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RFID-Un dispositif électronique pour gérer la reproduction dans les élevages de petits ruminants. © Inra

Un nouveau dispositif de détection des chaleurs chez les brebis

Ce nouveau dispositif de détection des chaleurs repose sur l’utilisation d’un bélier qui, équipé d’un lecteur de puces RFID, va désigner à l’éleveur les brebis manifestant un comportement typique des chaleurs. L’objectif de ce dispositif est de permettre aux éleveurs de maîtriser la reproduction de leurs troupeaux sans traitements hormonaux

Mis à jour le 12/06/2018
Publié le 16/04/2018

La maitrise de la reproduction est un des facteurs clés de la productivité d'une exploitation. En élevage ovin conventionnel, les chaleurs sont déclenchées par un traitement hormonal pour s'affranchir de la détection des périodes de fertilité et regrouper les mises-bas. En effet, les manifestations des chaleurs, saisonnées, sont très discrètes. La seule façon actuellement de détecter ces chaleurs est de promener un bélier en laisse parmi les brebis.

Afin de se libérer des traitements hormonaux, les éleveurs ont besoin de nouveaux outils en agriculture conventionnelle comme en agriculture biologique (ou le recours aux hormones est déjà proscrit, cf. règlement CE n°834/2007). Ce nouveau détecteur électronique des chaleurs des brebis, alliant capteurs électroniques et analyse informatique du comportement des animaux, constitue une nouvelle solution qui s’inscrit dans la démarche de l’élevage de précision.

Principe de fonctionnement

Les chercheurs de l’unité Systèmes d’Elevages Méditerranéens et Tropicaux (Selmet, Montpellier) ont développé un système électronique qui détecte les chevauchements des brebis par les béliers. L’acceptation par les brebis du chevauchement est l’unique manifestation des chaleurs.

Le système développé se compose i) pour le bélier, d’un harnais comportant un lecteur de puces RFID, de batteries et d’une antenne émettrice et réceptrice et ii) pour les brebis, de puces RFID. Placées  sous le pli caudal au niveau de la queue de la brebis, les puces sont fixées à l’aide de boucles (mini-tags) développées spécifiquement pour permettre une identification fiable de la brebis en chaleur. Ces puces ne gênent pas la tonte des animaux. Ce système a été mis au point en collaboration avec la société Wallace (Cardet, France).

Lors du chevauchement, le lecteur porté par le mâle est activé, il enregistre le numéro de la puce de la brebis ainsi que la date et l’heure. Les informations collectées sont stockées et transmises à distance.

De très bons résultats enregistrés dans les essais pilotes

Plusieurs prototypes ont été mis au point au cours des années passées. De nombreux enregistrements du comportement des béliers et des brebis ont été effectués tant en fermes qu’en station expérimentale. Le détecteur électronique de chevauchement permet la détection de 100 % des brebis en chaleur. Des inséminations artificielles sans traitements hormonaux ont été réalisées avec de très bons résultats de fertilité (75% à 88%).

Ce dispositif permet également d’évaluer la libido des mâles de façon précise et plus rapidement qu’avec la méthode de référence basée sur l’observation visuelle.

Des perfectionnements en cours pour une utilisation en élevage

Grâce au financement apporté par l’Inra (fonds de prématuration), l’équipe de chercheurs et le partenaire industriel travaillent actuellement sur l’optimisation du design de la puce RFID fixée sur la femelle pour assurer l’identification durable des brebis (cette puce vient répéter la boucle auriculaire électronique obligatoire et déjà présente chez toutes les brebis), et pour rendre ces mini-tags récupérables (car réinscriptibles) après la réforme des animaux. Ces développements ont pour objectif de diminuer le coût de l'équipement afin de le rendre accessible pour des éleveurs ayant des troupeaux de plusieurs centaines de brebis.

Des adaptations de la suite logicielle sont également réalisées pour obtenir un outil d’alerte pratique, compatible sur plusieurs types de terminaux mobiles (téléphones, tablettes) et présentant des fonctionnalités originales (heure d’insémination idéale, score de libido des béliers, diagnostic de gestation des brebis, planning des mises bas, …).

Le dispositif devrait être sur le marché à partir de 2019.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • François BOCQUIER Unité Mixte de Recherche Systèmes d’Elevages Méditerranéens et Tropicaux, UMR SELMET –CIRAD, INRA et Montpellier Supagro), 2 place Viala, 34060 MONTPELLIER CEDEX 2
  • Nathalie DEBUS Unité Mixte de Recherche Systèmes d’Elevages Méditerranéens et Tropicaux, UMR SELMET –CIRAD, INRA et Montpellier Supagro), 2 place Viala, 34060 MONTPELLIER CEDEX 2
Contact Wallace :
Didier SANTO
Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Montpellier

Pour en savoir plus

Brevet

  • WO/ 2005/065574 : Procédé et dispositif de détection automatisée des chevauchements entre animaux

Publications

  • Alhamada, M., Debus, N., Lurette, A., Bocquier, F. (2016). Validation of automated electronic oestrus detection in sheep as an alternative to visual observation. Small Ruminant Research (Online), 97-104.
  • Alhamada, M., Debus, N., Lurette, A., Bocquier, F. (2017). Automatic oestrus detection system enables monitoring of sexual behaviour in sheep. Small Ruminant Research, 149, 105-111.
  • Alhamada M., Debus N., Gonzales-Garcia E., Bocquier F., 2017. Sheep sexual behaviour is driven by body condition and the related nutritional and metabolic status. Applied Animal Behaviour Science, 191 : 24–30.
  • Alhamada M., Debus N., Bocquier F., (2017). Factors affecting ram libido and outlook for its automated evaluation. Animal, 11: 2036-2044.

Wallace