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PROSPECTIVE Agrimonde. © inra

Prospective Agrimonde : comment nourrir le monde en 2050 ?

Le scénario GO, les tendances actuelles se poursuivent

Pour son versant quantitatif, Agrimonde travaille sur deux scénarii de l’état du monde en 2050, deux futurs possibles illustrés par trois paramètres principaux : la disponibilité alimentaire apparente par habitant, les rendements en calories alimentaires végétales et  l’utilisation des terres. Le scénario GO, basé sur les hypothèses de Global Orchestration du Millennium Ecosystem Assessment, table sur une poursuite des tendances actuelles au cours des 50 prochaines années.

Mis à jour le 24/04/2013
Publié le 26/02/2013

Ce scenario correspond à la prolongation des évolutions historiques des productions et des utilisations de biomasses alimentaires dans un monde totalement libéralisé. La croissance économique est forte dans toutes les régions, notamment en Asie, en Afrique subsaharienne et dans les pays de l’ex Union soviétique. Le scénario Agrimonde GO (AGO) suppose que les rendements augmentent sensiblement d’ici 2050, à des rythmes néanmoins plus faibles que ceux observés sur la période 1961-2000 sauf dans deux régions, l’ex Union soviétique et l’Afrique subsaharienne. Les investissements dans la recherche, l’innovation, l’éducation, la santé et les infrastructures sont élevés. Le progrès technique est important et étendu à l’ensemble de la planète. La pauvreté est réduite de façon substantielle. Les systèmes de production agricole sont de plus en plus homogènes, fixés selon un modèle industriel avec fort recours à la motorisation et à la mécanisation, aux engrais et aux produits de traitement des cultures, au détriment des savoirs locaux et au prix d’une perte de diversité, notamment en termes d’espèces cultivées.

Une augmentation des calories d'origine animale

L’irrigation est un facteur clef de la croissance des rendements. Dans AGO, les surfaces cultivées augmentent (+ 327 millions d’hectares, soit + 38%) mais également les surfaces pâturées (+ 258 millions d’hectares, soit + 8%).
L’augmentation de la production agricole permet de satisfaire des besoins alimentaires en forte hausse sous le double jeu de la démographie et de l’élévation généralisée des niveaux de vie. Le nombre de sous-nourris a pu être divisé par 2,5 en 50 ans. Dans toutes les zones, la part des calories d’origine animale dans les rations alimentaires augmente. Le scénario AGO correspond à un accroissement de 19% de ces disponibilités à l’échelle de la planète entre 2003 (3 015 kcal/jour/hab dont 498 d’origine animale) et 2050 (3 588 kcal/j/hab dont 834 d’origine animale). Dans toutes les régions, les consommations de produits animaux et la part de ceux-ci dans les rations augmentent. Dans ce scénario, les conditions sont remplies pour une montée en puissance de plusieurs problèmes environnementaux globaux, comme le changement climatique ou la surexploitation des ressources marines.
Néanmoins, leur traitement n’est pas nécessairement anticipé. En effet, la préoccupation environnementale ne vient qu’en second, priorité étant donnée à satisfaire les besoins alimentaires et énergétiques immédiats. De fait, la résolution des questions environnementales n’est mise en œuvre que de façon réactive. En dépit de ressources financières disponibles et d’un contexte institutionnel mondial favorable, rien n’est réellement fait pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.