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Mouvements flagellaires d'un spermatozoïde de bélier. © Inra, DACHEUX F.

Les perturbateurs endocriniens, un casse-tête pour la recherche

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 09/04/2018
Publié le 12/01/2018

Le terme « perturbateur endocrinien » est apparu en 1991 à l’initiative de l'écotoxicologue américaine Théo Colborn, mais n’a reçu une définition officielle de l’OMS qu’en 1999. Deux critères sont requis : interférence avec le fonctionnement des hormones et toxicité sur l’organisme.

Les perturbateurs endocriniens (PE) divisent l’Europe. Les débats actuels portent sur le niveau de preuves exigé pour démontrer la toxicité, c’est-à-dire le nombre et le type de tests à effectuer pour mesurer cette toxicité. En retard par rapport à l’échéance fixée en 2013 par l’UE, la Commission européenne a annoncé en 2016 ses critères d’identification des PE pour la réglementation des produits phytopharmaceutiques. Les états membres ont adopté ces critères d’identification en décembre 2017.

Les PE ont en effet des cibles multiples, ils peuvent agir à faibles doses et en synergie les uns avec les autres, ce qui multiplie le nombre de tests à effectuer.

Depuis les années 70, de nombreux produits à effets PE avérés ont été interdits :  PCB, pesticides (DTT, lindane, atrazine, paraquat, etc.) ou ont vu leurs usages restreints (cadmium, plomb). Ces mesures se sont traduites par une amélioration de plusieurs indicateurs environnementaux et de santé au cours de la dernière décennie : par exemple, restauration progressive des fonctions de reproduction chez les oiseaux, loutres, phoques, restauration régulière de la qualité du sperme humain en France et Danemark à partir des années 2000.

Mais si l’exposition aux PE diminue pour certains produits suite à leur retrait, elle peut augmenter pour d’autres, moins connus, du fait de l’évolution des habitudes de consommation : par exemple, il y a des PE potentiels dans les compléments alimentaires (isoflavones de soja, trèfle, …), dans les huiles essentielles utilisées en cuisine (terpènes de sauge, fenouil, …), et même dans l’encre des tatouages…

La recherche est donc plus que jamais mobilisée pour identifier les cibles biologiques des PE, leurs mécanismes d’action et définir les tests indispensables à leur identification.

 

Remerciements : Jean-Pierre Cravedi, Marie-Chantal Canivenc-Lavier, Paul-Henri Ducrot, Chahinaz Aouf.