• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
Agroécologie et recherche. © Inra, Arnaud Veldeman, Véronique Gavalda

L’agroécologie, vous connaissez ?

Le verger de demain

Pour réduire la dépendance aux pesticides des productions fruitières, l’Inra de Gotheron expérimente depuis seize ans des techniques alternatives aux traitements chimiques dans des vergers de pommes, poires et pêches.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 09/10/2013
Publié le 18/01/2013

Récolte des pommes. © MAITRE Christophe
Récolte des pommes. © MAITRE Christophe
Dans son verger, une pomme produite en arboriculture conventionnelle reçoit en moyenne 35 traitements. Cette dépendance aux pesticides est liée à la pérennité des arbres fruitiers  - il s’agit d’une production qui s’étale sur plusieurs années - qui favorise le maintien des ravageurs et des maladies dans le verger d’une année sur l’autre. C’est aussi la nécessité de répondre aux demandes de la filière commerciale et des consommateurs qui veulent un fruit esthétique pour la consommation en frais.

De nouvelles expérimentations

Les chercheurs de l’Inra comparent depuis 1994 des vergers menés en arboriculture conventionnelle et biologique pour réduire au mieux les traitements sans menacer la production de fruits.« Nous étudions les pistes pour concevoir le verger de demain : qu’il soit bio ou non, le verger devra être plus résistant, moins sensible aux maladies et aux ravageurs », explique Sylvaine Simon de l’Inra de Gotheron. Moins traiter, cela passe, selon les résultats des expérimentations, par un choix de variétés plus rustiques, - qui résistent bien aux maladies et qui sont peu exigeantes en matière d’alimentation -, et l’utilisation d’un ensemble de méthodes pour limiter les traitements chimiques.

Planter des pommiers peu sensibles ou résistants aux maladies, plutôt que des variétés qui sont sensibles, est un des leviers importants pour réduire les traitements. La forme des arbres serait aussi un facteur de résistance aux attaques des ravageurs. Les chercheurs expérimentent des stratégies de protection alternatives à la protection chimique en privilégiant les produits de traitement d’origine naturelle à base de virus, parasites ou bactéries qui détruisent les insectes nuisibles des arbres fruitiers. Pour favoriser les insectes utiles pour le verger (c’est-à-dire les auxiliaires), ils étudient également l’implantation d’une biodiversité utile pour l’agriculture. Un dosage délicat, selon Sylvaine Simon : « installer des habitats pour les insectes et les oiseaux, comme des haies ou des bandes fleuries, favorise le développement de cette faune bénéfique. Mais nous devons choisir les bonnes essences pour ne pas encourager les ravageurs ! Car les mécanismes en jeu lorsqu’on modifie l’environnement végétal des cultures sont loin d’être tous connus ».