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Agriculteur biologique préparant ses salades de plein champs pour une vente sur un marché local (Drôme).. © Inra, MEURET Michel

L'agriculture biologique

Des poulets pistés par des puces

Pour comprendre le comportement des poulets élevés en plein air et adapter les méthodes d’élevage aux besoins des animaux, des chercheurs de l’Inra du Magneraud ont posé sur plus d’un millier de volatiles des puces électroniques émettant des ondes radio.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 12/03/2014
Publié le 18/01/2013

Des poulets épiés, pistés, analysés bien en amont de nos assiettes… pour leur bien-être. La réglementation européenne sur l’Agriculture Biologique impose l’élevage de poulets dans un bâtiment ouvert associé à un accès au plein air. Encore faut-il les inciter à sortir, car certains, sont casaniers. Pour comprendre leurs comportements et leurs préférences en matière d’environnement, des chercheurs ont posé sur plus d’un millier de volatiles des puces RFID. Cette technologie émet des ondes radio permettant de recueillir des informations toutes les dix secondes sur les déplacements du poulet.

La plateforme avicole AlterAvi du Magneraud explore depuis 2009 les performances zootechniques, environnementales et sanitaires de systèmes d'élevages biologiques.. © Inra, MAITRE Christophe
La plateforme avicole AlterAvi du Magneraud explore depuis 2009 les performances zootechniques, environnementales et sanitaires de systèmes d'élevages biologiques. © Inra, MAITRE Christophe

Les poulets sous surveillance

Complétant ces données par des observations visuelles, les chercheurs se sont aperçus que les poulets ont des comportements individuels qui diffèrent d’un animal à l’autre. Ils se distinguent par leur aptitude à explorer leur aire d’élevage. Certains préfèrent rester dans le bâtiment tandis que les autres, les explorateurs, sillonnent leur prairie. « Nous avons pu montrer que les poulets sortent plus facilement sur des surfaces en herbe avec des arbres que sur des parcours sans ombre. Incités à sortir, les poulets ont de meilleures performances zootechniques. Plus les poulets sortent, moins ils donnent de gras, de cuisse et de filet. Leurs sorties n’affectent cependant pas les qualités sensorielles de la viande », explique Karine Germain, responsable de la plate-forme AlterAvi à l’Inra du Magneraud. Les poulets explorateurs, qui grattent et mangent de la terre, captent plus de parasites. Sur le plan environnemental, plus les poulets sortent, plus les rejets (déjection, émissions gazeuses) sont importants, surtout à proximité du bâtiment. La chercheure détaille :« une bonne gestion des parcours modifie le comportement des poulets et donc améliore la durabilité de ce système d’élevage. Nous proposons des méthodes alternatives pour optimiser le système de production de poulet. Ces recherches accompagnent le travail de l’éleveur autour de la question du bien-être animal et de l’impact environnemental… » Les chercheurs sont allés plus loin : en étudiant la filiation génétique des poulets casaniers et des explorateurs, ils ont réussi à lier le comportement exploratoire à leur génétique. Ces derniers résultats  ouvrent des pistes pour une sélection génétique plus adaptée aux élevages de plein air.

Les plantes aromatiques, médecine douce pour le poulet?

La plateforme AlterAvi teste également l’apport de plantes aromatiques  sur le parcours pour lutter naturellement contre le parasitisme des poulets. Les chercheurs ont ainsi réparti régulièrement sur tout un parcours des petits carrés d’ail, de fenugrec, de thym et de tanaisie, herbes utilisées par des éleveurs de poulets biologiques en phytothérapie pour leurs effets vermifuge, anti-helminthiques ou anti-coccidiose. Ils estiment l’appétence de ces végétaux, mesurent leur ingestion, étudient leur état sanitaire… Plus tard (les résultats sont attendus d’ici fin octobre) ils testeront la qualité sensorielle de la viande. Un poulet au bouquet déjà garni ?

Des alternatives au soja

La plateforme a mis en place en 2012 une série d’essais dans le cadre du projet AviAlimBio pour trouver des formules alimentaires innovantes. La filière aviculture biologique doit en effet passer d’ici  le 1er janvier 2015 à une alimentation 100 % d’origine biologique, mais la ration traditionnelle soja-maïs-blé est coûteuse pour la filière qui doit importer du soja bio à prix élevé. Il faut donc trouver d’autres sources de protéines produites localement pour remplacer ou diminuer l’incorporation de soja dans la ration.