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PROSPECTIVE Agrimonde. © inra

Prospective Agrimonde : comment nourrir le monde en 2050 ?

Agrimonde G1, un scénario de rupture pour des systèmes agricoles durables

Pour son versant quantitatif, Agrimonde travaille sur deux scénarii de l’état du monde en 2050, deux futurs possibles illustrés par trois paramètres principaux : la disponibilité alimentaire apparente par habitant, les rendements en calories alimentaires végétales et  l’utilisation des terres. Le scénario G1 anticipe la mise en place des conditions d’un développement durable de la planète.

Mis à jour le 24/04/2013
Publié le 26/02/2013

Agrimonde G1 vise la durabilité des systèmes agricoles et agroalimentaires, et explore des trajectoires régionales d'évolution susceptibles de permettre d'atteindre cette cible. Dans ce scénario de rupture, les disponibilités alimentaires en 2050 sont fixées à 3 000 kilocalories/jour/habitant, dont 500 d'origine animale. Cette norme suppose une diminution de 25% des consommations individuelles apparentes dans les pays développés de l'OCDE et inversement, une augmentation équivalente en pourcentage en Afrique subsaharienne.
Dans ce scénario, les surfaces cultivées augmentent considérablement, d’un peu moins de 580 millions d'hectares en 50 ans, soit deux fois plus que dans le scénario AGO. Cette augmentation des surfaces cultivées s'opère presque exclusivement au détriment des pâtures (- 481 millions d’hectares, soit - 14%) alors que les surfaces forestières sont pratiquement constantes. Ces surfaces sont cultivées de façon bien différente relativement à aujourd’hui et au scénario AGO. À l’échelle de la planète, les rendements augmenteraient de 1,14 % par an soit deux fois moins vite que sur les années 1961-2000 (2,01%).

Le choix de l'intensification écologique

Les rendements et leur croissance s'appuient en effet sur une diversité de sources. L'innovation est plurielle, à la fois générique et spécifique. Elle tire profit des savoirs locaux et valorise les services rendus par les écosystèmes. Elle privilégie des choix technologiques fondés sur « l'intensification écologique » des pratiques permettant de limiter les impacts négatifs de l'agriculture sur les différents biens environnementaux : les émissions agricoles de gaz à effet de serre diminuent, les ressources sol et eau sont protégées, la biodiversité est préservée et valorisée, etc. 
La réduction simultanée des déficits et des excès nutritionnels permet d'assurer la durabilité du côté de la demande et, tout comme dans Agrimonde GO mais selon une logique différente, de réduire significativement les inégalités en matière d'alimentation ainsi que de relations alimentation - santé. A l'offre, dans le droit fil du Rapport 2008 de la Banque mondiale sur le développement dans le monde [BM, 2008], c'est en premier lieu le développement agricole et rural qui va réduire la pauvreté et augmenter les revenus des pays en développement. Par ailleurs, le monde aura mis en œuvre un ensemble d'actions permettant d'assurer les augmentations requises de biomasses alimentaires dans le cadre d'un respect des ressources naturelles et de l'environnement.
En Afrique du Nord - Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne et en Asie, la production agricole locale reste toutefois insuffisante pour couvrir les besoins domestiques. Le déficit est comblé par des importations en provenance des trois autres zones dans le cadre d'échanges mondiaux sécurisés et régulés sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies pour la Sécurité Alimentaire (UNOFS selon l'acronyme anglais). Les règles internationales autorisent des exceptions fortes au principe du libre échange en intégrant les enjeux environnementaux et en autorisant la protection des agricultures locales les moins productives dans leur phase de développement.