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Le goûter à l’école

La recherche porte sur le déroulement des goûters dans la cour de récréation, par observation directe des élèves. Il ne s’agit pas simplement pour eux de combler un besoin énergétique. Partager son goûter, c’est aussi communiquer et échanger, construire un lien avec autrui.

partager son goûter. © Inra, Géraldine Comoretto
Mis à jour le 11/02/2016
Publié le 19/11/2015

La recherche, effectuée dans le cadre d’une thèse, porte sur les  conditions dans lesquelles les élèves prennent leur goûter à l’école. Le travail de terrain a été réalisé dans deux établissements scolaires, situés en région parisienne, accueillant des enfants provenant de milieux sociaux et culturels contrastés.  L’analyse concerne les enfants scolarisés à l’école élémentaire (du CP au CM2) et inscrits à l’étude surveillée. Le goûter y est consommé entre 16h30 et 17h dans la cour de récréation. Les enfants sont sous la responsabilité des surveillants avant de retourner en classe faire leurs devoirs.

Logiques électives et relations de pouvoirs : donner, recevoir et rendre ?

L’espace de la cour de récréation et le temps du goûter sont investis par les enfants afin d’en faire un moment de partage et de transmission entre pairs. Une fois sortis du cartable, les goûters sont exposés, comparés, partagés, échangés, donnés, troqués. Ces transactions non marchandes répondent à des règles et à des codes édictés par le groupe d’appartenance et auxquels les adultes sont étrangers. Se déroulant à l’abri des regards, elles se démarquent des préoccupations nutritionnelles des adultes. Prendre son goûter dans la cour de récréation ne signifie pas simplement ingérer des aliments afin de combler un besoin énergétique journalier. Partager son goûter, c’est aussi communiquer et échanger, construire un lien avec autrui.  

Les inégalités sociales

Le moment du goûter peut aussi agir comme un révélateur des inégalités sociales entre enfants. Lorsqu’il n’est pas fourni par la municipalité, les parents composent le goûter en fonction de leurs moyens financiers, de leur fréquence et de leur approvisionnement, des préférences alimentaires de leurs enfants, mais aussi selon la perception qu’ils ont de ce goûter et de ce qu’il devrait apporter selon eux à leurs enfants. Dans les deux situations étudiées, le choix du goûter apparaît comme une pratique féminine, et surtout maternelle, vraisemblablement corrélé à la répartition des tâches domestiques dans la famille.

Le poids des marques

Aux questions de santé et d’équilibre alimentaire s’ajoute le paramètre économique. Toutes les marques et tous les produits ne se valent pas. L’attrait des enfants pour les marques et les produits « à la mode » exerce une influence sur les préférences alimentaires des enfants et impacte la teneur des transactions dans la cour de récréation. Tous les produits n’ont pas la même valeur sur le marché de l’échange.
Selon les choix et les contextes familiaux, les enfants ne sont donc pas tous égaux dans la cour de récréation, notamment selon leur origine sociale.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Géraldine Comoretto (01 49 59 69 43 ) ALISS UR 1303 - 65 boulevard de Brandebourg 94205 IVRY-SUR-SEINE CEDEX
Département(s) associé(s) :
Sciences sociales, agriculture et alimentation, espace et environnement
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

En savoir plus

  • Géraldine Comoretto, « Le goûter de 16h30 comme symbole du patrimoine alimentaire enfantin ? Analyse des transactions non marchandes dans deux cours de récréation (France) », Anthropology of food [Online], 9 | 2015, Online since 09 June 2015, connection on 13 November 2015. URL : http://aof.revues.org/7757