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Cet ouvrage présente les résultats d’une expertise scientifique sur les leviers disponibles pour réduire l’usage du cuivre en protection des cultures biologiques.

Peut-on se passer du cuivre en protection des cultures biologiques ?

Cet ouvrage présente les résultats d’une expertise scientifique sur les leviers disponibles pour réduire l’usage du cuivre en protection des cultures biologiques.

Publié le 20/06/2019

Le cuivre est utilisé en agriculture pour contrôler diverses maladies, principalement sur vigne, en productions fruitières et en cultures légumières. Il constitue la seule substance active à effet fongicide homologuée en agriculture biologique. Or la mise en évidence d’effets négatifs sur l’environnement du cuivre, notamment sur les organismes du sol, a conduit à des restrictions réglementaires d’usage, voire à son interdiction comme pesticide dans certains pays d’Europe du Nord. Ces restrictions croissantes posent des difficultés aux producteurs qui expriment le besoin d’« alternatives » au cuivre. C’est pourquoi l’Institut technique de l’agriculture biologique et l’Inra ont commandé une expertise scientifique sur le sujet. Cet ouvrage montre que les traitements alternatifs présentent une certaine efficacité contre les pathogènes ciblés, mais aussi que, pour permettre une forte réduction ou l’abandon du recours au cuivre, ces méthodes devront être combinées au sein de systèmes de protection intégrée.

 

Coordination éditoriale  

Didier Andrivon est directeur de recherche en biologie des populations, épidémiologie des maladies des plantes et protection intégrée de la pomme de terre et membre du Comité interne agriculture biologique (CIAB) de l’Inra. Il est le pilote scientifique de l’expertise. 

Isabelle Savini - Expertise collective, prospective et études de l’Inra, Paris et membre du CIAB. Suivi du projet, rédaction et coordination éditoriale.   

Plusieurs auteurs Inra ont participé à cet ouvrage  

Peut-on se passer du cuivre en protection des cultures biologiques ?

Expertise scientifique collective 

Editions Quae – 124 pages, juin 2019 – 26 euros 

Voir également le rapport de l’expertise

EXTRAITS

• L’usage du cuivre est contesté au sein même de l’AB. Les formulations de produits à base de cuivre utilisées en agriculture sont toutes issues de la chimie minérale de synthèse. Leur autorisation d’emploi en AB apparaît donc comme contraire aux principes fondateurs de ce mode d’agriculture. Elle résulte simplement du fait que l’usage ancien des préparations à base de cuivre (la bouillie bordelaise date des années 1880) en faisait un élément de la pharmacopée phytosanitaire avant l’explosion, essentiellement après la Seconde Guerre mondiale, de l’usage de pesticides issus de la recherche chimique et pharmaceutique. Ce hiatus entre les principes fondateurs de l’AB et la nature synthétique des préparations à base de cuivre est une des motivations fortes de certains producteurs et organismes certificateurs, en particulier ceux du mouvement biodynamique, pour en refuser l’emploi. (...)

Le cuivre constitue la seule matière active à effet fongicide fort et gamme d’action large homologuée en AB. Son remplacement dans ce mode de production est donc bien plus problématique qu’en agriculture conventionnelle, qui dispose le plus souvent de solutions alternatives sous forme de pesticides de synthèse, au moins contre les maladies majeures.

 

• Développer des systèmes de protection économes ou sans cuivre suppose a minima deux conditions : disposer de solutions techniques (méthodes préventives ou curatives, pratiques agronomiques) alternatives, de variétés résistantes ou peu sensibles aux maladies, accessibles et si possible intégrables au sein de systèmes dont la démonstration d’efficacité peut être faite ; et rendre ces nouveaux systèmes acceptables par les agriculteurs et les filières. 

Les analyses précédentes montrent qu’à l’évidence, il sera difficile de remplacer les produits cupriques par une seule technique alternative, tout en gardant la même efficacité et la même persistance d’action sur de longues périodes et pour un prix d’intervention similaire. Dès lors, il convient de s’interroger sur la possibilité de combiner ces efficacités partielles (dans le temps ou dans l’espace) pour parvenir à concevoir non plus des solutions individuelles alternatives (logique de substitution), mais des itinéraires de protection, voire des systèmes intégrés de production (logique de reconception plus ou moins poussée) permettant d’assurer un niveau d’efficacité et une durabilité au moins équivalents à ceux des systèmes actuels à base de cuivre, mais sans recours (ou avec un recours minime) aux produits cupriques.