L’agriculture française possède de nombreux atouts liés notamment à la clémence de ses climats et à la diversité de ses territoires. Pourtant, aujourd’hui, elle fait face à des défis de très grande ampleur correspondant à des transitions nutritionnelle, climatique, énergétique, environnementale…, étroitement imbriquées. Dans ce contexte, de nouveaux modèles agricoles et alimentaires doivent être mis en place.. © Inra

Les pratiques agricoles à la loupe

L’agriculture française possède de nombreux atouts liés notamment à la clémence de ses climats et à la diversité de ses territoires. Pourtant, aujourd’hui, elle fait face à des défis de très grande ampleur correspondant à des transitions nutritionnelle, climatique, énergétique, environnementale…, étroitement imbriquées. Dans ce contexte, de nouveaux modèles agricoles et alimentaires doivent être mis en place.

Mis à jour le 22/02/2017
Publié le 23/02/2017

Les pratiques agricoles évolueront de façon à simultanément offrir des biens et services de qualité, assurer la viabilité économique des exploitations et ménages agricoles, réduire les consommations de ressources fossiles, préserver l’environnement, et offrir aux agriculteurs, à leur famille et à leurs animaux de bonnes conditions de vie.

Nombreuses sont les exploitations agricoles qui se transforment dans une perspective de multiperformance. Néanmoins, pour innover, il faut pouvoir anticiper les conséquences des changements de pratiques et les conditions de réussite de leur mise en œuvre sur l’exploitation.

Pour innover, il faut pouvoir anticiper

Ce livre analyse les impacts des pratiques agricoles sur les performances productives, économiques, environnementales et sociales de l’agriculture française métropolitaine. Au total, plus de 200 pratiques agricoles regroupées en quinze classes sont passées à la loupe : des modalités de travail du sol aux pratiques de fertilisation et de protection de la santé des cultures et des animaux, en passant par la sélection végétale et animale, la conduite d’élevage ou encore le choix des agroéquipements... Après avoir présenté la démarche, ces quinze classes constituent autant de chapitres qui peuvent se lire de manière indépendante. Les enseignements transversaux, c’est-à-dire les voies principales de progrès vers la multiperformance, et les limites de ce travail clôturent cet ouvrage.  

 

Cet ouvrage a été rédigé par un collectif de sept chercheurs, ingénieurs agronomes ou agricoles de l’Inra, réunissant des compétences en agronomie et environnement, économie, génétique végétale et sciences de l’élevage : Hervé Guyomard, Christian Huyghe, Jean Louis Peyraud, Bernard Coudurier, Jean Boiffin, François Jeuland et Nicolas Urruty.

 

Les pratiques agricoles à la loupe

Vers des agricultures multiperformantes

Editions Quae - 464 pages, février 2017 - 45 euros

Extraits

Nouveaux contextes, nouveaux modèles

« Les évolutions démographiques, sociétales, sociales et plus spécifiquement des systèmes et régimes alimentaires ont, en pratique, accru la distance entre, d’un côté les agriculteurs et l’agriculture, et de l’autre les consommateurs et l’alimentation. Cette distanciation couvre trois dimensions : spatiale, technologique et temporelle. Elle conduit à ce qu’il y ait de moins en moins de racines culturelles et d’espaces communs partagés entre agriculteurs et consommateurs. Elle est accentuée par les crises et scandales alimentaires qui se multiplient. Mais plus positivement, elle est aussi pour une large part à l’origine de très nombreuses initiatives qui visent à une réappropriation et réidentification de l’alimentation via différents arrangements organisationnels tels que la vente directe à la ferme ou les circuits courts, et elle conduit à conférer à l’agriculture urbaine, voire périurbaine, une fonction particulière. » 

200 pratiques agricoles analysées, des repères pour innover

« Tout au  long des chapitres qui composent cet ouvrage, nous avons analysé les impacts d’un peu plus de 200 pratiques agricoles sur 35 performances productives, économiques, environnementales et sociales des exploitations agricoles françaises métropolitaines. De cette analyse, il ressort que quatre familles de pratiques agricoles peuvent être mobilisées de façon prioritaire pour favoriser la transition des agricultures françaises vers une plus grande durabilité. Il ressort également que l’adoption de ces pratiques plus durables se heurte à deux freins principaux, à savoir un besoin en capitaux matériels et bâtiments et un accroissement de la charge de travail, de sa pénibilité, technicité et/ou complexité. »