreuses mais plus grandes. Les apports de la recherche ont été conséquents, en particulier grâce à la sélection génétique, avec un gain de rendement laitier de 100kg par lactation et par an (1). La suppression des quotas ne devrait pas entraîner un réel bouleversement par rapport à la situation actuelle. Certes, elle peut accélérer le processus de restructuration et conduire à une concentration géographique accentuée de l’offre, mais ces phénomènes sont déjà engagés.

Il existe des marges de progrès pour produire plus de lait

En pratique, les quotas n'étaient déjà quasiment plus limitants : depuis plusieurs années, la production laitière nationale est inférieure au niveau du quota alloué à la France, du fait de l'augmentation régulière des quantités autorisées consentie par la Communauté européenne. Il y a donc des possibilités de développement de la production laitière française, d'autant que les atouts sont réels : un contexte pédoclimatique favorable ; une forte densité de production dans certains bassins (ce qui limite les coûts de collecte) ; un prix modéré du foncier agricole ; une diversité de modèles productifs qui contribuent à une forte diversité de produits finis ; un savoir-faire technologique avec des industriels qui comptent à l’international ; une crédibilité sur les thèmes de la qualité et de la traçabilité, etc. Pour toutes ces raisons, il existe des marges de progrès : il est possible de produire plus de lait à un coût compétitif.

Les clés d'une augmentation durable de la production laitière

Cependant ce développement ne doit pas se faire à n'importe quel prix...

Jean-Louis Peyraud insiste sur l'importance et les avantages des systèmes herbagers pour réaliser une intensification maîtrisée et durable : l'herbe est non seulement un atout économique car elle permet de produire à un coût modéré, mais elle présente aussi des avantages en termes de qualité organoleptique des produits, d’autonomie protéique des exploitations, de bien-être des animaux, d’acceptabilité et d'environnement (stockage de carbone et gestion de l'azote par les prairies ).

Vincent Chatellier souligne quant à lui la nécessité de gagner des marchés extérieurs à l'Europe pour assurer des débouchés à la production, en particulier en diversifiant les produits et en les adaptant à la demande.

(1) Ce gain de rendement explique qu'une vache sélectionnée produit aujourd'hui en moyenne 7500 kg de lait par lactation au lieu de 6500 kg il y a dix ans (donc 100kg de gain par an). Une vache donne une lactation par an, après avoir mis bas un veau. La lactation dure environ 300 jours et s'arrête deux mois avant la mise bas suivante.

Evolution du secteur laitier en trente ans

Durant la période 1984-2014, le secteur laitier a connu une forte restructuration mais une intensification qui reste modérée en comparaison avec d’autres pays européens. 

  • Le nombre d’exploitations laitières a été divisé par 5 (385 000 en 1983, 67 000 en 2014).
  • Le nombre de vaches laitières a été divisé par 2 (en raison du progrès génétique)
  • 20% des vaches laitières sont localisées dans des exploitations ayant plus de 100 vaches
  • Seules 3 500 exploitations sont équipées de robots de traite
  • La diversité des systèmes productifs demeure importante
  • Le niveau d’intensification des surfaces fourragères est inférieur aux pays du Nord.

Les chiffres de la compétitivité du secteur laitier français

  • La France est le deuxième pays producteur européen, derrière l’Allemagne
  • La France est le deuxième exportateur européen
  • La balance commerciale est positive et s’est nettement améliorée au cours de la décennie
  • Le coût de production du lait en France est compétitif