Intégrer la biodiversité dans le modèle économique des organisations

De nouveaux modèles de gestion pour la viabilité des socio-écosystèmes en intégrant la biodiversité dans le modèle économique des organisations (publiques ou privées)

. © Inra
Mis à jour le 11/04/2017
Publié le 17/04/2017

Comment aujourd’hui, les organisations publiques et privées rendent-elles compte des impacts de leurs décisions et de leurs activités sur la société et sur l’environnement ?

Pourquoi les rapports sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) développent-ils si peu  la question centrale « environnement », qui intègre les notions de protection de l’environnement, de biodiversité et de réhabilitation des habitats naturels ?

Sans doute par manque de méthodes et d’outils de quantification du facteur de coût et de la valeur ajoutée que représente la biodiversité ! Voilà ce qui a conduit le groupe de travail prospectif de l’association OREE à apporter aux organisations des solutions concrètes pour intégrer la biodiversité dans leurs stratégies.

Biodiversité et économie, travaux de recherche

Après plusieurs années de réflexion, un travail sur la comptabilité des organisations a été mis en œuvre au travers d’une thèse CIFRE, portée par OREE, financée par l’ANRT et quatre entreprises et encadrée par Michel Trommetter, directeur de recherche à l’Inra et co-président du groupe de travail « Biodiversité et économie ». L’objectif de cette thèse était de proposer des outils comptables permettant de réguler à la fois les interactions entre organisations et biodiversité, et les interactions entre organisations par rapport à la biodiversité.

Modèle de gestion de prise en compte de la biodiversité

Le résultat principal de cette thèse menée par de Ciprian Ionescu a été de proposer un modèle de gestion pour la viabilité des socio-écosystèmes. Ce modèle organise le couplage de différents outils de gestion environnementale dans une optique de résilience écologique des territoires : la gestion adaptative, la comptabilité environnementale, les paiements pour services environnementaux. Le modèle prévoit de compenser les coûts d’amélioration des conditions environnementales par une redistribution des avantages retirés par les bénéficiaires de services écosystémiques.

Trois processus d’optimisation économique et/ou fiscaux sont identifiés :

  • Un processus de statu quo, fondé sur le principe « pollueur-payeur », pour les écosystèmes non résilients ou strictement résilients et lorsque les gestionnaires sont économiquement viables ;
  • Un processus de rémunération pérenne de la part des bénéficiaires de service écosystémique, basé sur le principe « bénéficiaire-payeur », lorsque les gestionnaires optimisent les potentialités écologiques des écosystèmes gérés ;
  • Un processus d’aides temporaires économiques et techniques, financé par les bénéficiaires de services écosystémiques, lorsque les gestionnaires sont lésés économiquement et les écosystèmes gérés non résilients.

Le modèle s’appuie sur une logique de solidarité écologique à des échelles variables et sur l’identification de bénéficiaires nombreux et parfois diffus. Il fait appel à des outils et à des démarches d’ores et déjà accessibles aux acteurs et en amélioration permanente grâce aux retours d’expérience des acteurs et territoires qui la mettront en place.

Socio-écosystèmes et cadre d’action

Le groupe de travail prospectif de l’association OREE poursuit ses travaux et propose une nouvelle thèse pour aller encore plus loin. Au-delà du pollueur ou bénéficiaire payeur, l’idée est d’évaluer les relations entre les dynamiques des acteurs socio-économiques et des écosystèmes en considérant leurs interactions et leurs évolutions possibles sur un territoire.

Biodiversité et économie, loin d’être un oxymore, s’invite aujourd’hui de façon précise dans la gestion des organisations publiques et privées.

Est-ce une réponse suffisante à l’affirmation d’Hubert Reeves : « Si vous ne vous occupez pas de la biodiversité, la biodiversité s’occupera de vous ! Un autre modèle économique est à construire » ?

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Michel TROMMETTER Unité mixte de recherche Economie Appliquée de Grenoble, UMR 1215 GAEL, CNRS, Grenoble INP, Inra, Univ. Grenoble-Alpes, Université Grenoble-Alpes, CS 40700, 38058 Grenoble Cedex 9
Département(s) associé(s) :
Sciences sociales, agriculture et alimentation, espace et environnement
Centre(s) associé(s) :
Auvergne - Rhône-Alpes

En savoir plus

Association OREE

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© orée

Association multi-acteurs créée en 1992, OREE développe une réflexion sur les meilleures pratiques environnementales et met en œuvre des outils pour une gestion intégrée de l'environnement à l'échelle des territoires.

Plus de 170 acteurs (entreprises, collectivités territoriales, associations professionnelles et environnementales, organismes académiques et institutionnels) participent à ces travaux.

Trois priorités d'actions pour une dynamique environnementale au service des territoires : biodiversité et économie ; économie circulaire ; reporting RSE et ancrage local des entreprises.

Forum Biodiversité & Economie

Le forum biodiversité & économie a été organisé par l’agence française pour la biodiversité, les 24 et 25 novembre 2016 à Paris.
Cette première édition affichait quatre objectifs :

  • Rassembler les acteurs économiques qui agissent pour et par la biodiversité, de tous les secteurs d’activités, des grands groupes aux TPE ;
  • Valoriser les initiatives et les savoir-faire de ces acteurs ;
  • Enclencher une dynamique pour démultiplier les innovations, les partenariats et les résultats ;
  • Instaurer des liens entre les acteurs économiques et l'agence française pour la biodiversité.