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Comportements alimentaires des mères et des enfants

En mesurant, par des méthodes expérimentales, les choix alimentaires des mères et de leurs enfants, les chercheurs définissent des typologies de comportements. Ces études peuvent éclairer les politiques publiques sur la nutrition.

Test de dégustation de produits alimentaires (compote, gâteau, boisson) par de jeunes enfants consommateurs. Ce test est complété par la rédaction d'une grille d'analyse sensorielle.. © © INRA, SLAGMULDER Christain
Mis à jour le 03/04/2017
Publié le 10/01/2017

Les méthodes d’économie expérimentale permettent d’étudier les comportements des consommateurs, ainsi que les impacts de certaines interventions publiques. Les expérimentations en laboratoire présentent deux avantages importants par rapport aux autres méthodes d’étude des comportements : les choix des participants sont précisément observés et l’information donnée aux consommateurs est maîtrisée par les expérimentateurs.

Mesure du comportement

Le cadre expérimental proposé dans cette expérience a permis de comparer des décisions prises par un participant, pour lui-même et pour une autre personne. Les décisions concernaient le nombre de choix entre un aliment relativement sain pour la santé et un aliment à limiter, c’est-à-dire moins bon pour la santé.

En comparant le choix pour soi-même et le choix pour une autre personne, un comportement se définit comme étant:

  • paternaliste, quand le participant choisit un nombre plus élevé d'aliments sains pour l'autre personne par rapport à son propre choix ;
  • indulgent, quand le participant choisit un nombre plus faible d'aliments sains pour l'autre personne par rapport à son propre choix ;
  • neutre, quand le participant choisit la même quantité d'aliments sains pour l'autre personne par rapport à son propre choix.

Expérimentation

L’expérience, réalisée en 2014 au Centre des sciences du goût et de l’alimentation de Dijon, a étudié les choix effectués par des mères et des enfants (entre 9 et 11 ans) pour des aliments liés au goûter. Cette expérience a rassemblé 111 dyades mère-enfant, qui ont participé à une séance d’une durée de 45 minutes. Dans cette expérience en laboratoire, il a été proposé aux participants de choisir cinq unités d’aliments. Ce choix s’effectuait entre des unités d’un aliment avec une dimension santé (à savoir, des gourdes de compote sans sucre ajouté) et des unités d’un aliment moins bon pour la santé (à savoir des barres chocolatées).
Dans un premier temps, chaque participant choisissait séparément pour lui-même et pour l’autre personne de sa famille cinq unités des deux aliments proposés. Puis chaque participant recevait une information nutritionnelle concernant les deux aliments proposés. Chaque participant renouvelait alors son choix de cinq unités pour lui-même et pour l’autre personne de sa famille.

Résultats

En moyenne, avant la révélation de l’information nutritionnelle, les mères se montrent relativement indulgentes en choisissant plus de compotes pour elles-mêmes que pour leurs enfants. A l’inverse, les enfants sont plutôt paternalistes, en sélectionnant plus de produits sains pour leur mère que pour eux-mêmes.

La communication du message nutritionnel influence significativement les choix des mères comme ceux des enfants en faveur des produits sains. Le nombre d’unités de produits sains choisis pour soi-même et pour autrui augmente donc à la suite du message nutritionnel. Les mères augmentent, dans une même proportion, le choix de compotes pour elles-mêmes et pour leurs enfants, signifiant qu’elles gardent une attitude relativement indulgente. Par contre, les enfants augmentent significativement la quantité de compotes pour eux-mêmes et au final choisissent pratiquement la même quantité d'aliments sains pour eux-mêmes que pour leur mère. Le paternalisme initial des enfants s’est transformé en relative neutralité avec la révélation d’information.

Conclusion

L'indulgence des mères, le paternalisme des enfants et surtout, la réactivité de ces enfants au message informationnel suggèrent que les mères sous-estiment l'acceptation par les enfants d'une alimentation saine. En d'autres termes, toute politique publique nutritionnelle devrait non seulement informer parents et enfants sur les qualités nutritionnelles des denrées alimentaires, mais aussi « apprendre » aux parents que les enfants acceptent plus facilement qu’ils ne le pensent des produits plus sains.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Stephan MARETTE Unité mixte de recherche Economie Publique, UMR 210, Inra- AgroParisTech - 78850 Thiverval-Grignon
  • Sylvie Issanchou Unité mixte de recherche Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation, UMR 1324, CNRS – Inra - Université. de Bourgogne Franche-Comté, 17 rue de Sully, BP86510 - 21065-DIJON
Département(s) associé(s) :
Sciences sociales, agriculture et alimentation, espace et environnement, Alimentation humaine
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon, Dijon Bourgogne Franche-Comté

En savoir plus

Voir l’article publié en 2016 :

  • Marette S., Issanchou S., Monnery-Patris S., Ginon E., Sutan A. (2016). Are children more paternalistic than their mothers when choosing snacks? Journal of Economic Psychology, 55 : 61-76.