Cet ouvrage a pour ambition de présenter le champ de l’économie écologique à travers ses objets, ses méthodes et ses propositions théoriques et politiques. Il donne à voir une communauté éclatée entre divers sous-courants, mais qui constitue néanmoins le centre de gravité des débats portant sur la soutenabilité de nos modes de développement.

L'économie écologique

Cet ouvrage a pour ambition de présenter le champ de l’économie écologique à travers ses objets, ses méthodes et ses propositions théoriques et politiques. Il donne à voir une communauté éclatée entre divers sous-courants, mais qui constitue néanmoins le centre de gravité des débats portant sur la soutenabilité de nos modes de développement.

Publié le 20/06/2017

Cette discipline émerge à la fin des années 1980, à partir du constat de l’inefficacité des réponses aux problèmes environnementaux apportées par certaines disciplines traditionnelles - principalement la science économique et la biologie de la conservation. Comment mieux appréhender la complexité du fonctionnement des écosystèmes et de leurs interactions avec l’homme ? Avec quels outils évaluer les limites biophysiques des écosystèmes ? Faut-il faire décroître la taille des économies humaines ? Quels systèmes de gouvernance, informés par quelles théories macroéconomiques, faut-il promouvoir ? Quels sont les enjeux scientifiques et politiques de l’évaluation monétaire des biens et services environnementaux ?

 

Les auteurs

Ali Douai est maître de conférences en sciences économiques à l’université Nice Sophia Antipolis. Ses recherches portent sur les fondements de la socioéconomie écologique et sur l’analyse des processus de construction de marchés comme outils de gestion de la biodiversité.

Gaël Plumecocq est chargé de recherche en sciences économiques à l’Inra de Toulouse. Ses recherches portent sur les rapports que les activités agricoles et agroalimentaires entretiennent avec l’environnement. Elles visent aussi à analyser les évolutions de la science économique et de ses spécialités. 

Editions La Découverte – coll. Repères – 128 pages, juin 2017 – 10 euros
 

Extrait

« Plus d’une génération a passé depuis que le courant de l’économie écologique (EE) s’est organisé autour d’une société savante et d’une revue académique. Les constats que nous dressons dessinent l’histoire d’un courant qui a su trouver une place centrale dans le paysage scientifique international, en profitant d’un contexte sociopolitique marqué par une prise de conscience croissante dans la société (et plus particulièrement dans la recherche) des enjeux écologiques. L’insuffisance des réponses scientifiques face aux premières crises écologiques a permis de rendre plus visibles des travaux épars et parfois en marge de la science normale, mais souvent innovants. Ceux-ci ont servi de point d’appui intellectuel et critique, mettant en évidence les impasses des solutions proposées par les disciplines traditionnelles (et en particulier par l’économie standard) et proposant de prendre au sérieux la nécessité d’un développement soutenable des sociétés humaines. Le succès de l’EE réside surtout dans sa capacité à peser sur les cadrages politiques des problèmes environnementaux globaux.

Dans une perspective réaliste, l’EE rencontre également quelques difficultés dans la prise en compte du paramètre temporel. En conséquence, de nombreux économistes écologiques adoptent une démarche rétrospective (d’analyse historique ou généalogique, par exemple), tout en reconnaissant l’impossibilité d’en tirer des projections prospectives. De fait, le temps reste pensé dans une perspective relativement peu opératoire. Dans les cas contraires, les outils conceptuels de l’économie standard continuent d’être utilisés, et en particulier le taux d’actualisation (valeur présente d’un flux de sommes monétaires s’étalant dans le temps). Ce taux prolonge le raisonnement qui sous-tend toute évaluation monétaire (voir chapitre II). »