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Irri-Alt’Eau – Peut-on utiliser des eaux recyclées pour l’irrigation de la vigne ?

Irri-Alt’Eau - un projet collaboratif  pour étudier une solution innovante : maîtrise de la qualité et la quantité de l’eau pour la micro-irrigation de la vigne avec des eaux usées traitées issues de station d’épuration. Les premiers résultats sont très encourageants.

utiliser des eaux recyclées pour l’irrigation de la vigne. © Inra, Flor ETCHEBARNE
Mis à jour le 03/02/2016
Publié le 23/11/2015

Face au risque croissant de déficit de la ressource en eau lié au changement climatique, sécuriser l’alimentation en eau pour les activités fortement consommatrices telles que la viticulture est un impératif. Le projet Irri-Alt’Eau vise à développer une pratique raisonnée, durable et économiquement viable de l’irrigation en goutte à goutte de la vigne avec des eaux recyclées provenant d’une ressource alternative : les stations d’épuration. Les eaux sont traitées  par des procédés épuratoires urbains existants (station d’épuration de Narbonne Plage), ils sont complétés par un traitement tertiaire spécialement conçu et construit pour cet usage, permettant de garantir la qualité requise aux points d'usage irrigation. En s’appuyant sur un contexte réglementaire et normatif et sur l’état de l’art, le projet a profité des apports de compétences, savoir-faire, moyens expérimentaux et infrastructures de traitement, de plusieurs partenaires. Ces partenaires sont : Véolia Eau région Méditerranée  qui coordonne le projet, Aquadoc, spécialiste des systèmes d’irrigation, SCV La Cave de Gruissan (assisté de Coop de France Languedoc Roussillon), l’Inra avec l’unité expérimentale Pech Rouge et le Laboratoire de biotechnologie de l’environnement (LBE) de Narbonne, et la communauté d'agglomération du Grand Narbonne.

Ce projet est mené à plusieurs échelles, depuis les parcelles expérimentales de 1,5 ha (site de Pech Rouge), puis 10-30  ha (cave coopérative de Gruissan), jusqu'au déploiement progressif à l'échelle du vignoble de Gruissan (150 à 200 ha projetés à terme), puis de plusieurs vignobles (Régions Languedoc Roussillon et Provence Alpes Côte d’Azur) avec décision go/no go à chaque étape.
Dans la première phase expérimentale, la qualité de l’eau recyclée est constamment contrôlée. Comparée à l'eau potable et à l’eau agricole, l'eau recyclée a une teneur en sels et une charge nutritive plus élevées. Les premiers résultats montrent qu’il n’y pas de différence dans le sol, la nappe phréatique,  la plante et dans la composition de la récolte et du vin entre vignes irriguées avec des eaux recyclées ou eau agricole ou eau potable. Ces résultats démontrent que la qualité du fruit et du vin est plus sensible aux effets millésimes qu’au type d’eau d’irrigation. Irri-Alt’Eau offre en plus la possibilité d’arroser certaines autres cultures en accompagnement, le reste de l'année.

Outre les enseignements scientifiques et techniques, cette étude montre l’intérêt d’un projet collaboratif mettant en relation des entreprises privées de tailles différentes, des collectivités territoriales et l’Inra. Ce projet permettra, à terme, l'utilisation d'eau recyclée pour l'irrigation en apportant des arguments pour rendre cette pratique acceptable par le grand public.

En savoir plus

Un projet R&D collaboratif qui combine recherche appliquée et développement industriel mené par un consortium Entreprise-Recherche-Collectivité.

Labellisé par le Pôle Eau en avril 2013 et accompagné par Transferts LR, le projet Irri-Alt’Eau, d’un coût de 1,7 M€, a obtenu 527 000 € d’aides publiques.
Il a bénéficié d’aides du fonds européen pour l’agriculture Feader pour la création de réseaux d’irrigation économes en eau.
Le Grand Narbonne et l'Agence de l’eau RMC ont injecté 60 000 € et 149 000 € pour les actions de prélèvement et d’analyse de l’eau.
Le fonds FUI a versé 65 000 € à Veolia Eau.
De son côté, le conseil régional Languedoc-Roussillon a accordé fin novembre 2013 à l’INRA deux subventions d’un total de 253 000 € dans le cadre de l’aide aux projets R&D collaboratifs.
Le fonds régional à l’innovation (FRI), abondé par le conseil régional et BpiFrance, a aussi été mis à contribution : le conseil régional a aidé la PME Aquadoc à travers une avance remboursable de 120 000 € (sur environ 200 000 € consacrés au projet par l’entreprise) et La Cave de Gruissan a obtenu 67 000 € (sur environ 160 000 € consacrés au projet par l’entreprise).