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Systèmes agricoles innovants : l’expérimentation système © CATTIAU Gilles

Systèmes agricoles innovants : l’expérimentation système

L’exemple de St-Laurent-de-la-Prée : prise en compte de la biodiversité

L’expérimentation système de Saint-Laurent-de-la-Prée, menée depuis presque quatre ans près de La Rochelle (Charente-Maritime), est un bel exemple d’application des principes de l’agroécologie. Ce système de polyculture-élevage, situé dans les marais charentais, se veut à la fois producteur de cultures et d’animaux, (veaux, broutards, bœufs engraissés) et « producteur » de biodiversité.

Mis à jour le 20/06/2017
Publié le 22/10/2012

Cinquante vaches de race Maraichine paissent sur le domaine de St-Laurent-de-la-Prée, qui s'étend sur 180 ha dont 1/3 de cultures drainées et 2/3 de prairies permanentes.. © inra, NICOLAS Bertrand
Cinquante vaches de race Maraichine paissent sur le domaine de St-Laurent-de-la-Prée, qui s'étend sur 180 ha dont 1/3 de cultures drainées et 2/3 de prairies permanentes. © inra, NICOLAS Bertrand

Nourrir les vaches et préserver les oiseaux des marais

« Pour les oiseaux qui nichent au printemps dans les prairies, la hauteur de l’herbe est l’un des facteurs clés », explique Christophe Rossignol, en charge de l’élevage. Idéalement, elle doit être inférieure à 10 cm pour la nidification du vanneau huppé par exemple, puis entre 10 et 15 cm pour protéger les poussins après l’éclosion. Mais toutes les espèces d’oiseaux ne nichent pas en même temps et ne recherchent pas les mêmes couverts végétaux. Il faut sortir les vaches assez tôt, dès mars, pour raccourcir l’herbe à temps, mais pas trop tôt, sinon, le sol argileux est trop meuble (non portant) et l’herbe pas assez abondante pour nourrir correctement les vaches. « On arrive à concilier toutes ces contraintes en jouant sur plusieurs parcelles de hauteurs d’herbe différentes, avec des temps de pâturage variables », poursuit Christophe Rossignol.
Un système de cultures diversifiées sur 50 ha permet de compléter l’alimentation des vaches en diminuant le recours à l’achat de compléments. Outre le blé d’hiver, le tournesol, le triticale, la rotation sur neuf ans inclut des protéagineux (pois, féverole) et de la luzerne pour faire des stocks d’aliments pour l’hiver ou pour combler le « trou d’été », les années où l’herbe manque.

Pour Jean-Michel Hillaireau, qui gère ces cultures, « le marais fournit une bonne réserve d’eau qui permet des cultures exigeantes en été, comme le maïs ou le tournesol, à condition de bien le gérer au niveau hydraulique, pour maintenir la fertilité du sol (hydromorphie, porosité, vie biologique). Même les cultures peuvent être attractives pour les oiseaux, complète-t-il, les vanneaux peuvent nicher dans le tournesol et on a eu cette année un nid de busards des roseaux dans le triticale… »

Couvée de busards dans une culture de triticale.. © inra, Nathalie Lemaire
Couvée de busards dans une culture de triticale. © inra, Nathalie Lemaire

Appliquer les principes de l’agroécologie

« Nous cherchons à tirer profit des propriétés naturelles du système. Les prairies par exemple sont le support de biodiversité animale et végétale et peuvent jouer un rôle dans l’amélioration de la qualité de l’eau en dégradant les nitrates, conclut Daphné Durant, ingénieure écologue au domaine. Nous valorisons aussi les bandes enherbées (5 ha) en tant que réservoirs d’auxiliaires de culture : les pollinisateurs et les insectes prédateurs comme les carabes, qui détruisent les limaces et les pucerons. Nous ouvrons le domaine aux chercheurs extérieurs qui viennent étudier d’autres aspects du système, comme la structure des sols de marais ou encore la biodiversité aquatique et des bords de canaux ».

Une démarche « pas à pas »

Au contraire de SIC et de Dijon, mais comme à Mirecourt, l’expérimentation suit une démarche « pas à pas », avec une amélioration continue tendant vers des objectifs qualitatifs : améliorer la biodiversité ainsi que la qualité de l’eau et des sols, et augmenter l’autonomie du système, en particulier l’autonomie alimentaire du troupeau. Cette dernière devrait être augmentée dès 2013 par la mise en service de silos à grains, tandis que les indicateurs de biodiversité (oiseaux, insectes, flore) seront suivis chaque année sur le long terme. L’évaluation multicritère voulue implique de calculer également le bilan économique annuel du système et la charge de travail.

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Sciences pour l’action et le développement
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Nouvelle-Aquitaine-Poitiers