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Mourad Hannachi, meilleure thèse 2012 en économie et gestion agro-alimentaire

Les travaux de Mourad Hannachi, réalisés à l’Inra Versailles-Grignon sur la coexistence entre cultures OGM et non OGM ont été distingués par l’Association pour les recherches sur l’économie agro-alimentaire pour leur caractère innovant et les perspectives qu’ils ouvrent. Le prix lui a été remis le 5 octobre 2012.

Une parcelle de 10 mètres de côté de colza résistant aux oxinils a été cultivée au centre d'un champ de 90 mètres de côté de la même variété de colza non transgénique. Des graines ont été récoltées à maturité à différentes distances de la parcelle centrale. Une fois plantées, ce nouveau champ a subi un traitement aux oxinils. Le nombre de plantes résistantes issues de la pollinisation par les plantes de la parcelle centrale permet d'évaluer les distances de dispersion du pollen.. © Inra, RENARD Michel
Par Catherine Foucaud
Mis à jour le 08/01/2016
Publié le 28/11/2012

Mourad Hannachi, aujourd’hui jeune scientifique, a réalisé sa thèse consacrée aux impacts socio-économiques de l'introduction des OGM dans les filières et les aires de production agricoles françaises, au sein de l’unité Sciences pour l'action et le développement : activités, produits, territoires (Inra, AgroParisTech) de l’Inra Versailles-Grignon, sous la direction de François Coléno (Inra) et Christophe Assens (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).

Gérer le territoire comme un bien commun pour en préserver les avantages collectifs

L’introduction des semences OGM en France depuis 1998 a placé les opérateurs des filières agroalimentaires en situation d’interdépendance. Au niveau des aires de production agricoles, le comportement d’un acteur cultivant ou faisant cultiver des OGM peut affecter le bien-être d’un acteur ne souhaitant pas en produire. À partir de plusieurs études de cas, M. Hannachi a montré que les entreprises de stockage et de collecte de semences parviennent à fédérer, coordonner ou influencer l’ensemble des opérateurs pour gérer le territoire (constitution d’îlots dédiés ou spécialisation territoriale) et construire ou préserver le bien commun. Chaque fois des stratégies collectives ainsi que des relations de coopération entre des opérateurs en concurrence directe sur les marchés sont à l’œuvre.

Le travail de thèse de M. Hannachi a permis d’élaborer des scénarios de gestion collective de la coexistence à l’échelle des territoires. Ils seront utilisés pour modéliser spatialement l’implantation de cultures OGM et conventionnelles sur un territoire et évaluer les conséquences en terme de risque de mélange. Plus largement, ce travail peut enrichir les réflexions menées sur d’autres enjeux nécessitant une gestion collective à l’échelle d’un territoire : conservation de la biodiversité, gestion durable des résistances variétales, réduction de pesticides, par exemple.

Mourad a soutenu sa thèse en avril 2011 dans le cadre de l’École doctorale Culture, régulation, institutions et territoire de l’Université de Versailles Saint-Quentin. Ses travaux ont bénéficié du soutien financier de l’Inra et de l'Agence nationale de la recherche (ANR) au travers du programme national de recherches sur les OGM (projet Mascote, Modélisation de l’allocation spatiale des cultures OGM dans le territoire selon différents scénarios d’organisation des firmes de collecte, coordonné par F. Coléno).

Aujourd’hui, M. Hannachi déploie ses compétences au sein de l’Institut de l’Élevage. Il étudie l'impact de la sélection génomique sur l'organisation et le comportement des acteurs de l'élevage et de l'agriculture et travaille dans l’unité de recherche Agrosystèmes et développement territorial (Inra, Ensat) du Centre Inra de Toulouse.
 

Une distinction prestigieuse décernée par les professionnels de l’agroalimentaire

C’est dans le cadre de la XVIIIe édition des Prix Area qui s'est déroulée à Nantes que M. Hannachi a reçu cette distinction décernée par l’Association pour les recherches sur l’économie agro-alimentaire (Area). Le jury composé de professionnels de l’agroalimentaire et de chercheurs académiques a souligné l’originalité de ces travaux et les perspectives qui en découlent pour les opérateurs des territoires agricoles.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Mourad Hannachi UMR SadAPT, Sciences pour l'action et le développement : activités, produits, territoires (Inra, AgroParisTech)
Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

Références

  • Hannachi M. 2011. La coopétition au service du bien commun : les stratégies des entreprises de collecte et de stockage de céréales face aux OGM. Thèse de Doctorat en Sciences de gestion, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, 302 pages.
  • Hannachi M., Fares M., Coléno F., Assens C., (2012) : « Les coopératives, acteurs clef d'une gestion durable des territoires agricoles : le cas de la cœxistence entre OGM et non-OGM en France », communication au Colloque International : Diversité et durabilité des modèles agricoles coopératifs dans un contexte de crises de la mondialisation, 6 et 7 novembre 2012, Paris.

Les Prix Area

L’Association pour les recherches sur l’économie agro-alimentaire (Area) vise à favoriser les recherches, travaux et formations dans les domaines de l’économie et de la gestion agro-industrielles et alimentaires. Elle intervient notamment en facilitant les échanges entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise. Ses actions se manifestent sous la forme de soutien dans l’organisation de colloques ou de séminaires, ainsi que dans l'aide aux publications. Elle organise également les Prix Area qui récompensent chaque année des thèses, masters (Recherche et Professionnel) et mémoires d’Ecoles d’ingénieurs ou d’autres Ecoles et Instituts.