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Agriculteur biologique préparant ses salades de plein champs pour une vente sur un marché local (Drôme).. © Inra, MEURET Michel

L'agriculture biologique

Des vaches laitières au régime 100 % herbe

Des chercheurs de la station expérimentale de l’Inra de Mirecourt testent depuis 2004 l’autonomie totale d’un élevage laitier en bio pour qu’une ferme soit capable de fournir à ses vaches uniquement ce qu’elle produit sur l’exploitation.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 18/01/2013

Vaches laitières. © Inra, NICOLAS Bertrand
Vaches laitières © Inra, NICOLAS Bertrand
«
 Brouter dans les pâturages du printemps jusqu’à l’automne et, l’hiver venu, se réfugier dans l’étable pour ne consommer que des fourrages récoltés sur la ferme. Elever un troupeau de vaches au régime 100 % herbe, c’est possible et c’est rentable. Même face aux sécheresses ! », conclut une expérimentation de l’Inra. L’alimentation des vaches laitières est constituée par deux grands types d’aliments : les fourrages et les aliments concentrés. Ces derniers sont riches en protéines et en glucides. Ils sont issus d’extraits de colza, soja, maïs, céréales ou encore de résidus d’industries agroalimentaires. Les exploitations sont aujourd’hui très rares à se passer de ces concentrés : les éleveurs donnent chaque année à leur vache de 1 à 2 tonnes d’aliments concentrés. Une dépendance coûteuse. Les éleveurs doivent réduire au maximum leurs charges, et souvent, l’alimentation des vaches pèse fortement sur les coûts de production.

Depuis 2004, dans le climat plutôt continental de l’est de la France, la station expérimentale de l’Inra de Mirecourt élève une quarantaine de vaches selon le cahier des charges de l’Agriculture Biologique, avec un régime 100 % à l’herbe. Les vaches ne consomment que du foin l’hiver et vont au pâturage le reste de l’année. A l’exception de l’électricité, du fioul, de quelques éléments minéraux et des produits vétérinaires réduits au minimum, les chercheurs montrent qu’une exploitation peut être autonome. Selon Jean-Louis Fiorelli, « face aux aléas climatiques, notamment les sécheresses de 2009, 2010 et 2011, nous sommes capables de montrer que les systèmes autonomes en élevage sont vivables et gérables sans affecter le troupeau. Le système herbager est économe et donne des résultats économiques très performants avec des races comme la Montbéliarde ou la Holstein qui produisent en moyenne 5 000 kg de lait par vache et par an contre 6 500 kg de lait en moyenne dans la région ».

Une nouvelle forme d'autonomie

Les chercheurs conduisent aussi un autre troupeau d’une soixantaine de vaches, également  en bio, qu’ils élèvent en combinant des ressources alimentaires issues de prairies et de cultures céréalières qui poussent uniquement sur l’exploitation. Cette autonomie est également satisfaisante et permet de développer des recherches sur des techniques culturales innovantes,  plus respectueuses de l’environnement. « En deux ans, remarque le chercheur, plus de 1 500 visiteurs sont passés visiter nos essais  et étudier nos systèmes d’élevage expérimentaux ! »