• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer
Fleurs d'Arabidopsis thaliana issue de la collection de lignées d'insertion de l'INRA de Versailles. Ces lignées sont transformées par une construction génétique comportant un gène marqueur (gus) sans promoteur. Lorsque l'insertion a lieu en aval d'un promoteur de plante, l'expression du gène gus est visualisée par une coloration bleue, ici visible dans les vaisseaux de la fleur.. © Inra, BOUCHEZ David

Dominance-récessivité  des gènes : le mécanisme élucidé !

Par Sylvain Billiard - Vincent Castric - Pascale Mollier
Mis à jour le 16/02/2017
Publié le 17/12/2014

Pourquoi certains gènes sont-ils dominants et d’autres récessifs ? Ce phénomène fondamental en biologie a été éclairci après presqu’un siècle d’interrogations, d’hypothèses et d’expérimentations. Un article paru en décembre 2014 dans Science achève la démonstration. Histoire d’une enquête scientifique enfin bouclée…

Les relations de dominance-récessivité entre allèles sont une des premières observations réalisées en génétique par Gregor Mendel au 19ième siècle. Nous savons aujourd'hui que de nombreux caractères sont dominants ou récessifs, comme par exemple la couleur des yeux, les groupes sanguins, certaines maladies génétiques, etc.

Ce phénomène fondamental de la biologie a naturellement excité la curiosité des scientifiques dès sa mise en évidence. Il a même fait l’objet de controverses actives dans les années 1930 parmi les évolutionnistes.

Aujourd’hui, il représente un des rares cas pour lesquels on peut répondre à ces deux questions de base que sont : pourquoi ce mécanisme ? Comment fonctionne-t-il ?

Cet énorme progrès dans la connaissance est le fruit d’une remarquable combinaison de travaux, hypothèses évolutionnistes et démonstrations expérimentales, mêlant génétique des populations, physiologie, bioinformatique, génétique moléculaire,…

Ce dossier raconte l’histoire de cette découverte en trois épisodes…

Référence

Un article paru récemment dans Science a permis de donner une explication globale et de proposer une histoire évolutive pour le mécanisme de dominance génétique : il décrit l'existence d'un réseau de dominance complexe, entre plusieurs allèles au sein d'un même locus : le locus d'auto-incompatibilité chez les plantes à fleurs du genre Arabidopsis.  L’article explique comment ce réseau s’est mis en place au cours de l’évolution et l’avantage que présente le phénomène de dominance dans le processus d’auto-incompatibilité. Ces travaux, essentiellement dirigés par Vincent Castric (labo “Evo-Eco-Paléo”, UMR CNRS-Université Lille 1) sont le fruit d’une collaboration inter-instituts (CNRS, Université de Lille 1, Inra, Université Claude Bernard Lyon 1, Ecole Normale Supérieure de Lyon), avec des partenaires du Swiss Federal Institute of Technology de Zurich.

Eléonore Durand, Raphaël Méheust, …et  Vincent Castric. Dominance hierarchy arising from the evolution of a complex small RNA regulatory network. Science 5 décembre 2014.