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Reportage photographique réalisé en novembre 2009 en  GUYANE  française à l'unité Ecologie des forets de  GUYANE . Echantillonnages réalisés sur le terrain afin d'inventorier la diversité des espèces forestières de la forêt tropicale guyanaise.. © © INRA, MAITRE Christophe

Le climat change : la nature et l’agriculture aussi !

Adapter l’agriculture et la forêt au changement climatique

Différents niveaux sont à prendre en compte pour adapter l’agriculture et la sylviculture aux évolutions du climat et à leurs impacts directs et indirects.

Publié le 20/02/2015

Chêne liège à écorce épaisse © Renaud Piazzetta, IML
Chêne liège à écorce épaisse © Renaud Piazzetta, IML

Adapter les pratiques culturales

 Le renforcement du réchauffement climatique impliquera des modifications dans les pratiques agricoles : par le choix de variétés plus tardives, plus adaptées à la chaleur, par l’ajustement du calendrier des cultures (fertilisation, irrigation), par la prise en compte du développement ou de l’émergence de maladies et de ravageurs, par la mise en application de pratiques agricoles limitant les gaz à effet de serre, notamment pour les engrais.

 Un possible déplacement des zones de production

 Le réchauffement récent n’a pas provoqué de déplacement géographique observable des systèmes de production, car il reste encore dans la gamme de la variabilité interannuelle. Mais, pour le futur, sachant qu’un réchauffement de 1° C équivaut à un déplacement vers le nord de l’ordre de 180 km et en altitude de l’ordre de 150 m, l’hypothèse d’une modification profonde des paysages est à envisager. On peut donc légitimement envisager, avec un réchauffement accru, une remontée de certaines productions et, pourquoi pas, l’introduction de cultures nouvelles dans le sud.

 Une nouvelle répartition des espèces forestières

Au niveau des forêts, des travaux récents ont permis d’esquisser la répartition géographique potentielle des principales formations forestières à la fin du siècle : par exemple, le chêne vert pourrait s’étendre vers une grande moitié sud de la France, tandis que le hêtre serait en forte régression, ainsi que le sapin. Il ne s’agit là que de tendances s’appuyant sur l’extrapolation des enveloppes bioclimatiques actuelles de ces formations, et par ailleurs la grande inconnue réside dans la capacité de migration et d’adaptation des espèces sur une période aussi courte par rapport aux milliers d’années qui leur ont permis de s’adapter dans leur histoire évolutive.

 Une migration assistée par l’homme

 Même si les essences forestières possèdent certaines capacités adaptatives qu’il sera important de valoriser, dans beaucoup de régions cela sera insuffisant pour maintenir la forêt dans son état actuel.

L’adaptation des forêts au changement climatique passera par de nouvelles pratiques d’anticipation et d’accompagnement, avec un ajustement en continu des pratiques : substitutions d’essence, changements des régimes d’éclaircie et de coupe, gestion adaptée des sous-étages et des sols.. Cette sylviculture adaptative devra faire évoluer les forêts en tenant compte des contraintes écologiques et socio-économiques.

Différentes échelles de temps

Temps d’adaptation envisageables :

  • Pour les prairies, l’élevage et les cultures pérennes : de 10 à 20 ans
  • Pour les forêts : 50 ans (délai d’entrée en production)

La migration des espèces pose la question de la continuité de la fourniture de produits liés à un terroir qui ne sera plus assurée et des répercussions économiques de ces changements de production pour les régions.