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Risque sanitaire en agriculture urbaine : un nouvel outil méthodologique

Proposée aux porteurs de projets en agriculture urbaine, une démarche proactive inspirée de la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués et de la démarche HACCP a été mise en place. Dénommée REFUGE, elle est destinée à évaluer et gérer les risques sanitaires liés aux éléments traces métalliques dans les sols.

Risques En Fermes Urbaines : Gestion et Evaluation
Mis à jour le 21/09/2018
Publié le 21/09/2018

L'agriculture urbaine

En 2050, environ 10 milliards d’habitants peupleront la planète et 70 % de la population vivra en ville. Face à cette urbanisation rapide il est indispensable de repenser l’urbanisme en ramenant l’agriculture là où les gens vivent. Par ailleurs, dans nos pays, une rupture de liens entre agriculture, alimentation et consommation explique que de plus en plus d’urbains expriment le souhait de revoir la nature en ville, de se reconnecter aux cycles agricoles et d’être à nouveau « acteurs de leur alimentation ».  De plus en plus de projets d’agriculture en milieu urbain fleurissent, souvent en cours d’expérimentation. Certains englobent une dimension tout à fait nouvelle : le recours à des sols urbains anthropisés et/ou remaniés avec la prise en compte des risques sanitaires qui y sont associés. Face à une réglementation quasi–inexistante, les porteurs de projets et les collectivités qui les accueillent se sentent souvent démunis.

Partant de ce constat ainsi que d’analyses préliminaires démontrant un risque sanitaire potentiel associé à la présence d’éléments traces métalliques, un groupe de chercheurs de l’INRA et d’AgroParisTech a décidé de proposer un outil d’aide à la décision pour les décideurs publics, les aménageurs et les porteurs de projet en agriculture urbaine.  

La sécurité sanitaire des sols

La méthodologie, portée par le projet REFUGE, s’appuie sur le règlement CE 178/2002 fixant des procédures relatives à la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Il a été extrapolé au cas de l’agriculture urbaine et prend en considération les spécificités de chaque site et forme d’agriculture urbaine. La méthodologie repose sur trois étapes.

 
La première, consiste à caractériser la pollution au travers de différentes approches : analyse des sols, substrats et productions agricoles, étude de la structure physico-chimique des sols, étude de la mobilité et de la biodisponibilité des éléments traces métalliques, élaboration de scénarii d’exposition pour les personnes amenées à fréquenter le site. Il s’agit de quantifier le risque en fonction des deux principales voies d’exposition : la consommation des productions agricoles et l’ingestion de sol et de poussières.  

La seconde étape consiste à élaborer un Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS) pour identifier les moyens à mettre en œuvre afin de prévenir ou limiter les risques précédemment identifiés pour les usagers.    

Une dernière étape, consiste à accompagner les porteurs de projets (notamment les associations) dans la communication sur la problématique de pollution, cette communication étant destinée aux adhérents des associations soutenues ainsi qu'au grand public.  

Une analyse juridique complète la démarche REFUGE. Elle se base sur l’analyse des réglementations existantes à l’échelle mondiale, celles relatives notamment aux seuils de contamination ainsi qu’à la responsabilité juridique encourue par le porteur de projet ou le propriétaire du site.

Pour demain...

Compte–tenu de la demande exprimée par les professionnels, les travaux continuent avec

  • La rédaction d’un guide, travail collaboratif mené en partenariat avec deux métropoles ;  
  • La réalisation de formations continues à l’attention des collectivités, des aménageurs, des bureaux d’étude ;
  • La réalisation de travaux de recherche complémentaires portant sur les polluants organiques tels que les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) et les COV (Composés Organiques Volatils) présents dans le sol ou bien dans les dépôts atmosphériques ;
  • L’affinage de l’évaluation quantitative du risque sanitaire (EQRS) en y intégrant les fractions bio-accessibles des polluants (la partie du polluant qui entre dans la circulation systémique après la digestion).
Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Christine AUBRY Unité mixte de recherche Sciences pour l'Action et le Développement : Activités, Produits, Territoires -UMR SADAPT- sous la tutelle conjointe de AgroParisTech et INRA, 16 rue Claude Bernard 75005 Paris
  • Anne BARBILLON Unité mixte de recherche Sciences pour l'Action et le Développement : Activités, Produits, Territoires -UMR SADAPT- sous la tutelle conjointe de AgroParisTech et INRA, 16 rue Claude Bernard 75005 Paris
  • Nastaran MANOUCHEHRI Unité mixte de recherche Ingénierie Procédés Aliment -UMR GENIAL) sous la tutelle conjointe de AgroParisTech et INRA, 1 Rue des Olympiades, 91300 MASSY
Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement, Caractérisation et élaboration des produits issus de l’agriculture
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon, Jouy-en-Josas

Le projet REFUGE

Risques En Fermes Urbaines : Gestion et Evaluation

Les partenaires

Collectivités: Ville de Paris, Ville de Saint-Denis, Ville de Rungis
Associations: V’ile Fertile, Ferme du Bonheur, Restos du Cœur, Association Territoire
Structures de recherche: AgroParisTech et INRA pour les UMR SADAPT et GENIAL
Autres acteurs: ADEME, ARS 93 et Ile-de-France.

Durée du projet : 2016-2018

Ce projet se situe dans le cadre d’une étude plus générale portant sur le fonctionnement des fermes urbaines parisiennes. Il a bénéficié d’un financement accordé par AgroParisTech.

LES SOLS URBAINS : Mieux les connaître pour mieux les préserver et les valoriser

Le projet REFUGE fait partie d'un ensemble de travaux de R&D qui visent à mieux connaître les sols urbains. Les travaux de recherche en cours relatifs aux sols urbains ont pour objectifs :

  • de définir un référentiel d’indicateurs de qualité de ces sols (projets GEOBAPA, SUPRA),
  • de mettre en place des bases de données de qualité des sols, géo-référencées et interopérables (projets SUPRA, BDSolU),
  • d'établir des réseaux de mesures de la qualité des sols, dans une logique d’observatoire participatif, impliquant des contributeurs très divers (projet SUPRA),
  • de proposer des outils d'aide à la décision directement utilisables dans les projets d'aménagement et d'urbanisme (projets DESTISOL, DESTISOL'AU, MUSE),
  • de sensibiliser, outiller et former les acteurs de l'aménagement urbain, mais aussi les professionnels de santé et les usagers des villes (notamment jardiniers et agriculteurs urbains), quant aux potentialités des sols, aux risques sanitaires associés aux voies d'exposition et aux mesures de gestion à mettre en œuvre (projets JASSUR, POLLUSOLS, REFUGE).

La R&D sur les sols urbains mobilise de nombreux acteurs l'Ademe, le Cerema, le centre technique Plante & Cité, des organismes de recherche, des établissements d'enseignement supérieur et de recherche, des services de l'Etat, des collectivités territoriales et urbaines, des entreprises et des associations.