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Vecteurs vaccinaux dérivés des Leporipoxvirus

De nouveaux vecteurs vaccinaux dérivés des Leporipoxvirus ont été mis au point. Ces vecteurs optimisent la réponse immunitaire induite contre le produit d’un transgène chez les animaux comme chez les humains. Inra Transfert recherche des partenaires industriels intéressés par ces vecteurs pour  le développement de vaccins.

Rex dalmatien. © WEBER Jean
Mis à jour le 02/07/2013
Publié le 07/07/2010

Contexte

Les poxvirus recombinants ont montré leur efficacité en tant que vecteurs de gènes pour la vaccination. En effet, il a été démontré leur capacité à induire chez l’hôte une réponse immunitaire protectrice contre de nombreux pathogènes (Moss B., PNAS, 1996, 93, 1134-11348). Ces virus présentent de nombreux avantages comme vecteurs de gènes, notamment leur cycle de réplication est exclusivement cytoplasmique et permet d’éviter d’éventuelles complications dues à l’intégration de l’ADN viral dans le génome de la cellule infectée. De plus, ils peuvent intégrer dans leur génome de grands fragments d’ADN étranger (plus de 25kb).

Au sein de cette famille de virus, les Leporipoxvirus ont déjà montré leur efficacité vaccinale chez le lapin, l’espèce cible (Bertagnoli et al., J Virol, 1996, 70, 5061-5066), ainsi que chez d’autres espèces dont le chat (McCabe et al., Vaccine, 2002, 20, 2454-2462; McCabe and Spibey, Vaccine, 2005, 23, 5380-5388). Les Leporipoxvirus présentent un spectre d’hôte très étroit (léporidés : lapins et lièvres), ce qui leur confère une sécurité d’emploi non négligeable, limitant les risques de dissémination des particules virales recombinantes.

Description de l’innovation

Des chercheurs de l’INRA-ENVT au sein de l’Unité Interactions Hôtes-Agents Pathogènes (IHAP), sous la direction de Stéphane Bertagnoli, ont mis au point de nouveaux vecteurs vaccinaux dérivés des Leporipoxvirus permettant d’optimiser la réponse immunitaire induite contre le produit d’un transgène. Contrairement aux approches traditionnelles utilisant les poxvirus, ces nouveaux vecteurs expriment l’antigène d’intérêt fusionné avec une protéine d’enveloppe du virus, permettant ainsi sa présentation à la surface de la particule virale. Les chercheurs de l’INRA ont identifié deux protéines d’enveloppe des Leporipoxvirus (M071L et M022L) qu’il est possible de fusionner avec un antigène d’intérêt sans que cela n’altère les fonctions de ces protéines dans la morphogénèse virale. L’expression de l’antigène à la surface du virus permet ainsi d’amplifier la réponse immunitaire primaire dépendante des lymphocytes CD4+.

Cette nouvelle approche vaccinale a été testée avec deux antigènes de taille différente, en fusion avec l’une ou l’autre des protéines d’enveloppe :

  • le peptide correspondant à l’ectodomaine de la protéine M2 (M2e) du virus Influenza. L’inoculation in vivo de ces deux Leporipoxvirus recombinants (MYXV M2e-M022L et MYXV M071L-M2e) a permis d’induire une réponse immunitaire humorale spécifique contre M2e chez le lapin et la souris.
  • la protéine immunogène VP2 du virus Blue Tongue BTV8 (960 acides aminés). Malgré la taille importante de cet antigène, les fusions obtenues se sont avérées stables et le rôle des protéines d’enveloppe porteuses dans la morphogenèse virale ne semble pas altéré. L’administration de ces vecteurs viraux recombinants à des lapins a permis de montrer que l’immunogénicité de la protéine VP2 était bien conservée.

Ces virus recombinants ont par ailleurs montré leur innocuité, que ce soit chez l’espèce cible ou chez d’autres espèces (souris), et cela bien que ces vaccins prototypes aient été construits dans un premier temps à partir d’une souche pathogène (Toulouse 1).

Application industrielle

Les Leporipoxvirus recombinants conformes à l’invention peuvent être utilisés pour le développement de vaccins destinés aux léporidés, ainsi qu’à d’autres espèces dont les ovins, les bovins, les porcins, les équins, les canins, les félins, les primates et en particulier l’Homme.

De plus, la possibilité d’insérer deux protéines exogènes dans ces vecteurs Leporipoxvirus, l’une au niveau de la protéine M022L et l’autre au niveau de la protéine M071L, permet d’envisager le développement de vaccins recombinants multivalents.

Propriété Intellectuelle et transfert technologique

Ces résultats ont été protégés par la demande de brevet français n° de priorité FR2925067 déposée par l’INRA et l’ENVT le 18 décembre 2007 et intitulée « Vecteurs vaccinaux dérivés des Leporipoxvirus ». Cette demande a été étendue par voie PCT (WO2009/098410).

INRA Transfert est en charge de la valorisation de cette innovation par la concession de licences pour des applications commerciales.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Stéphane Bertagnoli UMR 1225 Interactions Hôtes-Agents Pathogènes, Toulouse
Chargée de valorisation, Inra Transfert :
Stéphanie Mercier (01 55 35 26 45)
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Toulouse

Publication

  • J.-L. Duteyrat, J. Gelfi and S. Bertagnoli, Ultrastructural study of myxoma virus morphogenesis. Arch. Virol. 2006 Nov; 151(11):2161-80.