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Des cépages résistants aux maladies fongiques classés pour 2018

20 % des produits phytosanitaires consommés en France sont dédiés à la vigne alors qu’elle n’occupe que 3 % de la surface agricole utile. Dans l’objectif du plan Ecophyto, la réduction d’usage des pesticides pour cette culture est impérative. L’Inra, l’IFV et les viticulteurs ont développé de nouveaux cépages résistants aux maladies fongiques, classées « vignes à raisin de cuve » pour la campagne 2018.

Attaques de mildiou de la vigne sur cépage de Vitis vinifera sensible (A) et sur cépage de vigne résitant à la maladie (B)
Mis à jour le 23/01/2018
Publié le 23/01/2018

De la résistance monogénique à polygénique

Mildiou (Plasmopara viticola) et oïdium (Erysiphe necator) sont les deux principales maladies cryptogamiques foliaires de la vigne (Vitis vinifera) à l’origine de nombreux traitements phytosanitaires. Pour y pallier, la recherche s’est orientée depuis les années 1970, vers la création de vignes résistantes, par l’introgression successive de facteurs de résistance issus de vignes sauvages, américaines ou asiatiques. 25 ans plus tard, dans les cépages commercialisés (variétés « Bouquet »), la résistance aux maladies fongiques était portée par un seul gène par maladie. Mais pour conforter la durabilité des résistances aux pathogènes, la compilation de plusieurs gènes s’est avérée nécessaire et, dans les années 2000, les variétés RESDUR sont alors apparues. Avec le soutien de l’interprofession, ces variétés sont aujourd’hui déployées prioritairement par l’Inra.

Des programmes d’hybridation spécifiques aux typicités régionales

L’Inra recherche en continu de nouvelles résistances dans les vignes sauvages pour les introduire dans les cépages cultivés par Sélection Assistée par Marqueurs (SAM) : l’acquisition de nouvelles connaissances sur les gènes de résistance permet ainsi de créer de nouveaux génotypes résistants à incorporer dans les cépages viticoles emblématiques. Actuellement, six programmes de sélection sont portés par l’Inra et l’IFV, en associant dans une recherche participative, les viticulteurs. Ces programmes correspondent aux caractéristiques des terroirs français (Alsace, Bordelais, Champagne, Cognac, Provence et Rhône). Ils expérimentent en grandeur réelle, durabilité et adaptation des variétés aux climats et terroirs viticoles ainsi qu’aux conditions de production viti-vinicoles et aux pratiques œnologiques.

RESDUR : les nouveaux cépages de demain

Les cépages résistants mis au point par l’Inra avec l’appui de ses partenaires ont vocation à être commercialisés et ainsi déployés sur l’ensemble du vignoble français à l’horizon 2030. Une trentaine de variétés « RESDUR » sont en étude pour une inscription au catalogue officiel en 2017, tandis que 7 variétés de raisin de cuve du type « Bouquet » sont déposées pour inscription au catalogue officiel, les premières devraient intervenir fin 2017, et les premiers classements en 2018.

Valeurs ajoutées économique et environnementale des nouvelles variétés Resdur

La résistance polygénique des variétés représente un levier efficace de baisse des charges d’exploitation en utilisation de produits phytosanitaires (diminution de 96 % de la fréquence des traitements en fongicides, herbicides et insecticides). Par ailleurs, grâce à ces variétés, la filière viti-vinicole se donne la capacité de maintenir dans le temps son image de qualité et d’excellence dans un contexte de sensibilité accrue du consommateur vis-à-vis des questions environnementales liées à l’usage des nombreux traitements. Ces travaux sont potentiellement très intéressants pour l’ensemble des producteurs et viticulteurs en France et potentiellement dans les autres régions viti-vinicoles à travers le monde.

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Contact(s) scientifique(s) :

Sources

  • « ResDur, le programme Inra de création de variétés de vignes de cuve résistantes », Union Girondine des Vins de Bordeaux, Novembre 2014, pp. 62-68
  • Déploiement de cépages de vigne résistants au mildiou et à l’oïdium : position institutionnelle de l’Inra (http://institut.inra.fr/Reperes/Documents/Positions-institutionnelles/Vigne-resistante-au-mildiou-et-a-l-oidium-position-institutionnelle-de-l-Inra)

En savoir plus

Les variétés du programme « Résistances Durables – ResDur» de l’Inra présentent trois niveaux de pyramidage de gènes de résistance à ces 2 maladies, associant les gènes majeurs Rpv1 (mildiou) et Run1 (oïdium) à d’autres gènes de résistance.
Une première série (programme ResDur série n°1) de 4 variétés (2 blanches et 2 rouges), déposées au Catalogue officiel en octobre 2015, accèdera au classement définitif au début de la campagne 2018. Dans l’attente de leur inscription et de leur classement définitif, ces variétés sont accessibles pour l’expérimentation par les viticulteurs sous le régime du classement temporaire (avis du CS de FAM et de la section vigne du CTPS et arrêté du 19 avril 2017). Une deuxième série (programme ResDur série n°2) de 25 variétés, déposée en avril 2016, sera présentée à l’inscription et au classement définitif à partir de la campagne 2021. En attendant, ces variétés seront également disponibles à l’expérimentation pour les viticulteurs selon le régime du classement temporaire à partir de la campagne 2018.
En complément, cette offre compte également des variétés obtenues dans le cadre des travaux réalisés par Alain Bouquet. Ces variétés présentent des résistances monogéniques au mildiou (gène Rpv1) et à l’oïdium (gène Run1). 7 variétés déposées au Catalogue en 2017 accèderont de manière échelonnée au classement temporaire pour permettre à l’Inra et à ses partenaires d’évaluer le risque de contournement que génère leur déploiement. L’accès au classement définitif de ces variétés sera instruit par l’Inra sur la base d’un recul suffisant et de la démonstration que leur plantation à une large échelle n’induit pas une augmentation du risque de contournement des résistances génétiques aux deux maladies.