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Alimentation du porcelet : vers un apport optimal en acides aminés

Les chercheurs de l’Inra, en collaboration avec la société Ajinomoto Eurolysine s.a.s., ont mis en évidence l’importance de la valine dans une alimentation à faible teneur en protéines chez le porcelet. Ce travail permettra d’optimiser les stratégies nutritionnelles pour les régimes utilisant des céréales et de diminuer les rejets azotés porcins.

Le domaine de Bourges Galle à Avord (18520) est une unité expérimentale pluri-espèces, avec 2 principaux axes de recherche : l'amélioration génétique et la sélection animale. Le troupeau expérimental porcin est composé de 160 truies et renouvellement . L'unité est rattaché scientifiquement à l'UR 337, Station de Génétique Quantitative Appliquée (SGQA), de Jouy-en-Josas.. © Inra, CATTIAU Gilles
Mis à jour le 29/08/2013
Publié le 27/05/2013

Environnement, économie et santé animale : une triple attente à la réduction de la teneur en azote des aliments du porcelet

Pour permettre la croissance très rapide des porcelets, l’alimentation du jeune animal doit couvrir ses importants besoins en acides aminés pour synthétiser et déposer des protéines dans l’organisme. Compte tenu de la capacité d’ingestion limitée des porcelets, la couverture de leurs besoins en acides aminés a consisté pendant longtemps en un apport massif de protéines, par exemple sous forme de tourteaux de soja ou de farine de poisson. Cependant, cette stratégie est remise en cause pour plusieurs motifs. Le premier est l’apparition de troubles digestifs consécutifs à la prolifération bactérienne et à la fermentation des protéines non digérées dans le tube digestif. Réduire la teneur en protéines contribue donc à réduire l’utilisation des antibiotiques en élevage. Le second est la nécessité de réduire, dans les déjections porcines, des rejets d’azote, provenant de la dégradation des acides aminés non utilisés par l’animal. Enfin, le troisième est l’augmentation de coût des matières premières. La réduction de la teneur en protéines des aliments s’est donc rapidement imposée mais avec la contrainte de ne pas pénaliser la croissance des animaux, et par conséquent, d’établir les niveaux d’apport de chaque acide aminé dans l’aliment indispensable pour maximiser la croissance (besoin nutritionnel).

 Des connaissances à établir sur les besoins nutritionnels

Depuis plusieurs années, les connaissances des besoins en acides aminés, indispensables pour assurer la vitesse de croissance maximale des porcelets, se sont affinées. Les apports de lysine, thréonine, méthionine et tryptophane sous forme cristallisée dans des régimes à teneur en protéines réduite, ont permis de couvrir les besoins en acides aminés de l’animal et ont conduit à une meilleure utilisation de l’azote par le porc. De nouvelles marges de progrès sont possibles, mais elles se heurtent à de nouveaux verrous de connaissances sur les besoins et les rôles physiologiques des acides aminés.
Dans le cadre d’une thèse Cifre mise en place entre l’unité PEGASE et la société AJINOMOTO EUROLYSINE S.A.S., les chercheurs se sont intéressés aux acides aminés limitant la croissance des porcelets, ceux dont l’apport doit être précisément contrôlé - une fois les besoins en tryptophane, méthionine, thréonine, lysine couverts – pour permettre une couverture adéquate des besoins de l’animal. Dans leurs recherches, les scientifiques se sont particulièrement intéressés aux acides aminés à chaînes ramifiées (valine, leucine, isoleucine). Il est en effet connu que la valine est le cinquième acide aminé limitant la croissance des porcelets, et que les acides aminés à chaînes ramifiées utilisant la même voie enzymatique lors de leur catabolisme, l’apport d’un acide aminé à chaînes ramifiées peut entrainer la dégradation des autres.

La place des acides aminés à chaines ramifiées dans l’alimentation

Les chercheurs ont confirmé le niveau des besoins de certains acides aminés ramifiés (rapport leucine/lysine et valine/lysine, exprimé en digestibilité iléale standardisée DIS) présentés dans les tables nutritionnelles (NRC 1998 et BSAS 2003), mais rapportent un besoin en isoleucine/lysine (DIS) plus faible. Une carence en valine entraîne une diminution de la prise alimentaire des porcelets et un excès de leucine aggrave l’effet de la carence en valine.  Un ratio valine/leucine de 70 % au minimum est nécessaire pour éviter les effets négatifs d’un excès de leucine.
Les chercheurs ont ainsi pu déterminer qu’avec un apport adéquat d’acides aminés à chaînes ramifiées dans une alimentation à base de tourteau de soja et de céréales chez le porcelet, la teneur en matière azotée totale (protéines et acides aminés) peut être diminuée de 19 à 15 % sans altérer les performances de croissance de l’animal ce qui équivaudrait à une réduction de 40 % des rejets azotés.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Bretagne-Normandie

En savoir plus

  • Gloaguen M, Le Floc'h N, Brossard L, Barea R., Primot Y, Corrent E, van Milgen J. (2011). Response of piglets to the valine content in diet in combination with the supply of other branched-chain amino acids. Animal 5, 1734-1742.
  • Gloaguen M, Le Floc'h N, Corrent E, Primot Y, van Milgen J, 2012. Providing a diet deficient in valine but with excess leucine results in a rapid decrease in feed intake and modifies the postprandial plasma amino acid and α-keto acid concentrations in pigs. Journal of Animal Science 90: 3135-3142.
  • Gloaguen M, Le Floc'h N, Primot Y, Corrent E, van Milgen J, (sous presse). Response of piglets to the standardized ileal digestible isoleucine, histidine and leucine supply in cereal-soybean meal-based diets. Animal (doi:10.1017/S1751731112002339)