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Avenir du Commerce Equitable

Les chercheurs de l’Unité "Alimentation et Sciences Sociales" d’Ivry-sur-Seine ont étudié l’évolution du commerce équitable. Ils mettent en évidence les stratégies des différents acteurs pour pouvoir concilier les grands principes et les réalités économiques.

Commerçant dans la médina de Marrakech (Maroc). © BEGUEY Alain
Mis à jour le 30/08/2013
Publié le 12/11/2008
Mots-clés :

Né il y a une cinquantaine d’années, le commerce équitable connaît depuis quelques années un intérêt grandissant de la part de la grande distribution et des industriels. Cet attrait est lié à l’apparition depuis la fin des années 80 de la filière labellisée – le label le plus connu en France étant « Max Havelaar » - qui co-existe avec la filière intégrée composée de magasins spécialisés.

L’évolution du marché de ces deux filières est très variable selon les pays. Avec 65 % des ventes mondiales et un taux de croissance moyen de 20 % depuis 2000, l’Europe représente le plus grand marché. Néanmoins on observe aux Pays-Bas et en Allemagne, pays précurseurs, une stagnation des produits labellisés. Le marché des produits labellisés est en forte expansion en Amérique du Nord.

Les chercheurs ont analysé les enjeux auxquels faisait face le commerce équitable. La question de savoir si la grande distribution est une bonne chose ou non pour l’évolution du commerce équitable reste d’actualité au sein des organisations du commerce équitable (OCE). L’introduction des produits équitables dans les rayons des GMS permet d’accroître significativement les débouchés pour les produits des petits producteurs défavorisés de l’hémisphère Sud, mais elle oblige les acteurs du commerce équitable à traiter avec de grands groupes de distribution, qui représentent ceux contre quoi ils luttent, à savoir des acteurs profitant pleinement des échanges commerciaux injustes. Les organisations de commerce équitable font donc face à une contradiction entre les grands principes du concept et les réalités économiques ou en d’autres termes entre idéologie et pragmatisme. Cette opposition se retrouve dans les discussions rattachées au texte de l’AFNOR et à la loi française définissant le concept.

Face aux peurs entraînées par les tentatives de récupération du concept, d’autres initiatives voient le jour comme celle de la Fédération Internationale du Commerce Equitable (IFAT) qui a lancé en 2004 un nouveau signe d’accréditation, le FTO-Mark (Fair Trade Organisation Mark), applicable non aux produits mais aux organisations (OCE).

Contact scientifique :

Sylvaine Poret

INRA, UMR ALISS. Ivry-sur-Seine Cedex