• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer

Des outils pour identifier de nouveaux antiparasitaires pour l’élevage

Préserver l’efficacité des traitements antiparasitaires et découvrir de nouvelles molécules actives est un enjeu crucial pour la santé humaine et animale. Avec le soutien de l’Institut Carnot ICSA (aujourd’hui France Futur Élevage), de nouvelles perspectives s’ouvrent dans la compréhension et la mise au point de traitements anthelminthiques.

Larve infestante de nématode protostrongle, extraite d'un escargot.. © Inra, CABARET Jacques
Mis à jour le 22/11/2016
Publié le 29/09/2016

Les nématodes gastro-intestinaux sont des vers parasites que l’on peut retrouver chez les animaux comme chez les hommes. Très répandus dans les pays en voie de développement, ils sont responsables de retard de croissance et de développement chez les enfants, de dénutrition chez les adultes. En élevage, ces parasites cosmopolites sont présents notamment chez les ruminants et sont responsables de baisses de performances zootechniques causant de lourdes pertes économiques. Il n’existe pas de vaccin contre ces parasites et seuls des traitements anthelminthiques permettent de lutter efficacement contre ces vers.

Malheureusement, ces dernières années, des phénomènes de résistances aux traitements disponibles ont été constatés. Les anthelminthiques de la famille des agonistes cholinergiques restent cependant les plus efficaces. Ces molécules ciblent les récepteurs musculaires à l’acétylcholine. Elles provoquent une stimulation prolongée du récepteur (molécules agonistes) entraînant une contraction ininterrompue (spastique) des muscles du nématode. Les vers sont alors incapables de se maintenir dans l’hôte et sont évacués. La compréhension du fonctionnement de ces récepteurs est stratégique dans la mise au point de nouvelles stratégies durables de lutte contre ces parasites.

Action de l’Institut Carnot ICSA

Avec le soutien de l’ICSA, les chercheurs de l’équipe «  Multirésistances et pouvoir Pathogène des Nématodes » (MPN) de l’Unité « Infectiologie et Santé Publique » de Tours se sont mobilisés pour proposer un projet ambitieux pour l’étude de la diversité des cibles pharmacologiques des agonistes cholinergiques.

Créer in vitro des récepteurs à l’acétylcholine de nématodes

Les récepteurs peuvent être extrêmement variés. Ce sont des pentamères composés de cinq sous-unités transmembranaires dont il existe une très grande diversité. En effet, certaines espèces de vers parasites possèdent plus de trente sous-unités différentes. En développant un système hétérologue d’expression des récepteurs cholinergiques des parasites, les chercheurs ont recréé les récepteurs in vitro (dans l’œuf de batracien  Xenopus laevis), en faisant varier le nombre et la composition des sous-unités, et en y associant les protéines auxiliaires nécessaires à leur bon fonctionnement.

Ce système permet de créer des récepteurs dont les propriétés pharmacologiques correspondent à celles observées in vivo chez le parasite. Les chercheurs ont caractérisé à ce jour plusieurs récepteurs à l’acétylcholine sensibles aux anthelminthiques (lévamisole, pyrantel, morantel, tribendimine, derquantel et nicotine) démontrant ainsi l’influence de la composition du récepteur sur ses propriétés pharmacologiques. Un nouveau type de récepteur cholinergique (nommé M-AChR) a aussi été caractérisé chez des parasites ovins et équins d’importance pour la santé animale (H. contortus et P. equorum). Il a été montré que ces récepteurs étaient présents chez les espèces les plus pathogènes pour l’animal – ainsi que chez l’homme - mais absents chez les nématodes libres du sol et les espèces parasites des végétaux. Ces récepteurs représentent des cibles majeures pour le développement de nouveaux anthelminthiques plus sélectifs et plus respectueux de l’environnement.
Aujourd’hui, les recherches sur les récepteurs cholinergiques se poursuivent et sont étendues à d’autres espèces animales (les tiques et les poux). Ces travaux ouvrent la voie au développement de nouvelles solutions thérapeutiques qui pourront être mises en œuvre dans le cadre de projets collaboratifs avec les industriels intéressés

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Cédric Neveu (+33 2 47 42 76 74) http://www6.val-de-loire.inra.fr/infectiologie-santepublique/Nos-recherches/Pole-parasitologie/Multiresistance-et-pouvoir-pathogene-des-nematodes
Institut Carnot France Futur Élevage (ex ICSA) :
Thierry Pineau, Directeur, Laurent Journaux, Directeur adjoint, Etienne Zundel, Directeur adjoint , Réjane Le Tinevez, Directrice adjointe, Fanny Wacquet, Chargée d'affaires
Département(s) associé(s) :
Santé animale
Centre(s) associé(s) :
Val de Loire

Pour en savoir plus

  • Courtot, E., Charvet, C. L., Beech, R. N., Harmache, A., Wolstenholme, A. J., Holden-Dye, L., ... & Neveu, C. (2015). Functional Characterization of a Novel Class of Morantel-Sensitive Acetylcholine Receptors in Nematodes. PLoS Pathog, 11(12), e1005267.
  • Boulin, T., Fauvin, A., Charvet, C. L., Cortet, J., Cabaret, J., Bessereau, J. L., & Neveu, C. (2011). Functional reconstitution of Haemonchus contortus acetylcholine receptors in Xenopus oocytes provides mechanistic insights into levamisole resistance. British journal of pharmacology, 164(5), 1421-1432.
  • Buxton, S. K., Charvet, C. L., Neveu, C., Cabaret, J., Cortet, J., Peineau, N., ... & Martin, R. J. (2014). Investigation of acetylcholine receptor diversity in a nematode parasite leads to characterization of tribendimidine-and derquantel-sensitive nAChRs. PLoS Pathog, 10(1), e1003870.

En savoir plus sur l’Institut Carnot ICSA, aujourd’hui France Futur Élevage

L’Unité mixte de recherche « Infectiologie et Santé Publique », en raison de son excellence scientifique et de son savoir-faire en matière de partenariat avec le secteur privé, fait partie des seize unités de recherche sélectionnées pour former l’Institut Carnot Santé Animale, ICSA. L’objectif de ce réseau étant de développer la recherche partenariale public/privé pour répondre aux enjeux majeurs de la santé animale. Les bonnes pratiques de négociation des contrats de l’Institut Carnot ICSA ont permis de faciliter et accélérer les relations du laboratoire avec des entreprises dans le cadre de travaux protégés par la confidentialité.
NB – En 2016 l’Institut Carnot Santé Animale (ICSA) devient l’Institut Carnot France Futur Élevage
http://www.ic-sante-animale.com/fr/