Recherches sur les méthodes de biocontrôle en vigne à l'unité Santé et agroécologie du vignoble, Inra Bordeaux. © Maya Press

Vigne : le biocontrôle est sur les rangs

À l’Inra de Bordeaux, l’unité Santé et agroécologie du vignoble teste différentes méthodes de biocontrôle pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires contre les ravageurs ou maladies de la vigne : insectes prédateurs ou parasitoides, micro- ou macro-organismes notamment. Plusieurs pistes actuellement à l’étude sont prometteuses et devraient se traduire à terme par le transfert et l’application de solutions concrètes utilisables par les viticulteurs.

Par Patricia Léveillé - vidéo : Maya Press
Mis à jour le 06/12/2016
Publié le 11/10/2016

Santé des viticulteurs et des consommateurs, respect de l’environnement, biodiversité… La prise de conscience de l’impact négatif des produits phytosanitaires dans le monde viticole est aujourd’hui bien réelle. Ce sont en effet les systèmes viticoles qui en dépendent le plus. Afin d’en réduire leur usage, et parmi les leviers agroécologiques les techniques du biocontrôle commencent à s’immiscer dans les pratiques des vignerons. Ces méthodes consistent à utiliser et optimiser les mécanismes de régulations naturelles qui sont les lois de régulations environnementales. Il peut s’agir d’insectes prédateurs qui éliminent ceux qui attaquent la vigne, de l’application de bactéries ou champignons pour lutter contre des maladies, l’utilisation de phéromones (molécules odorantes régulant les distances entre individus d’une même espèce) pour empêcher l’accouplement et donc la reproduction…

À Bordeaux, l’unité Santé et agroécologie du vignoble expérimente entre autres la lutte biologique qui consiste à stimuler les populations de prédateurs naturels des ravageurs de la vigne. Des travaux sur le terrain et en laboratoire montrent que la diversité des prédateurs renforce le potentiel global de régulation par rapport à l’action d’une espèce isolée de prédateur. Les chercheurs ont également observé que la hausse des températures liée au changement climatique est favorable à l’action de certains de ces prédateurs.
 

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Santé des plantes et environnement
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Bordeaux Aquitaine

Lancement de la première chaire industrielle en agronomie pour lutter contre les maladies du bois de la vigne

Nécrose caractéristique de l’esca, appelée « amadou », constituée de bois friable de couleur orangée à blanchâtre. Le bois fonctionnel, où sont localisés les vaisseaux, est partiellement détruit.. © Inra, P. Lecomte
© Inra, P. Lecomte
Les recherches de l’unité Save sur l’influence des facteurs environnementaux et des pratiques culturales sur l’expression des maladies du bois de la vigne et l’interaction plante-microbiote ont été sélectionnées au titre du programme « Chaire industrielle » financé par l’Agence nationale de recherche. Cette chaire industrielle renforce une collaboration initiée en 2015 entre le leader mondial du cognac Jas Hennessy & Co et l’unité Santé et agroécologie du vignoble. Le programme vise à proposer une stratégie de protection agroécologique du vignoble, intégrant la conception d’itinéraires techniques innovants, le biocontrôle et l’amélioration génétique. Officiellement lancée au centre Inra Bordeaux-Aquitaine le 2 décembre 2016, la chaire industrielle « GTDfree » consolidera les synergies entre recherche et acteurs socioéconomiques au bénéfice des producteurs et de la filière. > En savoir plus