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Chien de race Montagne des Pyrénées, ou « patou », utilisé par les éleveurs et bergers pour la protection des troupeaux envers la prédation par les loups (ici, dans les Alpes et en Provence).. © © INRA, MEURET Michel

Myopathie de Duchenne : le point sur deux pistes de traitement

La thérapie génique, en début d’essai clinique chez l’homme

L’approche de thérapie génique développée par l’Institut Atlantic Gene Therapies de Nantes permet de restaurer significativement l’activité musculaire au niveau des membres de chiens atteints de myopathie de Duchenne. Ces résultats autorisent le passage à l’essai clinique chez l’homme.

Publié le 05/12/2014

Chien atteint de la myopathie de Duchenne. © Inra
Chien atteint de la myopathie de Duchenne © Inra

La preuve de concept faite chez le chien

La myopathie de Duchenne est liée à la présence de mutations dans le gène de la dystrophine, une protéine spécifique de la membrane des fibres musculaires : son altération entraine une fragilisation de la membrane des fibres qui conduit à leur dégénérescence et donc à une atrophie musculaire.

Des chercheurs du laboratoire de thérapie génique de Nantes ont injecté un "restaurateur de gène" dans la patte avant de 18 chiens atteints de la maladie de Duchenne.

"Au bout de trois mois et demi, des tests ont montré que la dégénérescence musculaire était stoppée dans la patte traitée. Chez les chiens ayant reçu la dose la plus importante, 80% des fibres musculaires ont été corrigées au point d'exprimer la nouvelle dystrophine, sachant que 40% seulement suffisent pour améliorer la force musculaire » indique Caroline Le Guiner, la chercheuse d’Atlantic Gene Therapies qui a coordonné l’étude.

Essai clinique prochainement chez l’homme

Un essai clinique va débuter très prochainement chez l’homme sur un petit nombre de patients atteints de cette maladie. Dans un premier temps, les patients seront injectés localement dans le bras pour essayer de retrouver la force musculaire. Ces recherches visent à déterminer la quantité minimale de vecteur nécessaire  pour obtenir un effet au niveau du corps entier. Il s’agit aussi de vérifier que l’effet est durable dans le temps.

Partenariat

Cette thérapie génique est le fruit de plusieurs années de recherches menées par l’Institut Atlantic Gene Therapies constitué de l’UMR 1089 Inserm (IRS Nantes) et de l’UMR 703 Inra/Oniris (Centre Angers/Nantes).

L’équipe de pathologistes et de techniciens de l’UMR 703 a pris en charge l’exploration tissulaire des muscles des animaux afin d’évaluer l’effet bénéfique du traitement testé. Ces travaux ont également mobilisé les compétences du Centre de Thérapie génique et cellulaire de Boisbonne.

Ils sont soutenus par la région Pays de la Loire, le Centre de Référence des Maladies Neuromusculaires Rares, des Centres Hospitalo-Universitaires de Nantes et d’Angers et l’Association Française contre les Myopathies (AFM).

Contact(s)
Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Pays de la Loire

Le saut d'exon

La thérapie génique repose sur la technique du saut d’exon. Le vecteur injecté porte une séquence d’ARN qui permet de masquer la mutation située sur le gène de la dystrophine, mutation qui décalait le cadre de lecture de l’ADN lors de la formation de  messager. L’exon (1) portant la mutation étant court-circuité, le cadre de lecture de l’ADN est restauré et on obtient une molécule de dystrophine plus courte, mais fonctionnelle.

(1) Les exons sont les parties codantes du gène.

Référence

Le Guiner, C. et al. 2014. Forelimb Treatment in a Large Cohort of Dystrophic Dogs Supports Delivery of a Recombinant AAV for Exon Skipping in Duchenne Patients. Molecular Therapy: the journal of the American Society of Gene Therapy. DOI: 10.1038/mt.2014.151