• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
Epandage de PESTICIDE dans vignoble © Ewald Fröch - Fotolia

Pesticides, une trop grande dépendance

Pesticides en mélange : une équation à multiples inconnues !

Les chercheurs ont prouvé sur un plan fondamental que l’effet cocktail, - l’impact d’une exposition à de faible quantités de pesticides - existe. Mais il est encore très compliqué de prédire l’effet d’un mélange sur ces différents niveaux cellulaires, d’autant plus que les pesticides ont des impacts qui diffèrent selon les organes.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 03/02/2014
Publié le 03/02/2014

 © Fotolia
© Fotolia

Les mélanges de pesticides concernent tout le monde : le consommateur est régulièrement exposé à de faibles quantités de pesticides contenues principalement dans son alimentation mais aussi via l’eau et via l’air. Plus de la moitié des échantillons de fruits et 39% des légumes testés en Europe en 2013 contiennent des pesticides et un quart des échantillons contiennent deux résidus de pesticides voire plus. « Si la présomption d'un lien entre l’exposition professionnelle des agriculteurs aux pesticides et leur santé a pu être établie via les études de population, il est difficile aujourd’hui de mettre en évidence  une telle corrélation chez le consommateur, pour qui la voie, la durée et le niveau d'exposition sont différents de ceux des professionnels », explique Laurence Payrastre, chercheuse à l’Inra dans l’unité Toxalim de Toulouse à l'occasion de la journée « pesticides : santé et biodiversité » organisée à l’Assemblée nationale le 30 janvier 2014. 

Le devenir des pesticides dans la cellule

Peut-on prédire l'impact des mélanges de composés à partir de l'effet des molécules seules ? Soit les effets des pesticides s'additionnent soit ils sont indépendants les uns des autres. Mais de telles approches ne sont pas toujours applicables dans le cas de mélanges complexes tels qu'ils peuvent exister dans les aliments. En effet les composés d'un mélange peuvent interagir à différents niveaux cellulaires et moléculaires. Laurence Payrastre explique que « Lorsqu’un pesticide arrive à la surface d’une membrane cellulaire il peut être refusé, intégré ou détoxifié à l’intérieur de la cellule. L’intégration ou la détoxification du pesticide par la cellule entraîne des réactions ou des produits intermédiaires qui pourront altérer son ADN ou sa signalétique, c’est-à-dire sa manière d'intégrer les informations venant de l'extérieur et donc sa réponse en termes de survie de prolifération ou de différenciation. Il est encore plus  compliqué de prédire l’effet d’un mélange sur ces différents niveaux cellulaires ! Les interactions des composés d'un mélange sur les différentes cibles cellulaires sont donc complexes, d’autant plus que les pesticides ont des impacts qui diffèrent selon les organes ». Une revue en cours d’une trentaine d’expérimentations existantes sur le sujet réalisé par l’unité Toxalim, à paraître en mai 2014, montre pour 40% d'entre elles que les pesticides en cocktails ont un « effet additif », c’est-à-dire que l’impact des pesticides sur la cellule est supérieur en mélange que seul, 20% ont des effets synergiques, et 15% des effets antagonistes. 26% des effets sont "inclassables" puisque pour un même mélange de composés des effets différentiels en fonctions de la cible, du tissu ou de l'organe sont observés. Les chercheurs ont ainsi montré sur un plan fondamental que l’effet cocktail existe, incitant à mieux en comprendre le mécanisme. Ces travaux posent également la question des méthodes d’évaluation des molécules potentiellement toxiques que sont les pesticides. Cette évaluation devrait être réactualisée régulièrement au fur et à mesure que le front de science avance.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Alimentation humaine
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Toulouse