L’Observatoire de Recherche en Environnement (ORE) mis en place en 2010 à Estrées-Mons (80). Ce dispositif de 22 hectares fait partie de l’ORE ACBB - Agro-écosystèmes, Cycles Biogéochimiques et Biodiversité - et complète les dispositifs actuels de Lusignan et Theix. Les parcelles expérimentales sont instrumentées pour suivre la dynamique du carbone et de l’azote dans les sols, l’eau et l’air, ainsi que la biodiversité. © MAITRE Christophe

Une agriculture « climatointelligente »

Un Carrefour de l'Innovation agronomique intitulé « Atténuation des Gaz à Effet de Serre par l’agriculture » s'est tenu à Versailles le 04 juin 2014. Il a permis d'aborder les enjeux de la réduction des émissions de GES et la place particulière tenue par l’agriculture dans les objectifs à atteindre en s'appuyant sur les résultats de l’étude « quelle contribution de l’agriculture française à la réduction des GES ? », (Inra-Ademe, 2013).

Mis à jour le 26/06/2014
Publié le 17/06/2014

Une agriculture « climatointelligente », tel est le nouveau concept autour duquel se rassemblent les grands organismes internationaux tels que la banque mondiale et la FAO, face au défi toujours pressant du réchauffement climatique, indique Jean-François Soussana (1) en clôture de la rencontre.  Ce concept exprime la nécessaire convergence entre objectifs économiques et atténuation des gaz à effet de serre, convergence également entre adaptation au changement climatique, atténuation et sécurité alimentaire.

De fait, le secteur agricole, que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) définit comme incluant l’agriculture, la forêt et l’usage des sols, possède un potentiel d’atténuation des GES à un coût compétitif. Il l’a déjà prouvé puisque sa contribution  au bilan des émissions mondiales est passée de 30 à 24% en une dizaine d’années, essentiellement grâce au frein politique exercé sur la déforestation au Brésil.

L’ampleur du défi est telle, souligne pour sa part Christian Huyghe (2) dans la conclusion, que certaines composantes fortement ancrées, comme les grands modèles de consommation, devront être remises en cause. En appui à cette idée, Jean-François Soussana indique que le dernier rapport du GIEC (2014) inclut pour la première fois une réflexion internationale sur l’atténuation des GES via des changements dans l’alimentation, à savoir la réduction des gaspillages et une évolution des régimes alimentaires.

Un autre obstacle à lever est la forte aversion au risque qui caractérise les agriculteurs, aversion qui pourrait augmenter avec la variabilité climatique observée actuellement, et avec les incertitudes sur les processus et les nouveaux systèmes à mettre en place. D’où l’importance essentielle du conseil  et de la formation qui doivent s’inscrire dans une démarche collective.

(1) Jean-François Soussana est Directeur scientifique Environnement à l'Inra et membre du GIEC.

(2) Christian Huyghe est Directeur scientifique adjoint Agriculture.

Un défi pressant

Le rapport du GIEC de 2014 le constate : les émissions de Gaz à Effet de Serre s’accélèrent, avec une augmentation des émissions de CO2 de +2,2% par an sur la période 2000-2010, contre 1,3% dans les décennies précédentes  et une progression du réchauffement climatique de +0,8% depuis 1850. Ce qui devrait conduire, à moins d’un ralentissement fort et continu des émissions, à une augmentation de la température moyenne mondiale de 2 voire 3°C à la fin du siècle.

Pour aller plus loin

Le carrefour de l’innovation agronomique « Atténuation des Gaz à Effet de Serre par l’agriculture » s'est tenu à Versailles le 04 juin 2014.

Retrouvez :

-  les vidéos de ce carrefour
-  les diaporamas projetés lors des différents exposés
-  les articles relatifs à ce carrefour parus dans la revue « Innovations agronomiques » : à venir prochainement

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