• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
Agriculteur biologique préparant ses salades de plein champs pour une vente sur un marché local (Drôme).. © Inra, MEURET Michel

L'agriculture biologique

Sélectionner des variétés de blé bio

Pour répondre aux besoins des céréaliers en agriculture biologique qui cherchent des variétés résistantes, productives et de bonne qualité boulangère, l’Inra de Rennes propose en 2012 deux nouvelles variétés de blé, Hendrix et Skerzzo.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 14/02/2013
Publié le 18/01/2013

Pains dits "de campagne".. © Inra, MANSION Nathalie
Pains dits "de campagne". © Inra, MANSION Nathalie
«
 En agriculture biologique, les producteurs ont besoin de semer des variétés qui soient à la fois productives en situation de faible disponibilité en azote et résistantes aux maladies, car le cahier des charges leur interdit de traiter avec des produits chimiques et d’apporter des engrais chimiques. N’utilisant pas d’herbicides, les agriculteurs ont également besoin de variétés qui poussent plus vite que les adventices. Plus « rustiques », ces variétés biologiques doivent également être de bonne qualité boulangère pour donner des farines panifiables, y compris avec de basses teneurs en protéines », explique Bernard Rolland, chercheur au département de biologie et d’amélioration des plantes de l’Inra.

Hendrix et Skerzzo

Engagé depuis dix ans dans la sélection de variétés de blé pour l’agriculture biologique, l’Inra a lancé, en 2012, deux nouvelles variétés de blés, Hendrix et Skerzzo qui pourront être semées dès cet automne. Ces variétés présentent des rendements supérieurs de 10 à 15 % aux rendements de la variété Renan, actuellement la plus cultivée en agriculture biologique. Talon d’Achille de l’agriculture biologique, le rendement des cultures d’hiver - comme le blé - est inférieur à celui de l’agriculture conventionnelle ; il est également plus variable. Le rendement moyen en blé biologique atteint en effet 3,2 t/ha contre 7,2 t/ha en conventionnel. Cette différence représente un manque à gagner pour les agriculteurs. Bernard Rolland poursuit : « la recherche en sélection végétale pour des variétés biologiques se poursuit. Elle se base sur des variétés provenant de la sélection classique qui sont ensuite croisées. En partenariat avec quatre coopératives bio, nous testons cette année une vingtaine de lignées prometteuses qui sont économes en engrais et pesticides. Un programme de recherche coordonné par l’Itab, l’Institut technique de l’agriculture biologique, sur la compétitivité des variétés vis-à-vis des mauvaises herbes va reprendre à l’automne 2012. »

Pour le pain bio

Hubert Chiron, Fournil expérimental BIA, centre Angers-Nantes : « le Grenelle de l’environnement a popularisé la filière pain biologique. Les consommateurs le plébiscitent à condition qu’il conserve les caractéristiques de pain standard, c’est-à-dire du pain léger avec de la farine raffinée plutôt que de la farine semi complète ou complète. Les pratiques meunières et boulangères de la filière « pain bio » se sont adaptées à ces exigences. Nous avons ainsi recensé les diverses qualités organoleptiques des pains au levain naturel, et identifié les nouveaux marchés de niche à valeur ajoutée comme le pain à l’épeautre ou à l’engrain ».