• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

ARRAINA : Vers une nutrition adaptée à l’aquaculture durable

La durabilité et la compétitivité de l'aquaculture dépendent largement de la substitution des huiles et farine de poissons par des ingrédients alternatifs dans l’alimentation des poissons d’élevage. Le programme européen ARRAINA, coordonné par l’Inra, permettra d’aller plus loin dans cette démarche et, pour la première fois, de mesurer les effets à long terme de ces modifications sur le cycle de vie complet des poissons.

Truites. © MAITRE Christophe
Mis à jour le 07/07/2014
Publié le 07/03/2012

Pisciculture. © Inra, Christophe MAITRE
Pisciculture © Inra, Christophe MAITRE
Afin de satisfaire la demande croissante de poisson sans dépendance sur la pêche minotière, la commission européenne souhaite développer l’aquaculture tout en préservant sa durabilité. L’alimentation des principales espèces de poissons d’élevage en Europe repose encore majoritairement sur des farines et huiles de poissons issues de pêcheries industrielles. Or, la dépendance vis à vis de ces ingrédients, dont la production est limitée et les prix tirés vers le haut par une demande en hausse, peut compromettre la viabilité économique et environnementale de la filière aquacole.

Le projet ARRAINA (Advanced research initiatives for aquaculture and nutrition), lancé le 21 Février 2012* pour une durée de 5 ans, a pour objectifs principaux :

  • de construire des outils intégratifs à même de décrire et prédire les différentes réponses physiologiques aux ingrédients alternatifs à partir d’un panel de biomarqueurs (marqueurs moléculaires, expression des gènes, concentrations de métabolites…) déjà disponibles ou à développer au cours du programme
  • de développer et valider l’usage de vecteurs innovants (microparticules, nanocapsules, sonophorèse…) pour l’apport de nutriments visant notamment les très jeunes stades physiologiques et les géniteurs
  • de compléter nos connaissances sur les besoins nutritionnels à différents stades physiologiques pour cinq espèces majeures (saumon atlantique, carpe, truite arc-en-ciel, bar et daurade)
  • d’évaluer, pour ces cinq espèces, les conséquences à long terme de l’introduction d’ingrédients alternatifs sur la croissance, le métabolisme et la santé des poissons durant leur cycle de vie complet mais aussi sur la qualité et la sécurité sanitaire des produits
  • d’évaluer l’impact environnemental des nouveaux ingrédients en mesurant leurs effets sur les caractéristiques physiques des aliments et, pour chaque espèce, la physicochimie des fèces et les rejets piscicoles avec une prise en compte des systèmes d’élevage
  • d’améliorer l’utilisation des régimes alternatifs par les poissons adultes en utilisant le concept de « programmation nutritionnelle » qui permet de moduler durablement leurs réponses physiologiques à partir de stimuli nutritionnels à des stades précoces du développement.

Plusieurs programmes européens impliquant l’Inra ont déjà permis de démontrer la possibilité d’une réduction drastique des huiles et farines de poissons dans l’alimentation des espèces piscicoles au profit de produits d’origine végétale tout en préservant santé, bien-être et valeur nutritionnelle des poissons. Cette substitution peut néanmoins créer des carences ou des déséquilibres dans l’apport en nutriments essentiels et ainsi modifier le métabolisme des poissons au cours de son cycle de vie. Si les travaux antérieurs ont déjà abordé ces mécanismes du stade juvénile jusqu’au stade commercialisable, les effets à long terme d’un changement d’alimentation sur le cycle de vie complet des poissons (de l’œuf au reproducteur) reste à déterminer afin d’apporter une complémentation adéquate.

L’objectif finalisé du programme ARRAINA est de fournir les données, outils et méthodes nécessaires au développement d’aliments alternatifs qui couvrent les besoins nutritionnels des principales espèces aquacoles européennes. Afin d’accélérer le transfert, ARRAINA implique des partenaires professionnels (industrie et PME) depuis la définition jusqu’à la production des innovations. Ces avancées permettront également une flexibilité dans l’usage de différents ingrédients et constitueront une base solide pour la stratégie de développement durable de l’aquaculture de l’Union Européenne.

Coordonné par l’Inra Bordeaux-Aquitaine, ce projet rassemble 21 partenaires européens dont 10 instituts de recherche, un industriel de production d’aliments, 8 PME et une société spécialisée dans le transfert de connaissance.

* Le projet a officiellement débuté le 1er Janvier 2012. Le colloque de lancement a eu lieu les 21 et 22 Février 2012 à Paris.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :