PLATANOR® Vallis clausa, une variété de platane résistante au chancre coloré 

La maladie du chancre coloré constitue une menace importante pour le platane, en Europe notamment. Par croisement entre des platanes américains et des platanes d’orient, des clones résistants ont été obtenus et évalués. De cette sélection est née la variété PLATANOR® Vallis clausa, une co-obtention INRA/Pépinières ROUY IMBERT. Cette nouvelle variété présente toutes les caractéristiques ornementales du platane commun (lui-même hybride). Elle est également très résistante à l’anthracnose et à un degré moindre à l’oïdium et au tigre.

Chancre coloré du platane. © Inra, André Vigouroux
Par Délégation au Partenariat avec les Entreprises
Mis à jour le 04/06/2013
Publié le 30/04/2008

Le chancre coloré, une maladie dévastatrice

Le chancre coloré provoqué par le champignon Ceratocystis platani constitue depuis une quinzaine d’années une grave menace pour les plantations européennes de platanes. Introduit accidentellement en 1944 lors du débarquement des troupes américaines en Provence, ce champignon a voyagé sous les caisses de munitions en bois de platane nord américain (Platanus occidentalis). Nos platanes locaux n’ont su résister à l’envahisseur. Si le parasite est d’abord resté latent pendant près de 15 ans, il touche actuellement toute l’Italie, la Suisse (Tessin et canton de Genève), le sud de la Grèce ainsi que le Sud de la France, avec un front avancé en région lyonnaise (Bourg-en-Bresse, chambéry…) et dans le Sud Ouest (Canal du Midi, Saint-Gaudens, Toulouse…). Même le froid ne parvient pas à arrêter ce parasite.
Quelques spores introduites dans une blessure, même minime, suffisent à infecter l’arbre tout entier qui ne résistera pas plus de 4 à 6 ans selon l’endroit de la contamination. Tous les essais de traitement chimique ont échoué en raison de la profondeur de la localisation du parasite dans les troncs.
Le mécanisme de ce champignon est d’une efficacité redoutable : après contact avec le parasite, l’arbre se défend en bloquant et cloisonnant les vaisseaux conducteurs de sève de la partie infectée pour contenir l’attaque. Le champignon poursuit tout de même sa circulation à travers les rayons médullaires du bois (et pas seulement la sève) et se propage vers les zones encore saines. En parallèle, il produit des toxines extrêmement délétères qui se diffusent et vont empoisonner les parties supérieures de l’arbre. L’arbre tente à nouveau son système de défense et va mourir, desséché, par le blocage complet de tous ses vaisseaux conducteurs de sève ainsi que par l’accumulation de toxines. Et pour couronner le tout, extrêmement contagieux, le champignon se propage par le contact entre les racines, par l'eau, par le matériel d'élagage infecté, mais aussi par les engins de terrassement. En France, près de 50 000 arbres ont déjà péri ainsi.

La solution : un hybride co-obtention de l’Inra et des pépinières Rouy-Imbert

Le chancre coloré venant d’Amérique, les chercheurs de l’Inra de Montpellier et de Montfavet (Avignon), et en particulier l’équipe dirigée par André Vigouroux* ont compris que la solution se trouvait là-bas. En 1990, une collaboration avec le Dr. McCracken, un pathologiste de l’USDA (ministère de l’agriculture des Etats-Unis) a permis l’identification et l’exploitation de sources de résistance naturelle. N’étant pas du tout acclimatés aux conditions de nos régions, les arbres américains ont dû être hybridés avec des platanes de l’espèce orientale afin de recréer un arbre semblable à notre platane commun qui possède déjà de nombreuses qualités (rusticité, rapidité de pousse…). Des milliers de graines hybrides ont été obtenues et 10 000 plants ont été cultivés et testés.
Pour cela, un test standard d’inoculation a été mis au point pour estimer rapidement la sensibilité de chaque plant.
Une première vague de 2 000 hybrides soumis à la sélection (3 inoculations successives du champignon, la dernière étant racinaire) a ainsi abouti en 2001 à une vingtaine de plants prometteurs, plus de dix ans après l’introduction des premières boutures américaines.
La poursuite des travaux, avec le soutien de la région PACA et la collaboration des pépinières Rouy-Imbert a mis en évidence, en 2004, une seule variété de platane résistante : PLATANOR® Vallis clausa, protégé par COV (certificat d’obtention végétale) au niveau européen. Ce platane est aussi nettement résistant à l’anthracnose et, à un certain degré, à l’oïdium et au tigre. Enfin, le bois est d’excellente qualité (équivalent au hêtre).
Les premiers sujets commercialisés ont été plantés à Lyon et sont suivis de près. Le travail de sélection se poursuit à partir d’autres géniteurs américains résistants, le but étant d’éviter d’en rester à une homogénéité génétique toujours dangereuse au sein de nos futures plantations de platanes.

Une puce électronique pour certifier l’origine du matériel

La marque PLATANOR® est internationalement enregistrée et protégée. L’authenticité de chaque arbre est garantie par l’insertion d’une puce électronique à l’intérieur du tronc.
La dénomination variétale Vallis clausa rend hommage au Vaucluse et à son conseil général, qui ont activement soutenu cette recherche. Vallis Clausa pour vallée close, qui a donné plus tard Vaucluse en référence au site encaissé d’où jaillit la source de la Fontaine de Vaucluse.

Les pépinières Rouy-Imbert, éditeur exclusif mondial des variétés de la gamme PLATANOR ®, ont confié la production et la commercialisation de ces arbres à un réseau de pépiniéristes agréés en Europe (Italie, Allemagne, Suisse, Angleterre, Espagne, Belgique, Hollande, Luxembourg).

* André Vigouroux, ancien directeur de recherche aux laboratoires de Pathologie Végétale de l’Inra de Montfavet et de Montpellier, est actuellement à la retraite mais poursuit ses travaux de sélection en partenariat avec les pépinières Rouy Imbert.

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