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Personne travaillant avec une chambre de Freter utilisée pour l'étude du microbiote intestinal en milieu confiné et contrôlé.. © Bertrand NICOLAS, INRA, NICOLAS Bertrand

Microbiote intestinal humain, vers un protocole standardisé de traitement des échantillons de selles

Bien connaître le microbiote intestinal humain et apprécier l'impact sur la santé nécessite d’uniformiser les méthodes de métagénomique* utilisées. Dans le cadre d’un vaste projet international, des chercheurs de l’Inra et du CEA1 révèlent l’impact majeur de l’étape d’extraction de l’ADN sur l’évaluation de la composition microbienne des échantillons de selles humaines. Ils proposent un protocole optimisé qui s’inscrit dans une suite de procédures standardisées de traitement des échantillons, de leur collecte à l’analyse bioinformatique des données. Performant, transférable et automatisable, ce protocole contribuera à la production de données de qualité permettant des comparaisons robustes. Ces résultats sont publiés le 02 octobre 2017 dans la revue Nature Biotechnology.

Mis à jour le 10/10/2017
Publié le 05/10/2017

De la bouche à l’anus, le système gastro-intestinal est l’un des écosystèmes les plus étudiés. La connaissance de sa composition microbienne passe notamment par l’extraction et le séquençage de l’ADN des micro-organismes qui l’habitent. Entre prélèvement de l’échantillon et analyse informatique, des chercheurs de l’Inra et du CEA1 et leurs partenaires, ont étudié l’impact de la méthode d’extraction de l‘ADN sur la composition microbienne d’échantillons de selles humaines. Ils proposent un protocole standardisé d’extraction d’ADN à même de faciliter les analyses à grande échelle du microbiote et la comparaison des résultats.

Dans le cadre d’un projet international**, ce ne sont pas moins de 21 protocoles d’extraction d’ADN qui ont été comparés dans 11 pays de l’hémisphère nord et sur trois continents (Europe, Amérique et Asie). Kits d’extraction commerciaux ou protocoles des laboratoires eux-mêmes ont été mis en œuvre par chaque partenaire associé, pour évaluer les mêmes échantillons de selles, soit huit échantillons provenant de deux individus.

L’extraction de l’ADN, une étape clé de l’analyse

Les scientifiques de l’Inra et du CEA et leurs partenaires, ont ainsi mis en évidence que, si toutes les étapes d’analyse des échantillons sont critiques, l’extraction de l’ADN est la plus susceptible d’en affecter les résultats, générant des variations plus importantes que certains facteurs biologiques (p.ex. différences entre individus ou différences au cours du temps pour un même sujet) ou que d’autres étapes techniques (p. ex. conservation de l’ADN).

La quantité d’ADN extraite et son intégrité sont ainsi largement affectées par le protocole d’extraction et impactent la composition de l’échantillon. Sur 366 espèces bactériennes testées, 90 (25 %) sont affectées par le protocole d’extraction et peuvent être sous-représentées. La majorité d'entre elles sont des bactéries à Gram positif (lesquelles représentent quelque 37 % des bactéries du microbiote) dont la paroi résiste plus aux forces mécaniques mobilisées lors de l’extraction.

Vers un protocole standardisé, performant et transférable

Les scientifiques ont ensuite évalué la transférabilité et quantifié la précision des protocoles d’extraction de l’ADN les plus performants en travaillant sur une communauté microbienne synthétique constituée de souches représentant 10 espèces bactériennes.

Au terme de ces différentes évaluations, les chercheurs de l’Inra, du CEA et leurs partenaires, ont proposé un protocole standard de traitement des échantillons de selles humaines, de l’échantillonnage à l’analyse bioinformatique en passant par l’extraction et le séquençage de l’ADN.

Alors que la communauté scientifique internationale s’investit massivement sur le sujet, alors qu’il n’existait pas jusque-là de protocoles standards,  les chercheurs, grâce à cette démarche de structuration des méthodes de métagénomique, proposent un protocole performant, transférable et automatisable pour l’extraction d’ADN. Celui-ci est inclus dans une chaine complète de procédures standardisées disponibles en ligne (http://www.microbiome-standards.org/#), qui contribueront, dans le domaine du microbiote humain, animal et au-delà, à optimiser la qualité des données produites et leur comparaison.

 

*La métagénomique consiste à étudier collectivement les gènes d’une communauté microbienne dans son ensemble (bactéries, virus, champignons, archées...), sans exiger l’accès aux microbes isolés par culture au laboratoire. On analyse et modélise la diversité et la composition de communautés complexes par séquençage haut débit de leur ADN.

**Ce travail a été réalisé dans la cadre du projet International Human Microbiome Standards (EU-IHMS, FP7, 2011-2015).

1. Institut François Jacob/Génoscope

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Service presse Inra (01 42 75 91 86)
Centre(s) associé(s) :
Jouy-en-Josas

Reference

Towards standards for human fecal sample processing in metagenomic studies

Paul I Costea, Georg Zeller, Shinichi Sunagawa , Eric Pelletier, Adriana Alberti , Florence Levenez, Melanie Tramontano, Marja Driessen, Rajna Hercog, Ferris-Elias Jung, Jens Roat Kultima, Matthew R Hayward, Luis Pedro Coelho, Emma Allen-Vercoe, Laurie Bertrand, Michael Blaut, Jillian R M Brown, Thomas Carton, Stéphanie Cools-Portier, Michelle Daigneault, Muriel Derrien, Anne Druesne, Willem M de Vos, B Brett Finlay, Harry J Flint et al. (2017). Nature Biotechnology. 2 octobre 2017. doi:10.1038/nbt.3960