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ELISOR, une nouvelle variété d’échalote de tradition

Inscrite au catalogue officiel en 2008, l’échalote ELISOR est une obtention de la plate-forme d'innovation, de création variétale et de transfert Inra -Agri-Obtentions. Cette échalote de type Jersey se caractérise par un long bulbe de couleur cuivré rouge, par une bonne teneur en matière sèche ainsi que par un très bon rendement.

Gros plan sur une botte d'échalottes. © NICOLAS Bertrand
Mis à jour le 30/08/2013
Publié le 12/11/2008
Mots-clés :

La France est le premier producteur européen d’échalotes (environ 40 000 tonnes par an) et le principal exportateur, en particulier vers l’Amérique du Nord. Deux catégories d’échalotes sont cultivées : l’échalote grise ou ordinaire, reconnue pour ses qualités condimentaires, mais qui présente de graves défauts (mauvaise conservation, grande sensibilité aux parasites, présence de racines persistantes qui nuisent à l’arrachage) et l’échalote rose, dite "de Jersey", au goût moins prononcé, mais plus facile à cultiver et à conserver. Cette dernière monopolise la quasi-totalité des surfaces françaises plantées d’échalotes, avec un bassin de production situé à 75% dans le Finistère (Bretagne).

Une amélioration génétique difficile, limitée par le mode de reproduction végétatif

L’échalote est une espèce quasiment stérile qui se reproduit essentiellement par voie végétative ; un bulbe planté donne une touffe de plusieurs bulbes fils qui, replantés, se diviseront à nouveau l’année suivante en une dizaine de bulbes fils. Les populations sont alors composées de clones, c'est-à-dire d’ensembles d’individus génétiquement identiques. Ce mode de reproduction induit une variabilité génétique réduite. Ajoutez à cela que la floraison a toujours été un caractère "contre-sélectionné" (le développement d’une hampe florale se faisant au détriment de la croissance du bulbe) et vous comprendrez pourquoi les possibilités de progrès de la sélection créatrice au sein de l’échalote de Jersey semblent limitées.

A l’Inra, les travaux sur l’échalote ont démarré au début des années 70 sur le site d’Avignon-Montfavet (Vaucluse). Ces travaux ont permis d’obtenir des plants mères totalement sains, étape indispensable étant donnée la sensibilité des plantes à multiplication végétative aux maladies à virus, transmises à la descendance par les organes de multiplication.

Mais c’est véritablement à partir de 1984 que les travaux d’amélioration génétique de l’échalote ont franchi un cap. A partir de cette date, l’Inra de Ploudaniel (Finistère) a exploré la possibilité d’utiliser la reproduction sexuée (pollinisation) pour créer de nouvelles variétés à multiplier ensuite par voie végétative. Les objectifs d’amélioration portaient sur les caractéristiques agronomiques (rendement, taux de division, sensibilité aux maladies…) ainsi que sur la valeur à l’utilisation (forme et présentation des bulbes, conservation, valeur condimentaire) des échalotes roses. Ces travaux ont débouché sur l’obtention en 1994 de ‘LONGOR’, une variété productive de type long, à chair ferme, riche en matière sèche, avec un goût prononcé et une bonne aptitude à la conservation.

Cette variété qui s’impose aujourd’hui sur le marché, comme l’une des échalotes de référence, notamment pour son rendement élevé, est l’un des parents qui a servi à produire la variété ELISOR, dernière-née du programme de création variétale "ail et échalote" de l’Inra repris depuis 2003 par sa filiale Agri-Obtentions.

ELISOR, une échalote rose inscrite en 2008

ELISOR est une échalote de type Jersey, de très belle présentation, caractérisée par un bulbe long de couleur cuivré rouge. Elle possède une bonne aptitude à la conservation et un taux de matière sèche de l’ordre de 18 à 19%. Issue d’un croisement entre une échalote demi-longue et une autofécondation de ‘LONGOR’, ELISOR , qui est multipliée par voie végétative, a été expérimentée pendant plusieurs années dans le Finistère Nord essentiellement, par les Etablissements multiplicateurs de plants d’échalote, membres de PROSEMAIL. Son niveau de rendement est au moins égal à celui de ‘LONGOR’.

Inscrite en 2008 au catalogue officiel français des espèces potagères, cette variété est produite sous licence, par la SCEA Charles ASCOËT, établissement multiplicateur.

"Echalotes traditionnelles" depuis 2007

Après plus de 10 ans de bataille juridique au niveau européen, les producteurs français d’échalotes ont obtenu l’étiquetage obligatoire "échalotes traditionnelles" (qui reconnaît le mode de reproduction végétatif tel qu’il est pratiqué en France et qui répond à un cahier des charges de production très précis mis en place avec la collaboration de l’Inra. NF V25-020), pour se différencier de l’échalote de semis, principalement cultivée aux Pays-Bas. Cette reconnaissance officielle est précisée par l’arrêté français du 16 janvier 2007. Mais les producteurs français n’entendent pas en rester là et se sont engagés dans une démarche pour obtenir le label européen STG (Spécialité Traditionnelle Garantie), un signe de qualité qui repose justement sur le mode de production.

Pour en savoir plus :

Direction Commerciale

Agri Obtentions

BP 36 – Chemin de la petite Minière

78041 GUYANCOURT Cedex

Tél. : 01 30 48 23 00 - Fax : 01 30 48 23 23

http://www.agriobtentions.fr

Contact scientifique :

Florence ESNAULT

INRA

UMR Amélioration des plantes et biotechnologies végétales (APBV)

Domaine de Keraiber

29260 Ploudaniel

Tél. :02 29 62 63 17

Fax : 02 29 62 63 30

Florence.Esnault@rennes.inra.fr

La valorisation des obtentions végétales de l’INRA est confiée à Agri Obtentions, filiale à 100% de l'Inra.