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Des vaches laitières de race Montbéliarde sont traites par leur éleveur sur un quai de traite mobile en alpage (massif des Bauges, Savoie). © Inra, MEURET Michel

Avril 2015, suppression des quotas laitiers…et après ?

L’après quotas laitiers

La fin des quotas laitiers marque le passage d’une régulation publique de l’offre à une régulation privée. Ce changement de cap intervient dans un contexte caractérisé par une volatilité accrue des cours internationaux et une internationalisation croissante des marchés. Dans un contexte de forte restructuration de ses exploitations, la France saura-t-elle tirer son épingle du jeu ?

Par Vincent Chatellier
Publié le 27/03/2015

COMPORTEMENT  d'achat de produits alimentaires et choix d'une consommatrice dans les linéaires d'un supermarché de Laon (Aisne).. © © INRA, BEAUCARDET William
COMPORTEMENT d'achat de produits alimentaires et choix d'une consommatrice dans les linéaires d'un supermarché de Laon (Aisne). © © INRA, BEAUCARDET William

Pourquoi l’UE supprime-t-elle les quotas ?

Le choix de mettre un terme aux quotas laitiers est plus influencé par le débat interne entre Etats membres de l’Union européenne (UE) que par des pressions externes venues des négociations multilatérales de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les arguments développés, qui prennent des teintes parfois différentes selon les pays et les interlocuteurs, sont généralement les suivants : les quotas laitiers ne favorisent pas une allocation optimale des ressources et contribuent à freiner le processus de concentration de la production dans les exploitations et les régions ayant des avantages comparatifs ; ils génèrent des rentes dans la mesure où l’entrée dans le secteur est conditionnée à l’obtention d’un droit à produire ; ils ne sont plus bien adaptés à la situation internationale actuelle car des opportunités de développement ont lieu dans les pays émergents ; ils constituent un instrument du passé dans la mesure où ils étaient combinés à d’autres outils de la PAC qui ont eux-mêmes beaucoup évolué (fin des restitutions aux exportations, baisse des droits de douane, etc.).

Quelles conséquences principales sur le secteur laitier ?

A compter de 2015, les jeux concurrentiels intra-communautaires s’accentueront, les pays les plus dynamiques chercheront alors sûrement à profiter d’un marché devenu plus ouvert. Les stratégies déployées par les grandes entreprises, notamment les coopératives du nord de l’UE, seront déterminantes sur l’évolution des équilibres entre l’offre et la demande de produits laitiers. Dans l’hypothèse où l’instauration de la contractualisation s’acheminerait par une collecte de lait dépassant, au moins temporairement, les capacités globales d’écoulement sur le marché, une baisse du prix du lait payé au producteur est à craindre. Pour les producteurs de lait, la recherche d’une optimisation des coûts de production est une stratégie qui s’impose non seulement pour générer du revenu, mais également pour bénéficier des opportunités de croissance. Les transformateurs auront, en effet, un intérêt stratégique à ce que les futurs volumes libérés (suite au départ en retraite des fournisseurs aînés) soient alloués au bénéfice des producteurs et des territoires les plus compétitifs.

Quels sont les atouts de la France pour l’avenir ?

Supermarché.. © Inra, MAITRE Christophe
Supermarché. © Inra, MAITRE Christophe

Le secteur laitier français bénéficie de nombreux atouts pour faire face à cette concurrence, surtout dans une perspective de long terme : un climat favorable aux productions fourragères, élément indispensable pour optimiser les coûts de production (contrairement à la situation des pays du sud de l’UE) ; un prix du foncier plus bas que dans la plupart des pays concurrents ; une intensification des surfaces plus modérée qu’ailleurs, ce qui offre parfois localement de réelles opportunités de développement (du moins là où celui-ci est compatible avec les normes environnementales) ; la présence de groupes industriels puissants et de plus en plus internationalisés, etc. Certes la taille moyenne des exploitations laitières françaises est plus modeste que dans d’autres pays concurrents, mais les dernières années ont donné lieu à un rattrapage assez rapide, notamment dans les structures conduites par les plus jeunes agriculteurs.

Références

Chatellier V., 2013. Le secteur laitier français à la croisée des chemins. INRA Productions Animales, vol 26 (2), pp 71-94. Voir une actualisation de cet article en fin 2014 :  Publi Chatellier V., 2013. Le secteur laitier

Peyraud J.L., Agabriel J., Benoit M., Duhem K., Lagriffoul G., 2013. Vers des systèmes d’élevage de ruminants à hautes performances. 20èmes Rencontres Recherches Ruminants, Paris, 10 p. Voir l'article 

Dervillé M., Allaire G., 2014. Quelles perspectives pour les filières laitières de montagne après la suppression des quotas laitiers ? Une approche en termes de régime de concurrence. INRA Productions Animales, vol 27 (1), pp 17-30. Voir l'article.