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Dynamique agroécologique dans le vignoble alsacien.. © Inra, Maya Press

Dynamique agroécologique dans le vignoble alsacien

En Alsace, viticulteurs, conseillers techniques, élus, associations et chercheurs ont imaginé ensemble une méthode de travail et de recherche qui valorise la diversité de tous les savoirs. Les désaccords deviennent une ressource pour repenser et initier un changement des pratiques, plus en harmonie avec l’environnement. Reportage.

Par Patricia Léveillé, Maya Press
Mis à jour le 09/10/2015
Publié le 09/10/2015

Les 35 vignerons participant au projet* de Westhalten cultivent 200 hectares, en pratiques raisonnée, biologique ou en biodynamie. Ils ont trois priorités : l’abandon des herbicides dans le cavaillon, l’image du vigneron dans la société, et la co-construction d’un projet de baisse des intrants de synthèse pour le contrôle des maladies fongiques.

Mais comment imaginer un projet d’agroécologie pour la viticulture alors que des solutions clef en main n’existent pas ? Avec la méthode de travail portée par l’Inra, les savoirs de tous sont reconnus, et les désaccords sur les visions de la viticulture, de l’environnement, qui bloquent l’innovation et l’action, deviennent une ressource pour penser autrement. Que ce soit pour couvrir le cavaillon avec des piloselles ou imaginer les outils d’une charrue pour le travailler, ce projet articule les savoirs des vignerons avec ceux qu’ils sont allés rechercher lors de visites, de rencontres dans les vignes ou de lectures d’articles scientifiques et techniques. Les vignerons partagent ensemble les résultats de leurs expériences singulières, produisent des résultats agronomiques et techniques, situés et vrais, grâce à la vigilance et à l’exigence de leur engagement collectif, ainsi qu’à la diversité des pratiques et des pensées.

Dans ce cadre scientifique, les acteurs co-construisent leur projet agroécologique, pour leur territoire. Ils agissent et inventent leurs solutions. Ce projet met en œuvre une approche ascendante de la construction de la connaissance, partant des savoirs, des expériences et des questionnements, produits dans la réalité du vignoble.

Cette mobilisation collective a déjà abouti à des changements immédiats dans les vignes : en une année, sur les parcelles engagées, l’indicateur IFT (Indice de Fréquence de Traitements) a baissé de 1 à 1,5 points, suivant les vignerons. Le collectif a aussi imaginé de nouveaux indicateurs intégrant des valeurs économiques, humaines, sensibles, prenant en compte le niveau de complexité nécessaire pour repenser les pratiques viticoles en agroécologie. Au vu de l’engagement et du raisonnement collectif, il s’agit bien là d’un mouvement qui va prendre de l’ampleur.

* Projet de Groupement d’intérêt économique et environnemental, soutenu par le programme Repère du MEEDE (2010-2013) et par le métaprogramme Inra SmaCH-Zinnle (2014-2017).

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Autre(s) contact(s) :
Anne Moneyron, chercheuse en sciences de l’éducation et de la formation
Département(s) associé(s) :
Biologie et amélioration des plantes, Santé des plantes et environnement
Centre(s) associé(s) :
Colmar

Voir aussi

L'innovation en agroécologie dans les vignes d'Alsace. Dossier Les vins d'Alsace, avril 2015 :

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