Matériel de laboratoire de la plateforme de métagénomique quantitative (Metaquant) de l'unité Micalis.. © Inra

Réflexion : la biologie de synthèse a besoin des sciences sociales

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 16/02/2017
Publié le 10/10/2014

Synthétiser le vivant ? Dans quel but ? Est-ce possible et est-ce souhaitable ? Ce dossier présente quelques travaux réalisés par des chercheurs en sciences humaines et sociales dans le cadre de programmes Inra sur la biologie de synthèse et ouvre des pistes de réflexion.

Les progrès de la biologie, alliés à ceux de l’informatique et de la modélisation, laissent entrevoir des possibilités encore inédites il y a vingt ans. Bien qu’on soit encore loin de « programmer » la vie, on sait aujourd’hui construire un génome synthétique et le faire fonctionner dans une bactérie vivante. C’est le champ de la biologie de synthèse, un domaine émergent, qui ambitionne de concevoir des fonctions ou organismes nouveaux dans un but de connaissances et d’applications.

Comment utiliser ces nouvelles connaissances ? Quelles applications développer ? Pour quels bénéfices ? Avec quels risques ? Tandis que la science progresse, la société s’interroge sur sa propre évolution et sur le sens du « progrès  scientifique et technologique », avec des réactions de résistance qui s’installent parfois durablement. Plus les transformations sont importantes, plus la nécessité de débat se fait jour. En préparation à ce débat public, certains sociologues prônent une approche proactive, qui consiste à étudier la recherche au moment où elle se fait, et non pas seulement ses conséquences a posteriori. Ils proposent de coproduire les connaissances avec les partenaires scientifiques.

 Ce dossier présente quelques travaux réalisés par des chercheurs en sciences humaines et sociales  sur la biologie de synthèse, dans le cadre de programmes Inra : mise en perspective historique, recommandations pour le débat public, « embarquement » dans des projets de recherche, questionnement éthique. Le dossier montre que les sciences humaines et sociales ont matière à développer leurs propres sujets de recherche sur cette nouvelle technoscience qu’est la biologie de synthèse et que ces recherches apportent des éléments déterminants pour la réflexion et les choix collectifs à opérer.

Sources