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Co-Click’eau ou comment préserver les zones de captages

Co-Click’eau, une démarche outillée de scénarisation à disposition des parties prenantes des territoires à enjeu « eau »

. © Inra
Mis à jour le 23/08/2016
Publié le 27/05/2016

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Principe de la démarche

La démarche Co-click’eau a été conçue par l’UMR 0211 Agronomie (Inra et AgroParisTech), à Grignon dans le cadre de l’Action 21 du Plan Ecophyto piloté par le ministère de l’écologie et du développement durable. Il s’agit d’une démarche participative visant à agir pour une agriculture plus durable dans les Aires d’Alimentation de Captages (AAC). Elle a été mise au point en 2011 sur l’AAC de la Fosse de Melun en Seine et Marne, puis testée sur trois autres territoires dans le Pas-de-Calais, l’Eure et l’Eure-et-Loir. La méthode repose sur l’utilisation d’un outil de simulation capable de proposer des scénarios de territoire, elle exige la mobilisation des porteurs d’enjeux agricoles, institutionnels et citoyens de la zone étudiée. Le simulateur utilisé est issu de la méthode de scénarisation mise en œuvre dans l’expertise technique Ecophyto R&D (janvier 2010). Les scénarios de territoire simulés lors de la démarche Co-click’eau servent de support de discussion pour une négociation collective agriculture-environnement.

L’acronyme Co-click’eau résume les différents aspects de la démarche :


pour souligner le caractère collectif des prises de décision,

pour rappeler l’utilisation de l’outil informatique,

pour insister sur son objectif de protection de la ressource en eau.

Plus concrètement, la démarche est menée de la façon suivante :

Dans un premier temps, le maître d’ouvrage de l’AAC met en place un comité technique, constitué de conseillers techniques et d’agriculteurs. Ces acteurs se réunissent pour décrire et évaluer les différentes possibilités de conduire les cultures sur leur territoire (voir encadré). Ces informations sont synthétisées sous la forme d’une base de données appelée « matrice technique ».

Le comité de pilotage de l’AAC est composé des acteurs concernés par l’aire de captage (syndicat d’eau, agriculteurs, conseillers techniques, agence de l’eau, services déconcentrés de l’état, …). Il  exprime ses attendus pour le territoire : objectifs techniques, économiques et environnementaux souhaités à moyen terme.

Les scénarios de territoire simulés par l’outil répondent aux objectifs en mobilisant la matrice technique (un scénario précise l’assolement, les conduites culturales et une estimation de leurs impacts environnementaux et socio-économiques à l’échelle du territoire). Les objectifs saisis dans le simulateur sont ajustés au fur et à mesure jusqu’à identifier le scénario qui convient le mieux aux attentes des membres du comité de pilotage. Le scénario choisi permet alors d’élaborer le plan d’actions de l’AAC, plan visant à réduire les pollutions diffuses d’origine agricole.

Télécharger la plaquette de présentation

Co-click’eau, aujourd’hui

Co-click’eau est aujourd’hui une méthode robuste proposée à l’ensemble des AAC du territoire français : elle peut être mise en œuvre dans un grand nombre de situations de productions (grandes cultures, polyculture-élevage, cultures pérennes, etc.). L’INRA organise des formations à la démarche (cf. encadré) et met à disposition un accompagnement des acteurs souhaitant la mettre en œuvre.

Comme toute démarche participative, Co-click’eau prend du temps. Il faut compter environ 9 mois pour mener à bien l’ensemble de la démarche. Pour réduire le temps dédié à certaines étapes, une réflexion méthodologique est en cours afin d’aider les acteurs à concevoir la matrice technique à un grain régional. Cette matrice régionale pourrait ensuite être simplement « ajustée » par les acteurs locaux des AAC de la région. Menée en Poitou-Charentes, cette réflexion est portée par la chambre régionale d’agriculture de Poitou-Charentes et le réseau Re-Sources. Cette matrice picto-charentaise sera finalisée et appliquée sur deux territoires au cours de l’été 2016.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

En savoir plus sur les formations à la démarche Co-click’eau

Depuis 2013, l’INRA propose des formations de deux jours. Gratuites (prises en charge par le plan Ecophyto), elles s’adressent à tous les professionnels concernés par la thématique « captage ». Le public est très diversifié : techniciens et ingénieurs issus des syndicats d’eau, coopératives, groupements d'agriculteurs biologiques (GAB), chambres d'agriculture, agences de l'eau, Direction Départementale des Territoires (DTT), bureaux d'étude...

La première journée de formation a pour objectifs de présenter la démarche Co-click'eau et de se remémorer les fondamentaux agronomiques nécessaires à la compréhension et à l'évaluation des pollutions diffuses d'origine agricole. La seconde journée est dédiée à la manipulation de l’outil de simulation afin d’apprendre à construire et évaluer des scénarios pour un territoire.

Plus de cent vingt personnes ont déjà été formées. Ces formations ont permis d’initier la démarche sur trois territoires : le bassin versant du Longeron en Maine-et-Loire, de l’Arnoult en Charente-Maritime et du Vivier en Deux-Sèvres. Parmi ces trois mises en œuvre de Co-click’eau, deux ont abouti à l’élaboration d’un plan d’action. Aujourd’hui, cinq nouveaux territoires souhaitent mobiliser la démarche, ces projets sont généralement portés par des acteurs déjà formés.

Chaque année deux formations sont organisées à Paris dans les locaux d’AgroParisTech. Des formations à la demande en délocalisé sont aussi possibles pour des groupes d’une dizaine de personnes.

Les prochaines formations se dérouleront les 28 et 29 juin à Paris, puis en juillet à Poitiers et en septembre à Beauvais.

Pour toutes informations ou demande de formation délocalisée, n’hésitez pas à écrire à l’adresse :  coclickeau@grignon.inra.fr

En savoir plus sur les modes de conduite de culture

La démarche Co-click’eau différencie cinq modes de conduite de culture cohérents d’un point de vue agronomique et correspondant à un gradient décroissant de recours aux intrants: intensif, raisonné, économe sans modifications des rotations, économe avec modification des rotations et agriculture biologique. Ces modes de conduite permettent d’explorer une diversité de stratégies possibles pour réduire le recours aux intrants. Les utilisateurs de Co-click’eau peuvent s’inscrire dans ce gradient pour la construction de leur matrice technique, ou décider d’explorer d’autres modes de conduite. L’essentiel est bien d’explorer une diversité de « possibles » qui sort de la logique « conservatrice » des pratiques actuelles.