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En cours d'intervention, F. Houllier brandit son téléphone pour illustrer l'utilisation d'une base de données

Partage des données pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement

A l’initiative de Agreenium-Institut Agronomique, Vétérinaire et Forestier de France, et sous l’égide de AllEnvi*, quelque 150 personnes se réunissaient le 4 septembre 2015 pour des échanges nourris sur le « partage des données ». Dix conférenciers intervenaient pour proposer des exemples à des participants venus des domaines de l’alimentation, de l’environnement, ou de l’agriculture, dans un esprit de coopération ouverte. Les vidéos de la journée vous sont proposées ci-dessous, ainsi que les supports visuels des conférences.

Mis à jour le 09/09/2016
Publié le 27/11/2015

Le colloque "Partage des données pour l'agriculture, l'alimentation et l’environnement" avait pour sous-titre "des opportunités pour innover et créer de la valeur". Son ambition était d'explorer le champ des bases de données, ainsi que d'envisager leur complémentarité. Il se tenait dans l’enceinte de la Fédération Nationale de Crédit Agricole puisqu'il s’agissait à la fois de rassembler des partenaires académiques ou techniques, et des acteurs de l’économie, dans une préoccupation de favoriser l’innovation par la coopération et l'échange. François Houllier, PDG Inra et président d’AllEnvi, introduisait la journée avec Marion Guillou, rappelant la genèse de cette initiative au long terme, tout en esquissant les principales facettes d'un sujet très complexe sur les « open-datas », développées pendant toute une journée.

Accès aux visuels des intervenants ; et la seconde partie de la journée :

La difficulté tient aussi à la quantité exponentielle de données générées, qu’elles restent brutes ou que des opérateurs les élaborent pour les rendre communicables... éventuellement. F. Houllier rappelait que les estimations les multipliaient par 100, entre 2012 et 2020. Les défis contemporains sont de s’en saisir pour les valoriser, alors même que des ces données sont publiques, privées,... pas forcément accessibles, parfois appropriées par certains. Au cours des conférences, il fut question de méthodologies et de volume d'informations, de propriété intellectuelle, d’interopérabilité des bases, de financements ou d’utilisations. Car les capteurs physiques ou socio-économiques sont de plus en plus nombreux, les indicateurs existent ou sont générés, les informations et la documentation sont donc "disponibles", mais sont-elles utiles ? A qui, et pour quoi faire ? A qui appartiennent, par exemple, les données renseignées par des agriculteurs ?

« Et après ? » : que faire pour construire les partenariats, ou les innovations..., et comment peuvent s'impliquer les acteurs, dont ceux qui relèvent de la sphère publique ?

Un moment d’ouvertures croisées...

"Open" d’un côté, "datas" de l’autre : la journée se situait à l’intersection des deux mots. Elle s'est déroulée sur les quatre enjeux majeurs du vivant :
- la gestion des territoires et des ressources ;
- l’alimentation et la santé passant par la traçabilité ; 
- l’agriculture et l’agro-écologie ; 
- l’adaptation au changement climatique.
Chaque tandem d’intervenants permettait une approche différente, afin d’enrichir les échanges avec la salle.  Christian Huyghe (DG-agriculture à l’Inra) animait les séances et plusieurs chercheurs de l'Inra avaient été conviés à exposer un aspect précis de leur travail : Louis-Georges Soler sur les interfaces entre des bases en alimentation et en santé, Nicolas Munier-Jolain sur Agrosyst dans le cadre des réseaux d'Ecophyto, Nathalie Breda sur les outils pour accompagner les "services" climatiques.

... et la réflexion doit se prolonger !

Le ton du colloque était fourni au départ par un binôme constitué de Simon Chignard (mission Etalab, « acteur de bases » et essayiste) et de Marc Barbier (Inra, Sens-Innovations-Sociétés), situant la façon dont l’innovation d’un côté, le flot de promesses et de ruptures de l’autre, ont parfois du mal à permettre des convergences pour construire les futurs communs. Mutualiser des concepts, donner des exemples, ouvrir les idées étaient le fil conducteur de cette journée de partenariat extrêmement riche : les organisateurs avaient minutieusement choisi les thèmes et les conférenciers pour la diversité qu'ils apportaient. Beaucoup de questions furent posées, y compris pour laisser entrevoir les difficultés de la pédagogie.

En conclusion, F. Houllier rappelait des principes forts pour éviter toute confusion dans une linéarité "de la recherche à la sagesse, en passant par la connaissance" : les activités relevant du laboratoire, l'élaboration des données, l'information partageable ou partagée, les bases ouvertes à des publics larges ou restreints, la notion d'offre et de demande, ainsi que la réflexion menée dans les instituts dont l'Inra... et, en tout premier lieu, la valeur des données.

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 * AllEnvi - Alliance nationale de recherche pour l'environnement