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Reportage photographique réalisé en novembre 2009 en  GUYANE  française à l'unité Ecologie des forets de  GUYANE . Echantillonnages réalisés sur le terrain afin d'inventorier la diversité des espèces forestières de la forêt tropicale guyanaise.. © © INRA, MAITRE Christophe

Le climat change : la nature et l’agriculture aussi !

Impacts sur les ravageurs et les maladies

On observe une expansion de certains ravageurs, comme la processionnaire du pin, vers le nord, une accélération du cycle pour le carpocapse de la pomme, une diversification des espèces de pucerons. L’encre du chêne bénéficie de la diminution du froid hivernal. Le changement climatique favorise ainsi l’adaptation de certaines espèces de pathogènes.

Publié le 20/02/2015

Appetit plus important carpocapse tronc pommier © Inra
Appetit plus important carpocapse tronc pommier © Inra

Extension géographique des aires de répartition de certains ravageurs

 On constate depuis plusieurs années une expansion géographique de la chenille processionnaire du pin qui cause de sévères dégâts aux résineux et des problèmes allergiques pour l’homme. Ce ravageur progresse vers le nord de la France et en altitude : repéré à 70 km de Paris en 2003, le premier nid de front se situe désormais à 36 km de Paris. Les recherches ont permis d’établir un lien clair avec le réchauffement climatique.

 Apparitions de nouveaux ravageurs ou de nouvelles maladies

 Il est également fréquent de voir apparaître, du fait de l’expansion des transports et des échanges, des maladies ou des ravageurs venant d’autres zones géographiques (on parle alors de maladies émergentes ou de maladies invasives). Le réchauffement climatique peut faciliter leur adaptation, mais il y a encore peu d’évaluations précises de son impact sur ce point. Des études détaillées sont en cours sur les cas les plus typiques :

• une aleurode,Bemisia,dans les serres du sud-est

• la fièvre catarrhale ovine, apparue en Corse depuis quelques années et en Belgique et aux Pays-Bas en 2006.

 Augmentation du nombre et de la diversité de certaines populations d’insectes

 Les études de suivi montrent que le carpocapse des pommes est passé récemment de deux à trois générations par an dans le sud-est. Cette accélération du cycle est certes favorisée par l’arrivée de nouvelles variétés en majorité tardives, mais s’explique surtout par l’augmentation du nombre de jours où la température dépasse les 10° C, qui ont augmenté de 25 % par rapport aux années 70.

Quant aux pucerons, les piégeages n’indiquent pas d’augmentation de leur quantité, mais plutôt de leur diversité : le nombre moyens d’espèces capturées est passé de 169 entre 1978 et 1982 à 211 actuellement. Par ailleurs, la date de début des migrations est toujours plus précoce : globalement, on a observé un mois d’avance sur les sites de Rennes et Montpellier depuis 30 ans.

 Impact potentiel accru de certains ravageurs et parasites

 Globalement, une plus grande fréquence des événements climatiques extrêmes (sécheresse, pluviosité excessive, tempêtes...) induit un stress supplémentaire sur les arbres forestiers, les rendant potentiellement plus sensibles aux attaques des ravageurs et des parasites. Des risques accrus pour certaines maladies fongiques hivernales des grandes cultures et pour les maladies propagées par des pucerons sont attendus.

 Développement favorisé pour certains pathogènes et certains insectes

 En observant des coupes de chênes infectés par l’encre (maladie causée par un microorganisme attaquant les racines de différentes espèces forestières dont le chêne et le châtaignier), des chercheurs de l’Inra ont étudié l’évolution de cette maladie sur les 30 dernières années. Ils ont montré que le froid hivernal limite le développement de la maladie.

Parallèlement, les travaux réalisés sur la processionnaire du pin ont conduit à établir, à partir des observations récentes, une modélisation suffisamment fiable de l’aire d’expansion pour permettre de projeter l’aire d’extension future en fonction des scénarios climatiques.

logo Agiir. © Inra

Appel aux citoyens pour détecter les invasions d’insectes

Parce que les scientifiques ne peuvent pas surveiller tout le territoire et qu’il est crucial de détecter très tôt les espèces invasives pour prendre les mesures adéquates, la recherche fait appel aux citoyens. L’application AGIIR permet à tout un chacun de reconnaître une espèce invasive et d’envoyer sa photo et sa position GPS dans une base de données, où les informations sont vérifiées et intégrées. Cette application fonctionne pour la chenille processionnaire, le frelon asiatique et depuis 2014, pour la punaise diabolique.

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