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Caractériser la diversité des différentes formes d’agriculture

Caractériser la diversité des formes d’agriculture au-delà de l’opposition entre bio et conventionnel : nature des intrants, services écosystémiques et contextes socioéconomiques sont étudiés et permettent de déterminer six principales formes d’agriculture.

Légende : Principales formes d’agriculture à la recherche de plus de durabilité (de 1a à 2c) pour lesquels les systèmes de production (SP) sont représentés en fonction de (i) la part relative de services écosystémiques ou intrants exogènes mobilisés pour la production agricole (axe Y) et (ii) le type relations qu’ils entretiennent avec leur contexte socio-économique, basé sur les prix des marchés mondialisés de produits et composés agricoles ou l’intégration dans des dynamiques territoriales (axe X) ; les principales formes d’agriculture ont été numérotées 1 et 2 pour tenir compte du changement de paradigme lié à la nature des intrants; les lettres a, b et c traduisent un degré d’insertion dans les dynamiques territoriales de plus en plus élevées. Des exemples emblématiques sont présentés en rouge.. © Olivier Therond, Michel Duru, Jean Roger-Estrade, Guy Richard (c)

On assiste actuellement à un foisonnement d’initiatives visant à proposer des modes de production agricole plus durables que le modèle conventionnel: écoagriculture, permaculture, agriculture biologique, de précision, intégrée, de conservation, climato-intelligente... Chacune de ces formes d’agriculture recouvre souvent une grande diversité de pratiques ou correspond à des systèmes de production présentant des performances environnementales et socio-économiques différentes.
Pour structurer le débat sur la diversité des agricultures, des chercheurs de l’Inra ont développé un cadre d’analyse de la diversité des systèmes de production agricole et des formes d’agriculture.

Les systèmes de production selon la nature des intrants

Les agriculteurs mettent en œuvre des pratiques de conduite de culture ou d’élevage selon deux grands types de stratégie : (i) artificialiser le milieu via l’apport d’intrants industriels (y compris l’énergie de structuration du sol), (ii) développer les services écosystémiques fournis par la nature. Dans la plupart des systèmes de production, les deux types d’intrants sont mobilisés mais dans des proportions variables.

Les contextes socioéconomiques des systèmes de production agricole

Les contextes socioéconomiques dans lesquels sont insérés les systèmes de production déterminent la nature et les prix de leurs intrants et des produits agricoles et donc leur fonctionnement biotechnique. Quatre grands types de contexte socio-économique coexistent :

  • Les systèmes alimentaires industrialisés et mondialisés, structurés autour de marchés très concurrentiels qui posent des questions de durabilité.
  • Les projets locaux ou régionaux de développement d’économies circulaires qui offrent des opportunités de substitution des intrants chimiques par des intrants organiques et de diversification des systèmes de production (production de biomasse « énergétique »).
  • Les projets de développement de systèmes alimentaires alternatifs qui répondent aux enjeux de santé humaine, de qualité des produits, d’équité sociale et de (re)localisation.
  • Les projets intégrés de développement territorial, impliquant l’agriculture, mobilisant les leviers de l’économie circulaire et des systèmes alimentaires alternatifs, en complément de ceux de la gestion intégrée des paysages pour le développement des services écosystémiques.

Le niveau d’intégration des systèmes de production dans ces différents contextes socio-économiques déterminent le poids relatif des relations basées sur le prix des intrants et produits agricoles des marchés globalisés de celles basées sur des objectifs sociaux (équités, répartition de la valeur ajoutée...), de respect de l’environnement ou de relocalisation.

Un cadre d’analyse des formes d’agriculture

Sur cette base, un cadre analytique de la diversité des formes d’agriculture a été construit (voir la figure ci-dessous).

Légende : Principales formes d’agriculture à la recherche de plus de durabilité (de 1a à 2c) pour lesquels les systèmes de production (SP) sont représentés en fonction de (i) la part relative de services écosystémiques ou intrants exogènes mobilisés pour la production agricole (axe Y) et (ii) le type relations qu’ils entretiennent avec leur contexte socio-économique, basé sur les prix des marchés mondialisés de produits et composés agricoles ou l’intégration dans des dynamiques territoriales (axe X) ; les principales formes d’agriculture ont été numérotées 1 et 2 pour tenir compte du changement de paradigme lié à la nature des intrants; les lettres a, b et c traduisent un degré d’insertion dans les dynamiques territoriales de plus en plus élevées. Des exemples emblématiques sont présentés en rouge.. © Olivier Therond, Michel Duru, Jean Roger-Estrade, Guy Richard (c)
© Olivier Therond, Michel Duru, Jean Roger-Estrade, Guy Richard (c)

Légende : Principales formes d’agriculture à la recherche de plus de durabilité (de 1a à 2c) pour lesquels les systèmes de production (SP) sont représentés en fonction de (i) la part relative de services écosystémiques ou intrants exogènes mobilisés pour la production agricole (axe Y) et (ii) le type relations qu’ils entretiennent avec leur contexte socio-économique, basé sur les prix des marchés mondialisés de produits et composés agricoles ou l’intégration dans des dynamiques territoriales (axe X) ; les principales formes d’agriculture ont été numérotées 1 et 2 pour tenir compte du changement de paradigme lié à la nature des intrants; les lettres a, b et c traduisent un degré d’insertion dans les dynamiques territoriales de plus en plus élevées. Des exemples emblématiques sont présentés en rouge.

Six formes d’agriculture  représentant un gradient d’utilisation des services écosystémiques et d’ancrage territorial se détachent sur le schéma  (Voir les liens dans l’encadré ci-dessous pour plus de détails). Cette liste non exhaustive a vocation à être complétée.

Intérêt de la typologie des formes d’agriculture

Le cadre d’analyse proposé permet de lever les limites des classifications usuelles : « agriculture conventionnelle », « agroécologie » et « agriculture biologique ». Il aide à clarifier la structure des systèmes alimentaires du « local » au « global » et permet d’affiner la place potentielle de la bio-économie dans toutes ces formes d’agriculture. Mais toutes n’ont pas les mêmes besoins de recherche…

Perspectives

Pour accompagner la prise de décision publique, le travail sera poursuivi par le développement d’une évaluation multicritères et multi-niveaux de ces différentes formes d’agriculture, ainsi que par l’analyse des conditions de transition d’une forme d’agriculture à une autre.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Toulouse, Versailles-Grignon, Grand Est - Colmar

En savoir plus

"A new analytical framework of farming system and agriculture model diversities: a review" ; Olivier Therond, Michel Duru, Jean Roger-Estrade, Guy Richard.

 http://dx.doi.org/10.1007/s13593-017-0429-7