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La levure Saccharomyces cerevisiae, un allié pour la santé du lapin

Il est maintenant établi que la flore digestive contribue au bien-être et la santé des êtres humains et des animaux. Les chercheurs de l’Unité TANDEM (Tissus Animaux Digestion Ecosystème et Métabolisme) ont montré chez le lapin, que la levure S. cerevisiae apportée en supplément dans l’alimentation, peut interagir avec les populations microbiennes naturelles de l’animal et améliorer sa santé.

Une lapine et ses lapereaux.. © Inra, NICOLAS Bertrand
Mis à jour le 16/04/2013
Publié le 06/11/2012

De l’importance du microbiote digestif

La flore du tube digestif - ou microbiote digestif - des animaux est constituée d’une multitude de micro-organismes qui interagissent entre-eux mais aussi avec leur hôte. Cet écosystème, complexe, siège de nombreux échanges, est indispensable au bon développement des animaux. Il permet de mieux digérer les aliments, d’apporter des vitamines que l'animal est incapables de synthétiser, de dresser une barrière contre les agents pathogènes ingérés. Le fonctionnement du microbiote reste cependant pour une grande part inconnu et le rôle de chaque sous-population microbienne dans les grandes fonctions physiologiques (nutrition, immunité, …) est le sujet de nombreuses recherches.

Élevage, transition alimentaire et probiotiques

Le microbiote s'implante dès les premiers jours de vie en parallèle de la maturation du tube digestif de l'animal. Les différentes espèces microbiennes sont apportées par contact avec les congénères ou avec l’environnement. Ces phénomènes permettent au jeune animal de s’adapter à une évolution de son alimentation, d’aller vers une plus grande autonomie alimentaire (par exemple chez les mammifères, passer du lait maternel aux aliments de son environnement). Dans les élevages, cette transition alimentaire est cependant délicate et peut générer des troubles digestifs (diarrhées, …) pouvant entrainer des retards de croissance et parfois aller jusqu’à la mort d’une part importante des animaux. Ce stress adaptatif peut avoir un impact économique important.

Pour pallier ces difficultés et aider le microbiote à s’adapter, l’apport de souches microbiennes spécifiques (levures ou bactéries) ou probiotiques est une des solutions étudiées. Cependant, les effets de cet apport ne sont pas totalement connus, leur maîtrise n'est pas encore complète pour atteindre une efficacité optimale.

S. cerevisiae et microbiote caecal du lapin

Dans leurs recherches sur les implications du microbiote dans la nutrition des animaux d’élevage et sa mise en place chez le jeune animal, les chercheurs de l’Unité TANDEM se sont plus particulièrement intéressés à l’adaptation du jeune lapin à son alimentation post-sevrage. Dans le cadre d’une thèse établie en partenariat avec l'INRA, l’Université d’Abobo-Adjamé (Abidjan, Côte d'Ivoire) et la société Lesaffre Feed Additives (Lilles), les scientifiques ont étudié le microbiote caecal de jeunes animaux, car cette partie distale du tube digestif est le lieu d’une intense activité microbienne.

Pour cela, les chercheurs ont nourri trois groupes d’animaux (sevrés, 35 jours d'âge) avec une alimentation normale additionnée ou pas de levure (enrobées) NCYC Sc47 à 0g/Kg, 1g/kg et 10g/kg d’aliment (groupes C0, C1, C10 respectivement) pendant 35 jours consécutifs. Sur cette période, les chercheurs ont relevé les paramètres zootechniques (poids initial et final, taux de croissance, taux de mortalité). Puis en fin de période de croissance, la structure des populations microbiennes a été étudiée par extraction des ADNr 16s et PCR (Polymerase Chain Reaction).

Les chercheursont montré que les levures pouvaient transiter à travers le tube digestif, supporter l’acidité de l’estomac et les enzymes digestives de l’intestin pour atteindre vivantes le caecum. L’apport de levures n’a pas permis d’améliorer les performances zootechniques des animaux, les conditions d’élevage (nourriture, densité de population dans les cages, …) étant optimales. La supplémentation en levure à 10g/kg a cependant permis de réduire de moitié la fréquence des troubles digestifs chez les jeunes lapins. La structure des communautés bactériennes du caecum est peu modifiée en présence de levures vivantes; les bactéries dominantes sont restées les mêmes, mais la biodiversité a légèrement augmenté. Pour les chercheurs, cela témoignerait d’un plus grand équilibre de la communauté bactérienne. La technique employée n’a pas permis d’aller plus en avant dans l’identification des souches bactériennes qui se sont développées (il s’agit peut-être de souches fibrolytiques digérant les fibres végétales).

Aujourd’hui, deux thèses sont en cours pour poursuivre ces travaux qui présentent un grand intérêt sur le plan fondamental, pour mieux comprendre le rôle du microbiote, comme sur le plan appliqué, pour renforcer la santé et le bien-être des animaux d’élevage.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Thierry GIDENNE (05 61 28 51 03) UMR1289 Tissus Animaux Nutrition Digestion Ecosystème et Métabolisme
Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Toulouse