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Systèmes agricoles innovants : l’expérimentation système © CATTIAU Gilles

Systèmes agricoles innovants : l’expérimentation système

 L’exemple de Dijon-Epoisses : lutte contre les adventices

L’expérimentation système en protection intégrée des cultures de Dijon-Epoisses compare depuis dix ans quatre systèmes innovants de production végétale économes en intrants. Les chercheurs prouvent qu’il est possible de diviser par trois l’usage des herbicides sans perdre la maîtrise des infestations.

Mis à jour le 21/03/2018
Publié le 21/10/2012

Présentation de l'expérimentation système PIC (Protection intégrée des cultures) de Dijon à des agriculteurs.. © inra
Présentation de l'expérimentation système PIC (Protection intégrée des cultures) de Dijon à des agriculteurs. © inra

Depuis l’été 2000, quatre prototypes de systèmes sont testés sur vingt hectares : (1) techniques culturales simplifiées, (2) agriculture intégrée sans désherbage mécanique, (3) protection intégrée avec désherbage mécanique, et (4) « zéro herbicide ». Le système de référence est un système de production en agriculture raisonnée.

On peut réduire les pesticides de 50 à 80 %

« Le prototype de production 3 - en protection intégrée sans contrainte, avec désherbage mécanique - divise par trois l’usage des herbicides, et réduit de 50 à 80 % l’ensemble des pesticides. Ces réductions n’ont pas entraîné d’augmentation du stock semencier », explique Nicolas Munier-Jolain, responsable de l’expérimentation système.
Le bilan environnemental est en outre très positif : ce système de production n’a ni alourdi le bilan énergétique - malgré un passage plus fréquent dans les parcelles pour les faux semis -, ni les émissions de gaz à effet de serre, grâce en particulier à l’introduction de légumineuses dans des rotations diversifiées.
En réduisant ses intrants, l’agriculteur diminue ses charges de 100 à 170 euros/ha/an. Mais la diversification de l’assolement couplée à une baisse des rendements de 19 % (en moyenne en blé) entraîne une perte de produit brut d’environ 200 euros. Les cultures introduites, comme le sorgho, la féverole, le lupin ou le soja, contribuent beaucoup à cette baisse de produit brut. Au bilan, la baisse des charges ne compense pas la perte de produit brut, et la marge est réduite d’environ 100 euros/ha/an par rapport au système de référence, valeur approximative qui dépend beaucoup du contexte économique fluctuant.

Le stock semencier, la variable clé

Un des points forts et démonstratifs de l’étude est  l’évaluation du stock semencier, qui permet de mesurer la présence des adventices dans le sol. La manipulation, qui nécessite cent prélèvements par parcelle, consiste à carotter le sol sur trente centimètres, puis à analyser les graines au laboratoire, en les caractérisant une à une sous la loupe binoculaire ! Très rarement réalisée en France et au niveau mondial, cette mesure du stock semencier est cependant fondamentale pour progresser dans la gestion des mauvaises herbes.
Par ailleurs, les chercheurs mesurent aussi la faune du sol (vers de terre) et leur microbiologie.
Ainsi que les transferts des pesticides des champs vers les eaux de surface et souterraines et les flux de gaz à effet de serre, N2O, CO2 émis au champ.

Une valeur patrimoniale

Les prototypes de systèmes, installés depuis dix ans avec le même jeu de règles de décision, ont généré des milieux originaux, qui sont devenus eux-mêmes des observatoires pour la recherche, par exemple sur l’évolution de la matière organique des sols. On redécouvre les vertus des expérimentations longues qui permettent de voir des effets cumulatifs.

Un lieu de partage des savoirs

Sur place, les équipes informent et forment de manière répétitive. Autant que la production de résultats scientifiques ou expérimentaux, le dispositif s’attache à la diffusion de ces techniques et connaissances au monde agricole. Il constitue un accompagnement de la profession dans ses changements de pratique, en particulier dans la dynamique Ecophyto actuelle. Pour Guy Richard, chef du département Environnement et agronomie, « les résultats sont multiples. Cela donne un ensemble de connaissances à destination de la communauté scientifique et professionnelle ». En 2012, PIC Dijon-Epoisses a déjà reçu la visite de plus de 800 agriculteurs, et une cinquantaine de conseillers, formateurs et chercheurs.