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S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans le centre est de la France, ce livre propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires.

Mondes ruraux et classes sociales

S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans le centre-est de la France, ce livre propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires.

Mis à jour le 17/06/2019
Publié le 12/06/2019

Partis à la rencontre d’agriculteurs prospères, de bûcherons indépendants, de chasseurs, mais aussi d’ouvriers et de cadres de la SNCF, d’instituteurs militant – ou non – contre les fermetures d’écoles, ou encore d’élus locaux plus ou moins aguerris, les auteurs de cet ouvrage livrent les résultats de cette ethnographie collective qui complexifie la lecture de l’espace social, au plus près de la manière dont les individus se positionnent les uns par rapport aux autres. La prise en compte de la dimension locale permet de prendre toute la mesure de ce qui construit, aujourd’hui, l’appartenance sociale au sein des mondes ruraux. 

Les auteurs

Ivan Bruneau est maître de conférences en science politique à l’université Lyon 2. Ses recherches portent sur les espaces sociaux des mondes ruraux, en France et aux États-Unis, et sur les rapports entre positions sociales et engagements politiques dans ces espaces.

Gilles Laferté est directeur de recherche en sociologie à l’Inra. Ses travaux s’intéressent à la structuration sociale des espaces ruraux et à la sociologie des marchés. 

Julian Mischi est directeur de recherche en sociologie à l’Inra. Ses recherches portent sur les classes populaires, l’engagement et le pouvoir local. 

Nicolas Renahy est directeur de recherche en sociologie à l’Inra. Ses recherches portent sur la sociologie des mondes ruraux, le monde ouvrier, les classes populaires.   Mondes ruraux et classes sociales 

 

Mondes ruraux et classes sociales

Editions EHESS – coll. En temps & lieux - vol. 81, 260 pages, 2018 – 25 euros

EXTRAITS

(...) La singularité de notre démarche est de privilégier un questionnement autour de la stratification sociale et des rapports de classes, soit un questionnement mené prioritairement aujourd’hui à une échelle macro et de manière quantitative. Il y a là un enjeu scientifique fondamental. Il ne s’agit pas seulement de décliner localement une réflexion sociologique, mais de se donner les moyens d’appréhender de manière relationnelle les groupes sociaux, démarche qui se doit d’être menée à une échelle où ces groupes sont effective- ment en interaction. C’est de cette manière que l’on peut saisir les positions sociales dans un ensemble de relations incarnées, ensemble qui est lui-même le produit d’une histoire sociale singulière, et qui détermine en partie les ressources que les individus et groupes peuvent (ou non) accumuler au cours de leurs trajectoires. L’espace des possibles scolaires, professionnels ou encore matrimoniaux ne se construit pas uniquement à une échelle nationale. Saisir ce que cette construction doit aux configurations locales permet de réinterroger les positions sociales et leur pouvoir explicatif des pratiques et représentations. Une telle perspective permet d’éviter un travers prégnant dans la littérature : faire de la catégorie socio-professionnelle une position sociale expliquant à elle seule ou presque des attitudes et opinions, sans que les expériences sociales ne soient véritablement situées. Cette démarche conduit aussi à souligner que l’usage de mêmes substantifs pour qualifier les groupes sociaux à l’échelle nationale – « les classes supérieures », « les classes moyennes » ou « les classes populaires » – tend à réduire la diversité et la complexité des relations de domination. En effet, on confond trop souvent l’identification des positions avec les ressources engagées dans les rapports de domination, si bien que l’on finit parfois par oublier que les dominants d’une petite ville ou d’un espace rural donné ne pourraient pas l’être dans une grande ville, ou, inversement, que les dominés d’un quartier populaire d’une grande agglomération ne disposent pas des mêmes ressources que ceux résidant dans l’espace rural ou périurbain.